"Sur tous les axes de ces négociations, nous sommes à un stade avancé", a-t-il déclaré. Pour la majorité des questions systémiques, les positions de la Russie et de ses partenaires coïncident mais il y a les thèmes où tout accord de principe fait encore défaut, a-t-il noté.
Il s'agit avant tout de la formation des prix du gaz. Certains pays membres de l'OMC exigent de la Russie le nivellement les prix intérieurs et extérieurs du gaz. Pourtant, au stade de l'adhésion à l'OMC, la Russie ne saurait assumer des engagements dans des secteurs où les réformes ne sont pas encore achevées, a-t-il dit. D'autre part, le commerce mondial se fonde justement sur cette circonstance que les prix extérieurs sont supérieurs aux prix intérieurs, a ajouté le fonctionnaire.
Le deuxième problème systémique porte sur le rôle de l'Etat dans l'économie. Certains partenaires exigent de la Russie qu'elle prenne de vastes engagements relatifs au fonctionnement du secteur public après l'achèvement des privatisations. Mais cela dépasse le cadre des normes de l'OMC, a-t-il indiqué.
D'autre part, les partenaires de la Russie veulent que le montant de l'assistance au secteur agricole soit fixé au niveau des quatre dernières années, soit 3,5 milliards de dollars par an au plus. Par rapport aux Etats-Unis et à l'Union européenne, le secteur agricole russe reçoit de 10 à 15 fois moins de subventions publiques, alors qu'au début des années 1990 les exploitants agricoles russes se voyaient verser jusqu'à 10 milliards de dollars tous les ans, a précisé Maxime Medvedkov. "La Russie n'exige pas que le montant de l'aide publique à son agriculture soit égal au budget agricole européen, nous ne sommes pas prêts concurrencer l'UE sur ce plan. Mais, pour pouvoir mener une concurrence loyale, nos producteurs agricoles doivent avoir des possibilités comparables en matière d'accès aux ressources", a-t-il dit.
La Russie est aussi souvent critiquée pour la rigueur de sa politique vétérinaire. Pourtant, face aux maladies du cheptel, surtout aviaire, qui éclatent çà et là, il importe de respecter les mesures garantissant la qualité des denrées. "Or nous ne pouvons faire confiance dans tous les cas aux certificats que produisent nos partenaires et qui ne sont pas toujours établis après toutes les vérifications nécessaires", a indiqué Maxime Medvedkov.
Le quatrième problème sur lequel il n'y a toujours pas d'accord avec de nombreux membres de l'OMC porte sur la propriété intellectuelle. La législation russe dans ce domaine s'est rapprochée des normes internationales. Mais la Russie rencontre des problèmes en matière d'application de la loi. "Et, pour les régler, il faudra du temps", a indiqué le négociateur russe.
Autre question de principe, les débats avec l'Australie qui veut avoir accès aux ressources naturelles russes, a dit le fonctionnaire. Aucun autre pays ne formule une telle exigence. Et aucun membre de l'OMC ne prend de tels engagements. "Il se peut que ce ne soit qu'une bizarrerie, qu'on ait confondu quelque chose à Canberra, mais en tout état de cause ces choses là ne contribuent pas à promouvoir le processus de négociations".
A ce jour, a rappelé le représentant du ministère russe du Développement économique et du Commerce, la Russie a achevé les négociations avec 30 membres de l'OMC qui assurent plus de 85% de son commerce extérieur. "Reste à achever les négociations avec 25 pays, dont des partenaires aussi importants que les Etats-Unis, le Canada, l'Australie, le Brésil, l'Argentine, le Mexique et la Norvège", a dit Medvedkov. Les nouveaux tours des négociations avec les Etats-Unis et la Norvège sur l'adhésion de la Russie à l'OMC se dérouleront en juin.