Mais il faut pour cela, estime-t-il, respecter toute une série de conditions.
"Si ce nouveau canal de télévision présente effectivement de nouveaux matériaux intéressants et exclusifs sur la Russie et sur les événements qui se déroulent autour d'elle, il ne manquera certes pas de devenir populaire. Mais si les téléspectateurs voient à l'écran les mêmes images que sur d'autres chaînes, "Russia Today" ne sera pas compétitive", a dit à RIA-Novosti le politologue israélien.
"Il serait bon que 50% des émissions soient consacrés aux sujets liés à la vie à l'intérieur même de la Russie, et que la seconde moitié traite des problèmes internationaux. Beaucoup de temps doit être réservé aux actualités et à l'analyse des événements. Pourtant, cela ne doit pas être des talk-shows dont tout le monde a déjà assez. Il pourrait s'agir d'évaluations flashes et de brefs sujets représentant un très vaste spectre d'opinions", est d'avis Zeev Hanin.
Et d'ajouter que les principaux événements du jour devraient être commentés par des hommes politiques, des politologues, des analystes, des experts et des hommes d'affaires, c'est-à-dire par des gens compétents dans leur domaine. "Il va sans dire que les vues politiques de l'intervenant ne doivent en aucun cas être un critère de participation à une émission", est persuadé l'expert israélien.
Quoi qu'il en soit, estime-t-il, l'équipe de ce nouveau canal de télévision aura à travailler dur pour persuader le public étranger qu'il ne s'agit pas là d'une nouvelle arme propagandiste du Kremlin.
D'après Zeev Hanin, on pourrait y parvenir, entre autres, en engageant de plus en plus de spécialistes de divers pays, de personnes ayant des vues et des positions différentes.
La présentation de matériaux qui ne soient pas réalisés en Russie, mais à l'étranger, pourrait devenir un élément très important de la future réussite du canal à condition évidemment que "Russia Today" possède des ressources nécessaires pour cela, a continué le politologue israélien.
"Les téléspectateurs sont las de voir des "têtes parlantes". Ils voudraient voir davantage d'information visuelle, riche en illustrations", a dit Zeev Hanin.
Par ailleurs, le politologue a noté n'avoir rien contre le financement partiel de ce nouveau canal par l'Etat.
"La chaîne de télévision qatarie "Al-Jazira" reçoit un financement considérable de son pays, ce qui ne m'empêche pas de lui accorder des interviews. Il est bien plus important que le manque de financement ne se traduise pas par une dégradation de la qualité du travail", a-t-il souligné.
Si tout se passe comme prévu, la chaîne de télévision anglophone "Russia Today" instituée par RIA "Novosti" se mettra à émettre d'ici à la fin de l'année en cours.