Il y a quelques jours, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a confirmé que le dernier projet transmis par la partie russe avait été présenté aux experts des deux pays qui étudient ce problème en véritables professionnels. La présidente du parlement géorgien Nino Bourdjanadzé a, pour sa part, noté que la Géorgie pourrait signer le document reçu il y avait deux jours contenant les propositions russes sur la date du retrait des bases, parce qu'il constituait un compromis acceptable.
Le département de l'information et de la presse du ministère des Affaires étrangères de Russie a fait savoir que lundi dernier, le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et son homologue géorgienne Salomé Zourabichvili ont convenu que les chefs des délégations nationales fixeraient sans tarder la date et le lieu du prochain volet des négociations au niveau des experts. Dans le même temps, le porte-parole du MAE russe Alexandre Iakovenko a annoncé que les parties n'étaient pas encore parvenues à des ententes sur la date du retrait des bases russes de Géorgie. Mais le délai du retrait des bases devrait avoisiner quatre ans, selon lui.
Moscou ne cesse de rappeler à Tbilissi et à la communauté mondiale que la Russie est prête à respecter ses engagements et que le retrait des bases a déjà été décidé par les dirigeants du pays. Sergueï Lavrov insiste sur le fait que les deux pays se seraient entendus depuis longtemps s'ils avaient manifesté plus de professionnalisme dans leurs discussions. "Les tentatives pour utiliser cette question (le retrait des bases) dans le jeu politique ne font qu'entraver le processus", à son avis.
En effet, les déclarations géorgiennes mettant les bases russes hors-la-loi à partir du 15 mai et consacrées par des actes législatifs ne sont pas faites pour rendre Moscou plus conciliant.
Au contraire, Moscou a officiellement prévenu Tbilissi que la Russie ferait tout son possible pour garantir la vie normale de ses citoyens se trouvant en Géorgie et travaillant sur les bases militaires et assurer la sécurité des armements et des munitions. Si la Géorgie entreprend "des démarches susceptibles de constituer une menace pour nos bases, notamment pour la sécurité de leur personnel, sans parler du risque de voir nos munitions tomber entre de mauvaises mains, nous ne resterons pas les bras croisés", a déclaré le chef de la diplomatie russe.
Toutefois, il semble que le conflit ait quitté son apogée. Aucune partie n'est intéressée à son escalade. La Russie a pris une décision de principe sur le retrait des bases. Elle doit désormais se consacrer à la recherche des moyens de réduire les problèmes auxquels les militaires russes sont déjà confrontés en Géorgie. Alexandre Khramtchikhine, expert de l'Institut d'analyse politique et militaire, estime que les problèmes sont réels et durent depuis longtemps. "La Géorgie s'efforce par tous les moyens de limiter les activités des militaires russes depuis plusieurs années. Plus la situation se prolonge, plus leur vie sera difficile ", a-t-il indiqué.
Le désir de la Géorgie de régler rapidement la question est évident et point n'est besoin de l'expliquer. Mais pourquoi Tbilissi se montre-t-il soudain si impatient? Rien ne pressait pendant des années et, tout à coup, le parlement géorgien adopte une résolution indiquant que les bases militaires russes déployées en Géorgie n'ont aucun statut juridique et qu'elles doivent s'occuper uniquement de leur retrait, ce qui rend impossible leur maintien en disponibilité, l'organisation d'exercices et la rotation des effectifs.
Sergueï Kazennov, chef du secteur de géopolitique de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, estime que l'empressement de Tbilissi s'explique par "la prochaine mise en exploitation du pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan. La partie géorgienne considère que la Géorgie ne dépendra plus autant des produits énergétiques russes". "Nous perdons notre influence politique en retirant nos bases", avoue l'expert russe.
Pourtant il est trop tard pour réfléchir à l'utilité du retrait des bases. A présent, il faut créer des conditions favorables pour les militaires russes quittant la Géorgie. Il faut également œuvrer à la création d'une nouvelle infrastructure militaire équivalente aux unités démantelées et prévenir l'éviction de la Russie du Caucase-Sud.