Ce n'est pas d'ailleurs pour la première fois que le Président de la Moldavie, Vladimir Voronine, sollicite le concours de l'Occident pour régler le conflit en Transnistrie, a fait remarquer le sénateur.
"Tout porte à croire que, pour cette fois, l'Alliance de l'Atlantique Nord serait plutôt favorable au plan ukrainien de règlement en Transnistrie. Quoi qu'il en soit, ce plan est plutôt conflictuel de sorte que Vladimir Voronine lui-même en a estimé compliquée la mise en application", a indiqué Mikhaïl Marguelov.
Pour ce qui est de la Russie, elle a son propre point de vue sur le problème transnistrien qui a trouvé, entre autres, son expression dans le plan de Dimitri Kozak, plan qu'initialement, soit en octobre 2003, avait aussi été accepté par la direction moldave, a fait remarquer le sénateur. Néanmoins, à l'époque, à l'issue des consultations avec l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), Vladimir Voronine avait refusé de signer ce plan russe.
Comme l'a rappelé Mikhaïl Marguelov, conformément au plan russe de règlement en Transnistrie, le problème pourrait se résoudre au niveau de la Constitution, et plus précisément par la transformation de la Moldavie en sorte de "fédération asymétrique".
La mise en oeuvre d'un tel plan permettrait de canaliser le règlement de tous les litiges dans un cadre strictement constitutionnel, compte tenu évidemment des intérêts de tous les habitants du pays, est persuadé le sénateur. Nul doute que dans cette situation, la Russie continuera de défendre les intérêts de la Transnistrie, intérêts que le plan proposé par Kiev mettent manifestement en cause, a noté Mikhaïl Marguelov.
"Vu l'influence de Moscou dans la région et l'actuelle dépendance de l'économie moldave de la Russie, toute tentative séparée de régler le conflit transnistrien, en passant outre Moscou, est sans doute vouée à l'échec", a-t-il déclaré.
"Il est parfaitement évident que le seul appui du plan ukrainien par l'Alliance de l'Atlantique Nord n'y suffit certes pas, car il faut là un consensus beaucoup plus large, comme cela est justement prévu par le format à cinq du règlement transnistrien", a ajouté le sénateur.
Comportant 7 points, le plan ukrainien de règlement transnistrien a été présenté par le Président de l'Ukraine, Viktor Youchtchenko, en avril dernier à Chisinau.
Conformément à ce document, l'administration de la Transnistrie doit créer des conditions indispensables au développement dans cette république autoproclamée sur le territoire de la Moldavie d'une société civile et d'un système à partis politiques multiples. Il convenait, toujours selon ce plan de Kiev, d'organiser en Transnistrie des élections démocratiques directes au Conseil Suprême, élections dont le contrôle reviendrait à l'Union européenne, à l'OSCE, à la Russie et aux Etats-Unis en commun avec l'Ukraine. Ce plan prévoit aussi la transformation des Forces de maintien de la paix en mécanisme international et l'élargissement des effectifs du contingent ukrainien de maintien de la paix en Transnistrie. La partie transnistrienne doit, en outre, ouvrir aux spécialistes ukrainiens l'accès des entreprises de son complexe militaro-industriel afin que le contrôle s'y fasse.
Il est aussi proposé, dans le cadre de ce plan ukrainien, de former des groupes d'observation à partir des membres de l'OSCE et d'autres organisations internationales et ce, pour contrôler le transit des marchandises sur le tronçon de la frontière entre la Transnistrie et l'Ukraine. D'après ce plan, l'Ukraine se déclare prête à épauler les Etats-Unis et l'Union européenne dans toutes leurs actions en vue d'un règlement en Transnistrie.