"L'isolement de la Russie et des sanctions internationales en réaction à la condamnation de Mikhaïl Khodorkovski et de Platon Lebedev sont très peu probables", a-t-elle noté.
Olga Krychtanovskaïa a fait remarquer que "des observations critiques émanaient à présent des journalistes occidentaux, alors que les leaders des Etats lancent plutôt des mises en gardes prudentes".
"Il n'est pas non plus question d'un changement dans la politique pratiquée par le pouvoir en place", indique la sociologue. "Beaucoup prétendent qu'une nouvelle époque politique est venue, que l'on n'est pas loin de persécutions massives contre le business, d'une "guerre froide" et de l'enlisement du pays dans le gouffre du stalinisme. Il n'en sera rien en réalité", a déclaré l'experte.
"Le pouvoir ne donne à la société aucun signal présageant un changement dans la politique actuelle au profit d'une ligne autoritaire", a poursuivi Olga Krychtanovskaïa. Quoi qu'il en soit, a-t-elle repris, "quelque chose changera cependant dans notre pays".
D'après la sociologue, "tous les mécontents de la ligne pratiquée par le pouvoir et les hommes d'affaires qui en ont souffert ne manqueront pas de se venger, en finançant, par exemple, les forces protestataires qui peuvent conduire finalement le pays à une révolution "orange"". "Pour le moment, ces forces sont très peu nombreuses, mais elles ont quand même des ressources", a ajouté Olga Krychtanovskaïa.
A l'heure actuelle, elle écrit un livre sur Mikhaïl Khodorkovski. Selon la sociologue, en attendant, Mikhaïl Khodorkovski n'a pas décidé pour lui-même s'il entrera en politique. Evoquant la déclaration violente de l'oligarque condamné, Olga Krychtanovskaïa a souligné que Mikhaïl Khodorkovski intervenait en tant que personne ayant souffert du pouvoir, comme expert, mais non pas comme politique. "Mikhaïl Khodorkovski se trouve à présent dans un état transitoire. Il voudrait sans doute devenir leader d'un mouvement de protestation, mais il ne le fait pas pour le moment", a conclu la sociologue.