MOSCOU 6 juin - RIA Novosti. Après l'affaire IOUKOS, les grandes compagnies pétrolières ont commencé à payer leurs impôts.
Cet avis a été émis au cours de l'émission "Vremena" de la chaîne de télévision ORT par les participants à la discussion sur les conséquences de l'affaire IOUKOS et du verdict prononcé la semaine dernière contre les dirigeants de la compagnie.
Le 31 mai, le tribunal Mechtchanski de Moscou a reconnu l'ex-patron de IOUKOS Mikhail Khodorkovski et le chef du groupe financier "MENATEP" Platon Lebedev coupables d'après six articles du Code pénal et les a condamnés à neuf ans chacun de détention dans une colonie à régime ordinaire.
Le politologue Viatcheslav Nikonov a indiqué que la collecte fiscale s'était accrue de trois fois cette dernière année.
"Les grandes corporations pétrolières ont commencé à payer plus. Elles ont renoncé aux échappatoires (à la législation fiscale), y compris légitimes, qu'elles employaient", a fait remarquer le politologue Igor Bounine. Selon lui, l'année dernière, la "fuite de capitaux" s'est également accrue de 3 à 4 fois. "Autrement dit, il y a des avantages et des inconvénients", a résumé l'expert.
Boris Titov, président de la SARL "Delovaia Rossia", a également cité les conséquences positives de l'affaire IOUKOS du point de vue des affaires. Selon lui, cette affaire a mis fin à l'époque de "capitalisme sauvage" en Russie.
"A présent, les entrepreneurs revoient la façon dont il faut mener les affaires. Ils commencent à comprendre qu'il faut payer les impôts, qu'il ne convient pas d'employer les schémas d'optimisation. Aujourd'hui, les affaires ont changé", a dit Boris Titov. Selon lui, Les hommes d'affaires ont tiré une leçon sociale de la situation dans laquelle s'est retrouvée IOUKOS. "Les hommes d'affaires accordent une plus grande attention à l'attitude adoptée à leur égard non seulement par le pouvoir et l'Etat, mais aussi par la société", a dit l'entrepreneur en soulignant que les hommes d'affaires étaient en train d'établir un partenariat social avec l'Etat et la société civile.
Igor Bounine a cité les données du VTSIOM (Centre russe d'étude de l'opinion publique), d'après lesquelles seuls 8% des personnes interrogées estiment que le verdict prononcé contre Mikhail Khodorkovski est un coup porté à la démocratie, 29 % y ont vu le rétablissement de la légalité et de l'ordre, les autres sont restés indifférents. Selon les experts, cela témoigne de l'attitude négative des simples citoyens envers les oligarques et les entrepreneurs dans leur ensemble.
Commentant la réaction de l'Occident au verdict prononcé contre Mikhail Khodorkovski et Platon Lebedev, les experts ont déclaré que "la Russie ne serait certainement pas exclue du G8".
"Cela ne dépend pas de McCain et de Lantos (le sénateur et le membre du congrès américains qui ont proposé d'exclure la Russie du G8), a dit Viatcheslav Nikonov. Cela ne dépend même pas de l'administration des Etats-Unis. Cela dépend des sept pays concernés". Selon lui, "l'administration américaine ne se prononce pas pour l'isolement de la Russie".
Il a été soutenu par le politologue Andranik Migranian qui a dit que les Etats-Unis avaient besoin de la Russie comme partenaire pour résoudre un grand nombre de problèmes importants, par exemple, en ce qui concerne l'Iran et la Corée du Nord.
Alexandre Chokhine, président du Conseil de coordination des patronats de Russie, a fait remarquer que non seulement les entrepreneurs, mais aussi l'Etat avaient tiré une leçon de l'affaire IOUKOS.
"L'Etat se rend compte qu'il peut faire pratiquement tout dans les domaines économique, politique et dans d'autres domaines. A présent, l'objectif principal est de profiter de ces possibilités", a dit Alexandre Chokhine. "L'Etat est sur le point de choisir le modèle du développement de l'Etat et de l'économie. Espérons que le choix sera fait en faveur des réformes, économiques et démocratiques", a-t-il ajouté.