Sergueï Lavrov: Europe sans lignes de démarcation - tâche stratégique de la Russie

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MOSCOU, 12 mai - RIA Novosti. La formation d'une grande Europe sans lignes de démarcation reste pour la Russie une tâche stratégique. C'est ce qu'a notamment déclaré le ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, Sergueï Lavrov, en intervenant ce jeudi devant les députés à la Douma d'Etat (Chambre basse du Parlement russe).

"On aura à accomplir cette tâche dans son ensemble, étape par étape, en formant les espaces communs de l'Union européenne (UE) conformément aux quatre "feuilles de route", adoptées à Moscou le 10 mai dernier. On aura à réaliser cette tâche stratégique, en élargissant aussi la coopération dans le cadre du Conseil Russie-OTAN, en réformant l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et en développant des relations de partenariat avec des structures internationales", a indiqué le chef de la diplomatie russe.

Parmi les volets prometteurs de la coopération avec l'Alliance de l'Atlantique Nord, Sergueï Lavrov a évoqué la garantie de la compatibilité des unités antiterroristes et de maintien de la paix, ainsi que des systèmes de défense antimissile du théâtre des opérations (TMD) sans oublier le contrôle du trafic aérien des forces et des moyens d'action rapide (FAR).

Sergueï Lavrov a réaffirmé que, dans un avenir prévisible, la Russie ne se proposait d'adhérer ni à l'Union européenne ni à l'Alliance de l'Atlantique Nord. "Je ne pense pas que l'on nous y invite, et je ne pense pas, non plus, que nous devions faire fusion avec ces deux grands acteurs multilatéraux dans l'arène mondiale", a dit le ministre.

Cela dit, Sergueï Lavrov a fait remarquer que la Russie pouvait tout à fait prétendre et prétend, d'ailleurs, non sans raison au rôle d'un acteur indépendant dans la politique internationale.

Quoi qu'il en soit, a-t-il poursuivi, depuis ces dernières années, la politique de Moscou à l'égard de l'Union européenne et de l'OTAN est suffisamment conséquente.

Le chef de la diplomatie russe a exprimé la certitude que la Russie devait développer ses relations avec l'UE et l'OTAN "sur un pied d'égalité". Néanmoins, le ministre a bien reconnu que ce n'était pas une simple affaire.

"C'est que tant l'UE que l'OTAN ont leurs propres intérêts qui, dans bien des détails et sous bien des aspects concrets, ne coïncident pas toujours avec les nôtres, mais nous devons quand même le faire envers et contre tout", a insisté le ministre.

Evoquant les relations avec les Etats-Unis, le ministre russe des Affaires étrangères a noté que les deux pays ont plus d'intérêts communs que de divergences.

"Tout en renforçant ce potentiel (relations entre les Etats-Unis et la Russie), on a toutes les possibilités pour retenir ceux qui s'emploient à faire durcir la politique américaine à l'égard de la Russie, mais aussi pour dissiper ces préoccupations que nous avons face à la politique pratiquée par l'administration américaine en place", a constaté Sergueï Lavrov.

Et de préciser qu'il s'agit là, entre autres, du déploiement du bouclier antimissile global et de la configuration même de la présence américaine dans le monde.

"Sur toutes ces questions, nous menons un dialogue très concret et précis, tout en estimant que la ligne conséquente d'implication des Etats-Unis dans une coopération sur un pied d'égalité est de loin plus productive qu'une réaction émotionnelle qui ne soit pas confortée par des démarches pratiques", a continué le diplomate.

Or, le ministre russe des Affaires étrangères a reproché aux Etats-Unis et à l'Union européenne leurs pressions insuffisantes sur les pays baltes au sujet du problème des minorités nationales.

Cela dit, Sergueï Lavrov a souligné que Moscou tenait à ce que des pressions internationales s'accentuent sur la Lettonie et l'Estonie pour faire respecter ces Etats les droits des minorités nationales, y compris des populations russophones.

Il a noté que toutes les assurances des partenaires occidentaux prétendant notamment qu'à l'adhésion de la Lettonie et de l'Estonie à l'Union européenne et à l'Alliance de l'Atlantique Nord, le problème des minorités nationales y serait résorbé n'ont jamais été confirmées par la pratique réelle.

"Cela reste un sujet de notre conversation intransigeante et souvent très peu agréable avec nos partenaires en Occident. Force est, toutefois, de reconnaître l'absence d'un résultat satisfaisant pour le moment", a conclu le chef de la diplomatie russe.

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