"Nous avons convenu d'annuler 73% de l'endettement syrien", a fait savoir dans une interview à la revue "Itogui" le ministre des Finances de la Fédération de Russie, Alexeï Koudrine.
Selon le ministre, la dette de la Syrie qui s'était formée à l'époque de l'Union Soviétique dépassait une somme équivalente à 14,5 milliards de dollars.
Cela dit, Alexeï Koudrine a précisé que, pour ce qui est du reste de la dette à régler, 1,5 milliard de dollars seront remboursés par Damas en devises convertibles en l'espace de dix ans. Encore quelque deux milliards et 100 millions de dollars, convertis selon le cours d'échange en livres syriennes, pourraient être investis par la Russie à l'économie de la Syrie.
"A l'heure actuelle, nous attendons de Damas des propositions appropriées", a indiqué le ministre, tout en faisant remarquer que ce sont surtout des projets pétrogaziers qui intéressent particulièrement la Russie.
"Les dividendes n'y seraient certes pas rapides. Dans le meilleur des cas, on pourrait sans doute en espérer dans 6 ou même 7 années au plutôt. Quoi qu'il en soit, cela nous apporterait incontestablement un avantage économique et géopolitique à long terme. Et il se peut même que cet avantage dépasse de loin la dette que nous avons annulée et qui avait été très longtemps un grand poids mort sur nos relations bilatérales", a noté Alexeï Koudrine.
Et d'ajouter que, sans régler le problème de la dette, la Russie et la Syrie ne pouvaient plus organiser leurs relations.
"Pendant presque quinze années, nous n'avons pas pu régler cette question, la dette n'étant même pas servie. Et c'est seulement à présent, après avoir signé avec Damas, cet accord, nous avons enfin marqué une nouvelle étape dans notre coopération bilatérale", a indiqué le ministre russe des Finances.
Comme l'a-t-il signalé, dans une certaine mesure, Moscou s'y est guidé sur les critères du Club de Paris concernant les dettes pour des fournitures militaires (force est de reconnaître que la direction soviétique avait largement approvisionné en armes la Syrie) et que les membres du club annulent en règle générale.