Proche-Orient: nouvelle réunion du Quartette le 9 mai

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MOSCOU, 5 mai - par Marianna Belenkaïa, commentatrice politique de RIA Novosti. Le 9 mai, Moscou accueillera une nouvelle réunion du Quartette de médiateurs internationaux pour le règlement au Proche-Orient (Russie, États-Unis, UE et ONU). Toutefois, cette réunion sera plus un compte-rendu qu'un débat.

D'abord, James Wolfensohn, le nouvel envoyé spécial du Quartette chargé de superviser le retrait israélien de la bande de Gaza et d'une partie de la Cisjordanie et la réhabilitation économique des territoires palestiniens, racontera son premier voyage dans la région. Ensuite, les diplomates russes dresseront le bilan de la première visite du président Vladimir Poutine au Proche-Orient et examineront avec leurs collègues l'initiative de ce dernier d'organiser cet automne à Moscou une rencontre internationale de haut niveau sur le règlement proche-oriental.

Mais, à part le compte-rendu, les médiateurs devraient se positionner clairement face aux événements à venir. Selon le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Alexandre Saltanov, la question essentielle qui se pose aux parties en conflit et aux médiateurs est celle d'organiser "le retrait dans la dignité des Israéliens de la bande de Gaza", retrait qui s'inscrira dans le prolongement de la "feuille de route" du règlement proche-oriental élaborée par le Quartette.

Des sources diplomatiques indiquent que tout le possible devra être fait "pour que personne ne tire dans le dos des Israéliens au moment où ils quitteront les territoires palestiniens occupés et pour éviter que l'anarchie ne s'instaure dans ces territoires".

Pour la première fois, les Israéliens quittent des territoires palestiniens occupés. Pour la première fois, ils les restituent à un pouvoir palestinien toujours chancelant. Pour la première fois, l'État hébreu est confronté à un éclatement de la société, si ce n'est à une guerre civile. Personne ne sait comment se déroulera l'évacuation. Et il ne s'agit pas de la procédure technique dont le plan est prêt depuis longtemps. La question est de savoir ce que les maisons et les terres agricoles délaissées vont devenir, et comment les sociétés palestinienne et israélienne vont digérer l'évacuation. Car en dépendra la disposition des parties en conflit à poursuivre le processus de règlement.

Les Palestiniens considèrent le retrait israélien de Gaza comme une victoire, et les Israéliens comme une tragédie. L'administration israélienne a plus d'une fois déclaré que l'évacuation des colonies n'était pas une concession, mais une mesure de sécurité, et qu'elle n'envisageait pas de nouveaux retraits. Les Palestiniens, comme l'a déclaré à plusieurs reprises le chef de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, "n'admettent rien d'autre que la reconnaissance des frontières de 1967". Mais cela n'est guère possible. À cette étape, les États-Unis n'ont pas l'intention de réclamer à Israël de nouvelles concessions territoriales. Quant à la Russie, elle invite à rechercher des solutions de compromis, y compris territoriales. Mais, pour l'instant, ces compromis ne satisfont ni les Palestiniens ni les Israéliens.

Il semble bien que la question de la façon de lier l'évacuation des colonies juives de la bande de Gaza à la "feuille de route" dominera encore longtemps les rencontres du Quartette.

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