BRUXELLES, 8 juin - de notre correspondant Alexandre Chichlo. Les résultats des récents référendums en France et aux Pays-Bas où la majorité des citoyens se sont prononcés contre l'adoption de la Constitution européenne éloignent incontestablement la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne (UE), estiment les experts européens.
"Dans un proche avenir, il ne saurait être question de l'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne", a dit à RIA-Novosti Michael Emerson, chercheur au Centre pour les études politiques européennes (CEPS) et grand expert des problèmes de l'ex-Union Soviétique.
Qui plus est, Michael Emerson prévoit que les récents référendums sur la Constitution européenne en France et aux Pays-Bas auraient pour résultat un "ralentissement général" de tout le processus d'élargissement de l'UE.
Selon lui, l'adhésion à l'UE des actuels pays candidats, c'est-à-dire la Bulgarie et la Roumanie, aura quand même lieu. Bien que tout ne soit pas tout à fait évident, a indiqué l'expert, car cela demandera la ratification des Parlements nationaux.
Dans le même temps, a fait remarquer Michael Emerson, les résultats des récents référendums mettent directement en cause la perspective de l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Les négociations sur l'adhésion de ce pays à l'UE sont cependant prévues pour le 3 octobre prochain. "Par conséquent, la perspective de l'adhésion de l'Ukraine à l'UE apparaît encore plus éloignée", a conclu le politologue.
De son côté, Amanda Akcakoca du Centre pour les études politiques européennes, experte reconnue des problèmes de l'Ukraine, a tenu à rappeler que l'Ukraine n'était même pas encore engagée dans le processus d'élargissement de l'Union européenne, de sorte que les relations avec ce pays ne s'organisent que dans le cadre de la politique "de nouveau voisinage".
La politologue partage aussi l'opinion qu'à l'issue des récents référendums en France et aux Pays-Bas, le processus d'élargissement de l'UE "pourrait se ralentir". Cela dit, l'interlocutrice de RIA-Novosti n'a même pas exclu que "l'Union européenne puisse même refuser de nouveaux pays candidats à l'adhésion à l'UE".
"Il est évident qu'il serait raisonnable pour l'Ukraine de ne pas soumettre sa demande de candidat membre cette année même", a indiqué Amanda Akcakoca. Néanmoins, elle a constaté que l'Union européenne regardait très favorablement les réformes menées à l'heure actuelle par le Président de l'Ukraine Viktor Youchtchenko.
Si tout se passe comme prévu, les perspectives d'intégration européenne de l'Ukraine seront examinées les 9 et 10 juin au cours de la visite à Kiev du Haut représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune (PESC), Javier Solana.