"Toute crise politique intérieure doit être désamorcée par l'Etat concerné lui-même sans aucune ingérence extérieure. En fait, ce n'est que la poursuite d'une lutte politique, et chaque Etat doit y faire face lui-même", a estimé le secrétaire général de l'Organisation du Traité de sécurité collective.
Et d'ajouter que la seule chose que puisse faire l'OTSC, c'est de faire jouer son potentiel politique afin que cette lutte politique ne déborde pas dans la rue, pour que la démocratie de la rue ne fasse pas "pressions" sur les organes du pouvoir comme cela s'est produit tout récemment dans certaines anciennes républiques de l'URSS.
"Il importe d'exploiter ce potentiel afin que tous les problèmes relevant de la lutte politique soient réglés dans le cadre constitutionnel", a souligné Nikolaï Bordiouja.
A signaler que la question de l'éventuelle utilisation des Forces de coalition de l'OTSC a revêtu une actualité particulière à la suite de la relève révolutionnaire du régime en Kirghizie en mars 2005 qui s'est accompagnée de troubles publics de masse. Par la suite, cette question a été soulevée une fois de plus après les désordres massifs en Ouzbékistan en avril dernier, révolte dont la répression a coûté la vie, même selon les informations officielles, à 169 personnes.
Le Traité de sécurité collective (TSC) a été signé en mai 1992 et regroupe à ce jour l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, la Kirghizie, la Fédération de Russie et le Tadjikistan.
En vertu de ce document, en cas de menace à la souveraineté de l'un des Etats signataires du TSC, les autres pays membres doivent mettre en branle le "mécanisme" des consultations conjointes pour concerter leurs positions et adopter des mesures qui s'imposent pour écarter la menace en question.
Si l'un des pays signataires du TSC est agressé par un Etat quelconque, cela sera considéré comme une agression contre tous les Etats signataires du Traité de sécurité collective. Par conséquent, en cas d'agression contre n'importe quel Etat signataire du TSC, tous les autres pays participants lui prêteront toute l'assistance requise, y compris militaire.
La décision d'utiliser les Forces Armées pour repousser une agression est prise par les chefs d'Etat des pays signataires du TSC.