VECHENSKAÏA (région de Rostov-sur-le-Don), 25 mai - RIA Novosti. Un groupe de cosaques ont demandé au président Vladimir Poutine d'encourager le retour des Russes ethniques dans les républiques du Caucase du Nord.
Ils ont accueilli Vladimir Poutine à Vechenskaïa, au bord du Don, où il est arrivé pour assister aux festivités organisées à l'occasion du 100e anniversaire de la naissance du Prix Nobel de littérature, Mikhaïl Cholokhov.
Au cours des dernières décennies, la part des Russes dans la population locale est passée de 23% à 3,7% en Tchétchénie, et de 23% à 1,2% en Ingouchie, a indiqué l'ataman (chef) de la communauté des cosaques du Terek, Vassili Bondarev, lors de la rencontre avec le chef de l'État.
"L'exode des Russes en provenance de Tchétchénie et d'Ingouchie atteint une ampleur menaçante et devient pratiquement irréversible", a-t-il dit. Dans les années 1990, plus de 20 000 Russes ont été tués et plus de 650 000 autres amenés à quitter les républiques.
La rive gauche du Terek, fleuve qui divise la Tchétchénie en deux parties, a été à 80% peuplée par les cosaques dont il reste très peu aujourd'hui. "Dans les maisons où vivaient des cosaques on voit s'installer des familles de terroristes tchétchènes", a déclaré Vassili Bondarev.
L'exode des Russes ethniques est un problème caractérisant l'ensemble du Caucase du Nord, a déclaré Vladimir Poutine, en s'adressant aux atamans des communautés cosaques. "Les Russes ont vécu sur ces territoires pendant des siècles, et l'administration des républiques nord-caucasiennes comprend que c'est aussi un problème pour les autres ethnies qui restent dans les républiques", a-t-il dit.
"Le départ des Russes signifie aussi la perte d'une main-d'œuvre qualifiée et de secteurs entiers de la production, il affecte le savoir-faire, mais aussi la cohabitation des différents peuples", a-t-il dit.
"Cette cohabitation engendrait ce qui faisait du Caucase du Nord un territoire viable, et les administrations régionales du Caucase du Nord le comprennent. Beaucoup de régions suivent l'exemple de l'Ingouchie qui cherche à faire revenir les réfugiés quelle que soit leur origine ethnique", a-t-il ajouté.
"Au niveau fédéral, bien entendu, des efforts supplémentaires s'imposent pour faire revenir les réfugiés dans leurs foyers", a dit le président russe.
Vladimir Poutine a constaté la renaissance des traditions cosaques, mais a estimé que les efforts déployés jusqu'ici étaient insuffisants.
"Les cosaques participent à la protection de l'ordre public. Ils ont saisi un grand nombre de criminels et beaucoup de stupéfiants", a-t-il noté.
Les cosaques sont considérés comme gardiens des traditions, de la culture russe et de la foi orthodoxe.
Vladimir Poutine a hautement apprécié la contribution des cosaques à l'éducation patriotique de la jeunesse.
"Tout cela permet de constater la nécessité évidente d'inscrire dans le cadre juridique les activités des unités cosaques", a-t-il dit.
Il a rappelé qu'un projet de loi sur les cosaques avait été soumis à l'examen de la Douma (chambre basse du parlement russe) et qu'il avait été adopté en première lecture une semaine plus tôt.
"Nous devrions réfléchir à la façon dont on pourrait améliorer cette loi et, plus généralement, contribuer à la renaissance de la culture cosaque", a affirmé le chef de l'État.
Les cosaques sont une communauté qui peuplait avant la révolution de 1917 les confins sud et est de la Russie. Ils possédaient les terres à des conditions avantageuses, faisaient le service militaire et se présentaient à l'armée avec leurs propres équipements, armes blanches, chevaux et harnais. Pendant la Seconde Guerre mondiale, des unités de cavalerie cosaques ont été reconstituées et ont apporté une contribution importante à la victoire.