Avis d'expert: La création d'une opposition politique en Russie reviendrait aux alliés de Vladimir Poutine

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MOSCOU, 25 mai - RIA-Novosti. Les actuels partis politiques d'opposition ne sont en état ni s'opposer, comme il se doit, au pouvoir en place ni lui proposer même un projet alternatif. Aussi, le pays a-t-il besoin d'une nouvelle opposition constructive, estime le politologue Gleb Pavlovski, président de la Fondation pour une politique efficace.

"Aussi étrange que cela puisse paraître, mais la création d'une telle opposition politique ne sera pas du tout l'affaire des adversaires de Vladimir Poutine, mais celle de ses alliés. C'est que le pays a grand besoin des partis qui soient liés à la population", a indiqué Gleb Pavlovski, en intervenant ce mercredi au cours des auditions publiques.

C'est qu'aujourd'hui les plus grands experts et techniciens de la politique ont en quelque sorte inauguré une large discussion publique sur le projet de "démocratie souveraine" que le Président de la Fédération de Russie, Vladimir Poutine, avait proposé à la société dans son Message annuel à l'Assemblée Fédérale.

De l'avis du président de la Fondation pour une politique efficace, la réaction de la classe politique au signal politique émanant du Kremlin, signal visant la bureaucratie, a bien manifesté l'absence quasi totale tant d'alliés forts que d'opposants puissants.

"Force est de reconnaître que nous n'avons pas aujourd'hui d'opposition qui soit prête à travailler selon l'ordre du jour proposé. Ce ne sont toujours pas des problèmes, mais des personnalités qui font l'objet de la discussion. Quoi qu'il en soit, le chef de l'Etat a laissé clairement entendre qu'il n'avait pas l'intention de travailler avec un seul parti politique, mais avec tout un système de partis", a tenu à faire remarquer Gleb Pavlovski.

Et d'ajouter que bien des partis d'opposition d'aujourd'hui, y compris ceux qui se qualifient eux-mêmes de "patriotes", s'assignent manifestement pour objectif la relève du pouvoir en-dehors de tout système, et plus précisément selon les scénarios des récentes révolutions "colorées", épaulées par les Etats-Unis.

"Ils font des déclarations retentissantes, en proposant en quelque sorte d'inverser la situation en Russie par une révolution orchestrée à l'issue de laquelle le pouvoir en Russie perdrait toute sa légitimité, alors que le centre même de la prise de décisions sera remis à une autre force (extérieure)... Nul n'a besoin d'une telle opposition en Russie", a continué le président de la Fondation pour une politique efficace.

Somme toute, le politologue considère, à titre d'actuel objectif majeur, la mise en place en Russie d'un puissant système à deux partis politiques - un système bipartite - qui puisse garantir la continuité de la politique et la stabilité dans le pays et ce, indépendamment du parti qui se trouverait au pouvoir à un moment ou à un autre. Cela dit, Gleb Pavlovski a rappelé qu'un tel système bipartite en Grande-Bretagne s'était justement posé en réponse à une menace de révolution.

Selon le politologue, un Parlement bipartite pourrait déjà se former à l'issue des législatives de 2007 encore que l'un de ces deux partis politiques soit d'ores et déjà bien connu - "Russie Unie". Quoi qu'il en soit, Gleb Pavlovski n'exclut même pas que, d'ici là, des "Whigs" et des "Torries" russes puissent se former à partir des actuels membres de "Russie Unie" et ce, d'autant plus que des "libéraux" et des "socialistes" s'y sont d'ores et déjà annoncés.

"Toujours est-il que l'appel d'offres est lancé. Mais si même un postulant au "parti numéro deux" émerge de "Russie Unie", ce serait du moins un puissant numéro deux", a estimé le président de la Fondation pour une politique efficace, en s'adressant aux journalistes.

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