La sculpture "Mercure volant" enlevé par les nazis au musée réserve de Pavlovsk, près de Saint-Pétersbourg, pendant la Grande guerre patriotique de 1941-1945 et qui se trouvait jusqu'à une époque récente au musée Joanneum, à Graz (Autriche), a été restituée à la Russie.
Jeudi, l'ambassadeur d'Autriche à Moscou Martin Vukovic l'a remise au directeur du Service chargé de préserver le patrimoine culturel russe, Boris Boïarski.
La sculpture "Mercure volant" fut exécutée en 1783 sur commande de Catherine II. De la fin de XVIIIe siècle à 1941, cette copie de la célèbre oeuvre de Jean de Boulogne qui est conservée au Musée national de Florence, orna les jardins du palais de Pavlovsk.
Avant l'occupation de la ville par les troupes allemandes en 1941, la sculpture fut enterrée mais elle ne put être retrouvée à la libération.
C'est uniquement en 1979 qu'un historien d'art soviétique la découvrit exposée au Musée des beaux-arts de Vienne.
Il a fallu attendre plus de 20 ans encore avant que l'expertise conjointe menée par des experts russes et autrichiens en mai 2002 ne confirme que le "Mercure volant" à Graz provient justement de Pavlovsk. La Russie a immédiatement exigé de Vienne de restituer cette oeuvre d'art.
Le retour de la sculpture a eu lieu grâce aux efforts conjoints du gouvernement d'Autriche, du Service russe pour la préservation du patrimoine culturel et du ministère russe des Affaires étrangères.
"L'événement d'aujourd'hui est un événement particulier, non seulement du point de vue de la culture mais aussi du point de vue de la politique. A Moscou, le "Mercure violant" fait une escale, avant d'occuper sa place historique à Pavlovsk où, en automne, nous assisterons à la cérémonie de remise de cette statue à un niveau politique plus élevé. Nous sommes heureux de restituer à ses véritables propriétaires cette remarquable oeuvre d'art", a indiqué l'ambassadeur autrichien dans son intervention.
"La décision du gouvernement autrichien de satisfaire notre requête relative à la restitution de la sculpture, décision qui a été prise à la veille du 60e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale, est considérée à Moscou comme une nouvelle preuve du caractère amical des relations russo-autrichiennes", a indiqué pour sa part le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Alexandre Yakovenko.