Comme l'a indiqué le député à la Chambre basse du Parlement russe, au cours de cette réunion du Bureau de l'APCE à Lisbonne qui s'est déroulée pour la première fois avec une participation russe élargie, on a réussi à bloquer une tentative entreprise par toute une série de participant à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe d'y présenter un rapport spécial sur la situation en République de Marii-El au sein de la Fédération de Russie, rapport sur des prétendues violations massives des droits de la population marii.
Konstantin Kossatchev a attiré l'attention des journalistes au fait que l'initiative de ce rapport émanait en premier lieu des députés des Etats baltes. De l'avis du président du Comité pour les Affaires internationales à la Chambre basse du Parlement russe, la tentative d'examiner ledit rapport portait un caractère ouvertement politique et constituait en quelque sorte une notoire réaction inadéquate aux déclarations sur les violations des droits des habitants russophones dans les Etats baltes.
Cela dit, Konstantin Kossatchev a signalé qu'il n'y aurait pas de rapport spécial sur la situation en République de Marii-El et ce, grâce en premier lieu à la participation russe à la réunion du Bureau de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.
Rappelons que la résolution sur la condition du peuple marii en Fédération de Russie que le Parlement européen a adoptée à l'unanimité à sa séance plénière à Strasbourg le 12 mai dernier prétend qu'en République de Marii-El, seraient bafoués les droits et les libertés, que les Mariis se heurtent à des difficultés pour faire des études dans leur langue maternelle, que des journalistes des médias ne relevant pas de l'Etat seraient agressés.
Quoi qu'il en soit, les représentants des organisations non gouvernementales (ONG) de la République de Marii-El ont évaluée ladite résolution du Parlement européen comme une tentative pure et simple de s'ingérer dans les affaires intérieures de la république elle-même et de la Fédération de Russie dans son ensemble. C'est ce qu'on lit en substance dans une déclaration spéciale de l'opinion finno-ougrienne de la Fédération de Russie, document qui est parvenu auparavant à RIA-Novosti.
"Nous ne pouvons accepter ni le contenu ni le ton même de ce document", est-il souligné dans cette déclaration. "Cette résolution du Parlement européen n'est qu'une ingérence pure et simple dans les affaires intérieures de la République de Marii-El et de la Fédération de Russie".
"Chaque peuple a ses particularités nationales, qu'il s'agisse de la langue, de la culture, des traditions ou des coutumes, ainsi que des formes de leur expression. Pour ce qui est de leurs problèmes, les peuple finno-ougriens, tout d'ailleurs comme tous les autres peuples de la Russie multinational, sont parfaitement capable de résoudre eux-mêmes. Et l'engagement dans ce processus des conseillers indésirables que nul n'a sollicités, conseillers qui ne possèdent même pas l'information authentique sur la situation réelle dans la république et poursuivant des objectifs qui ne coïncident pas du tout avec les intérêts du peuple marii lui-même ne peut que compromettre l'idée même de la coopération européenne", déclarent dans leur document les représentants des peuples finno-ougriens.
Le territoire habité par les Mariis était entré au sein de l'Etat russe en 1551-1552. C'est depuis 1920, époque la région autonome de Marii avait été formée, que les Mariis possèdent leur autonomie. Dès 1936, époque la région autonome de Marii avait été transformée en république autonome.