On est prêt à donner le "feu vert" aux filiales des banques étrangères en Russie

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MOSCOU, 17 mai - RIA-Novosti. L'ouverture complète du secteur bancaire russe pour le capital étranger à l'adhésion de la Fédération de Russie à l'Organisation mondiale du Commerce (OMC) pourrait être tout à fait désastreuse pour les banque russes elles-mêmes, a déclaré ce mardi le directeur du Département des négociations commerciales au ministère du Développement économique et du Commerce (MDEC) de la Fédération de Russie, Maxime Medvedkov, qui est aussi le principal négociateur russe avec l'OMC.

Et d'ajouter que plusieurs partenaires de la Russie insistent toujours sur l'ouverture complète du marché russe des services financiers, y compris sur la possibilité de travailler en Russie par le biais des succursales des banques et des compagnies d'assurance étrangères.

"Pour sa part, Moscou estime toujours impossible l'ouverture des succursales des banques étrangères en Russie. De telles banques ne peuvent travailler en Russie, qu'en y créant des filiales (à titre de personnes morales indépendantes)", a indiqué Maxime Medvedkov.

"Si l'on ouvre complètement le marché, le système bancaire russe ne tardera pas à s'effondrer", a noté le principal négociateur russe avec l'OMC. C'est que les banques russes auraient énormément de difficultés pour résister à la concurrence des banques étrangères, car le capital global de toutes les banques de la Russie est, par exemple, deux fois inférieur au capital du seul "City-Group", a expliqué le représentant du MDEC.

Selon Maxime Medvedkov, l'interdiction d'ouvrir les succursales est, en outre, très importante sur le plan d'une surveillance prudentielle.

D'autre part, a-t-il continué, rien n'empêche les banques et les compagnies d'assurance étrangères de travailler en Russie. D'ores et déjà, il y a en Russie plus d'une centaine de banques avec une participation étrangère, y compris avec une participation de 15 banques américaines dont la part sur le marché russe approche déjà 6%. "La participation des banques étrangères peut aller jusqu'à 40% et même jusqu'à 50%", a souligné le représentant du ministère russe du Développement économique et du Commerce.

D'après Maxime Medvedkov, cela se rapporte au même titre au marché russe des services d'assurance où les compagnies étrangères occupent à présent 7 à 8%. "Qui plus est, il y a même une grande marge pour y élargir la participation des compagnies étrangères", a-t-il dit.

Le directeur du Département des négociations commerciales au MDEC a également rappelé que plusieurs pays produisaient à la Russie une revendication concernant la protection de la propriété intellectuelle. Tout en signalant que la législation russe est d'ores et déjà adaptée à ces critères, Maxime Medvedkov a cependant reconnu que le problème de la mise en application de ces normes juridiques n'était pas encore réglé définitivement. A son avis, il faudrait plusieurs années pour roder, comme il se doit, les mécanismes de lutte contre la contrefaçon. Cela dit, le principal négociateur russe avec l'OMC a fait remarquer que le piratage existait aussi dans d'autres pays. Selon lui, dans certains Etats-membres de l'Union européenne (UE), la part de la production falsifiée se monterait à 25% ou même à 30%.

Une autre question litigieuse, c'est celle du montant des subventions pour l'agriculture. D'après le représentant du MDEC, toute une série de partenaires insistent à ce que la Russie s'engage à maintenir l'actuel niveau d'appui d'Etat à ce secteur (pas plus que 3,5 milliards de dollars par an). Mais cela est parfaitement insuffisant, estime Maxime Medvedkov. Et de rappeler qu'au milieu des années 1990, la Russie avait alloué à ces fins près de 10 milliards de dollars chaque année. Comme l'a-t-il indiqué, aux Etats-Unis et à l'Union européenne, l'appui d'Etat à l'agriculture est plusieurs fois plus important. "Il faut tout simplement établir quel niveau de soutien d'Etat à l'agriculture est indispensable en Russie. Néanmoins, nos partenaires ne veulent pas le faire", a constaté le négociateur.

Et d'ajouter que les négociations sur le montant des tarifs pour les avions et automobiles étrangers ne sont pas, non plus, achevées pour le moment. L'attitude de la Russie se résume comme suit: garder les taxes prohibitives pendant les sept années qui viennent pour les diminuer par la suite.

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