"En règle général, l'antidumping sera plus énergiquement appliqué dans le commerce mondial, y compris par la Russie. Je suppose que la Russie userait beaucoup plus d'antidumping une année ou deux après sa future adhésion à l'OMC", a dit le représentant du MDEC.
Et d'ajouter qu'à l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du Commerce, l'accès des marchandises étrangères sur le marché russe sera libéralisé, ce qui impliquerait évidemment des mesures appropriées pour corriger la concurrence.
Comme l'a fait remarquer Maxime Medvedkov, l'Union européenne (UE) introduit des taxes antidumping aux engrais russes, en l'argumentant par des prix bas du gaz en Russie, le gaz naturel étant la matière première essentielle pour produire des engrais chimiques. "Quoi qu'il en soit, l'UE n'adopte de telles mesures que contre la Russie, alors que c'est en Afrique du Nord et au Venezuela que le gaz le meilleur marché est extrait pour produire des engrais", a souligné le directeur du Département des négociations au MDEC. Selon celui-ci, les prix du gaz y sont de 1,5 à 2 fois inférieurs à ceux de Russie.
Répondant aux accusations de l'Union européenne qui fait remarquer qu'en Russie, l'Etat régulait toujours l'établissement des prix du gaz et d'autres hydrocarbures, Maxime Medvedkov a noté qu'au sein même de l'UE, tous les Etats régulaient les prix du gaz.
"Les critères de l'OMC n'interdisent pas la régulation des prix des hydrocarbures", a indiqué le représentant du ministère russe du Développement économique et du Commerce.
Et de signaler qu'à son adhésion à l'OMC, la Russie lutterait contre les mesures antidumping concernant ses propres marchandises, et en premier lieu, contre celles qu'adopte l'UE. Cela dit, Maxime Medvedkov a rappelé qu'à l'heure actuelle, environ 2% des exportations russes étaient frappées de mesures antidumping. "Si l'on en retire les hydrocarbures qui ne sont pas en attendant frappés de telles mesures, il s'agirait de près de 6% des exportations", a-t-il dit.
"Nous sous-estimons la portée économique de ces mesures antidumping que l'Union européenne applique contre la Russie. Pourtant, un dollar sur 20 venant à l'UE depuis la Russie s'y heurte (à ces mesures antidumping)", a noté le représentant du MDEC, tout en l'évaluant comme une grave menace matérielle à l'économie russe.