Il est évident que cette page des relations bilatérales est tournée et n'a plus d'influence sur le développement de la coopération entre les deux pays, affirme le député qui a souligné que cela confirme la "sagesse politique" des autorités ukrainiennes.
Il a souligné cependant la préoccupation de la Russie suscitée, entre autres, par la violation des droits politiques de la partie perdante (partisans de l'ex-premier ministre Viktor Ianoukovitch, concurrent de Iouchtchenko aux dernières élections) et par la volonté des autorités ukrainiennes de "se venger".
La délégation russe à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) a préparé un projet de résolution, déjà soutenu par cinq pays, a précisé Konstantin Kossatchev. Il est spécifié dans ce document qu'en Ukraine, en Géorgie et en Kirghizie les droits politiques de l'opposition sont bafoués depuis les "révolutions de couleur" qui ont eu lieu dans ces pays.
La Russie est également préoccupée par l'intention des autorités ukrainiennes de déprivatiser les entreprises et ce processus n'est pas toujours lié à des violations flagrantes de la loi ukrainienne, a poursuivi le parlementaire russe. "D'après les informations à notre disposition, des dizaines de milliers de décisions relatives à la révision des privatisations ont été préparées", a-t-il déclaré.
D'autre part, malgré le dialogue suffisamment constructif entre les autorités ukrainiennes et les représentants du grand business russe, les assurances fournies par les autorités ukrainiennes n'aboutissent pas à des décisions concrètes. "En fait, nous constatons une tentative de faire pression sur les hommes d'affaires russes opérant en Ukraine", a souligné le parlementaire.
Il a dit qu'il attendait des décisions concrètes qui tardent toujours à venir. Il reste à éclairer la position de l'Ukraine en ce qui concerne la création de l'Espace économique unique du groupe des quatre (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Ukraine).
La Russie est également concernée par le projet ukrainien d'adhésion à l'OMC vers novembre prochain annoncé par le président Iouchtchenko.
"L'adhésion de l'Ukraine à l'OMC à un rythme accéléré prouve que les négociateurs ukrainiens ont abandonné des positions qui sont importantes pour la Russie également", a dit Konstantin Kossatchev. Il s'agit en premier lieu de la taxe moyenne à l'importation. La Russie est tombée d'accord sur 7%. Si l'Ukraine accepte 2%, la coopération des pays membres de l'Union douanière risque de causer un préjudice économique à la Russie, a expliqué le chef du comité des affaires internationales de la Douma.