De nouveaux instruments d'investissement pour les Russes

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MOSCOU. /par Nina Koulikova, commentatrice économique de RIA Novosti/.

 Les Fonds communs de placement (FCP) sont un instrument tout récent du marché des valeurs russes mais ils intéressent déjà de plus en plus les déposants.

Conscient de ce fait, le gouvernement fédéral a approuvé début juin un projet de loi modifiant les lois sur le marché des valeurs mobilières et sur les fonds d'investissement. Le nouveau texte réduit la pression administrative sur les opérateurs du marché des valeurs et renforce le système de placement commun.

Tout récemment encore il n'y avait pas de marché des valeurs en Russie. Lorsqu'il a enfin fait son apparition, la faiblesse générale du système financier, la méfiance de la population consécutive aux crises financières des années 1990, les risques élevés et tout simplement l'absence d'excédent d'argent que la population placerait à ses risques, ne contribuaient nullement à son développement.

Mais lorsque la situation économique a commencé à se stabiliser, le marché des valeurs s'est mis à grandir. De plus en plus de sociétés en quête de ressources financières se donnent un effort de réflexion pour placer leurs titres sur le marché intérieur ou extérieur.

La population se voit elle aussi obligée de se débrouiller dans le fonctionnement du marché des valeurs. Elle préférait garder ses économies en monnaie étrangère mais les fluctuations des cours du dollar et de l'euro en réduisent de plus en plus le gain. Dans le meilleur des cas, le secteur bancaire propose des taux d'intérêt qui arrivent à peine à compenser l'inflation officielle. Les gens sont obligés de chercher d'autres moyens de placer leurs économies. Aujourd'hui, les investisseurs tournent de plus en plus leurs regards vers les structures collectives, en premier lieu vers les Fonds communs de placement. D'après les experts de la bourse RTS, les actifs investis dans les instruments d'investissement collectif dépassent d'ores et déjà 200 milliards de roubles. Le montant des fonds en gestion sur le marché des investissements collectifs a triplé au cours de 2004. Le directeur du Service fédéral des marchés financiers, Oleg Viouguine, estime que le marché russe des placements communs se développe à un rythme élevé.

Ce phénomène est dû au fait que les FCP sont plus rentables que le secteur bancaire. La rentabilité est considérée comme bonne lorsque les actions rapportent 20% et les obligations 15%. Dans les meilleurs FPC elle a été de 50% à 60% au cours des douze derniers mois. Les clients individuels des FCP russes sont dans leur majorité de jeunes gens ayant accumulé des revenus importants. Ils ne sont pas nombreux. On sait que le niveau des revenus à Moscou est plusieurs fois supérieur aux indices régionaux. Par conséquent, d'après la Ligue nationale des gérants, un déposant s'offre une participation de 2 000 dollars environ à Moscou et de 1 000 à Saint-Pétersbourg. La moyenne pour l'ensemble du pays est encore plus petite. Néanmoins, les revenus de la population augmentent et les experts s'attendent à une expansion plus rapide des sociétés de gestion dans les régions. En organisant la promotion de leurs produits, les sociétés de gestion (FCP) s'orientent principalement sur la tranche d'âge des 25 à 45 ans. A leur avis, les moins jeunes n'ont pas d'argent et les plus âgés ne font pas de confiance aux nouveaux instruments et ne se laissent pratiquement pas persuader.

Les FCP investissent dans les actions et les obligations de sociétés russes. Les opérateurs du marché affirment qu'ils renoncent de plus en plus à privilégier le secteur des matières premières en raison des risques politiques élevés inhérents. L'argent est le plus souvent placé dans les actions des fonds de commerce de détail, des entreprises de télécommunications et des sociétés des deuxième et troisième échelons. Autant dire qu'avec une croissance plus ample les FCP pourraient devenir un stimulant du développement des projets d'investissement en dehors des secteurs des matières premières.

Le problème principal de l'investissement collectif consiste en ce que les FCP ne garantissent rien au déposant et que celui-ci assume lui-même tous les risques. Pas question donc du rendement souhaité. Qui plus est, alors que le secteur bancaire s'est doté d'un système d'assurance des dépôts de la population, les autres compagnies financières n'ont aucun mécanisme de compensation au service des clients.

Le projet de loi approuvé par le gouvernement ne résout pas ce problème. Il doit seulement adoucir la surveillance du marché des valeurs et du placement commun. Les autorités ont l'intention notamment de réduire le nombre des normes et des règles obligatoires pour les émetteurs de valeurs mobilières. D'après Oleg Viouguine, le Service fédéral des marchés financiers a déjà des pouvoirs suffisamment étendus pour réglementer cette sphère. La loi écarte aussi d'autres fonctions excédentaires liées à la réglementation du marché des valeurs.

Cependant, le projet de Stratégie de développement des marchés financiers couvrant la période jusqu'en 2008 comporte l'idée de mécanismes compensatoires. S'ils sont créés, cela pourra contribuer au développement du marché : l'existence de garanties concrètes contre les pertes attirera d'autres couches de la population sur le marché. Il n'est cependant pas clair aujourd'hui comment la création des fonds compensatoires sera financée. D'après Oleg Viouguine, il vaudrait mieux que les organisations autorégulatrices, les courtiers et d'autres institutions du marché financier créent eux-mêmes un tel fonds.

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