Le quotidien Novye Izvestia publie les avis de plusieurs experts.
Alexeï Makarkine, directeur général adjoint du Centre des technologies politiques: l'offensive lancée contre Sergueï Ivanov est un corollaire de l'exacerbation de la lutte menée pour la place de successeur du président en place. Dans le contexte des événements politiques la figure de Sergueï Ivanov apparaissait sous un jour assez avantageux: cet homme n'est lié à aucun monopole naturel. Son principal point faible, c'est qu'il a accepté le poste de ministre de la Défense alors que la réforme des Forces armées venait juste de commencer. Cela a servi de prétexte pour le critiquer. Il est probable que les initiateurs de cette attaque contre Sergueï Ivanov appartiennent à l'un des clans oligarchiques.
Alexeï Arbatov, directeur du Centre de sécurité internationale relevant de l'Académie des sciences de Russie, politologue: Sergueï Ivanov est considéré comme le successeur présidentiel le plus probable. Si l'on penche pour cette hypothèse, alors les commanditaires de la campagne de discrédit à l'encontre du ministre doivent être recherchés tant dans l'administration présidentielle qu'au sein du gouvernement et même, la chose est possible, de partis politiques. Pourtant, en ce qui me concerne, je ne crois pas à cette hypothèse parce que j'estime qu'il n'y aura pas de schéma de passation du pouvoir à un successeur en 2008. Le chef de l'Etat actuel conservera son poste d'une manière ou d'une autre.
Dmitri Orechkine, directeur du centre analytique Merkator: Une très sérieuse scission s'est produite il y a environ six mois au sein des structures de force (armée, intérieur, sécurité, etc.). Il est évident qu'une forte confrontation existe entre les "petersbourgeois" et les "moscovites" opposés par un conflit d'intérêts. C'est pourquoi les pressions sur Sergueï Ivanov pourraient émaner de milieux différentes dans les structures de force.