Revue de la presse russe du 19 avril

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MOSCOU, RIA Novosti

Expert

La CEI doit changer ou mourir

La CEI (Communauté des Etats indépendants) était créée comme une alliance régionale de type étatique conçue pour une économie centralisée et pour des liens transfrontaliers macro- et non pas micro-économiques. Si les institutions de la Communauté ne privilégient pas les intérêts d'affaires des pays membres, l'organisation sera condamnée, ont estimé dans une interview accordée au magazine Expert Olga Boutorina, chef de la chaire d'intégration européenne du MGIMO (Institut d'Etat des Relations Internationales de Moscou), et Alexandre Zakharov, vice-président du conseil d'administration de la Sberbank (Banque d'épargne russe).

Le modèle d'intégration actuel de la CEI prévoit une coopération entre Etats et non pas entre marchés. Partant, au fur et à mesure du développement de ces derniers, il aura de plus en plus de ratés qui risquent de provoquer un jour l'effondrement de toute la construction.

La Communauté devrait élaborer dans les plus brefs délais un nouvel ordre du jour, qui corresponde aux réalités contemporaines et tienne compte des intérêts (proclamés officiellement ou existant de facto) des Etats membres.

L'intégration a besoin d'un nouveau modèle, qui prenne en considération les conditions du marché et de la démocratie. Le modèle de mobilisation visant à résorber la situation majeure que fut le démembrement de l'URSS, a rempli ses tâches et a fait son temps. La CEI doit finalement être dotée d'un champ juridique et d'un système de mécanismes permettant d'adopter et d'exécuter des décisions collectives.

La Communauté devra se doter d'un nouveau concept de leadership. Seule la Russie est à même d'être la locomotive du processus d'intégration. Pour ce faire, elle devra assumer des engagements politiques et financiers appropriés. L'intégration régionale ne se fait pas autrement. Dans l'Union européenne, c'est la France et l'Allemagne qui tirent le train de l'intégration européenne, depuis les cinquante années d'histoire de l'Union. Aucune autre variante n'est prévue, même après les nombreux élargissements. C'est la Russie qui doit devenir le générateur d'idées de la CEI et l'auteur principal de sa stratégie.

La Communauté se doit d'élaborer une stratégie commune de développement des relations avec l'Union européenne. Il n'existe pas d'accord cadre entre l'UE et la CEI, bien que l'Europe ait conclu une série d'accords de ce type, notamment avec l'ASEAN et le MERCOSUR. Un accord cadre sur les relations bilatérales renforcerait considérablement les postions des membres de la CEI dans le dialogue avec l'UE en leur permettant de créer des espaces de coopération avancée sans devenir membre de l'UE, c'est à dire sans être liés par les nombreux engagements qui découleraient d'une telle adhésion.

Izvestia

Les terroristes retranchés en Tchétchénie préparent une série d'attentats

Selon les informations à la disposition des services secrets russes, les terroristes retranchés en Tchétchénie projettent de monter prochainement plusieurs attentats terroristes importants sur le territoire de cette république et dans d'autres régions de la Russie. La nouvelle a été annoncée presque simultanément par l'armée, le parquet et les autorités régionales, annonce le quotidien Izvestia.

Serguéi Sourovikine, chef de la 42e division motorisée stationnée en Tchétchénie, a déclaré que les bandits procèdent actuellement à un regroupement de leurs forces dans la montagne. Leurs chefs Bassaev et Oumarov s'efforcent de rétablir les contacts même avec les plus petites bandes afin de maintenir leur influence dans la partie montagneuse de la république, a-t-il dit. Les bandits prennent soin de garder le silence sur les ondes radio. Ils communiquent entre eux principalement par des estafettes. Les terroristes estiment qu'ils doivent ou bien vaincre en 2005 ou bien perdre totalement leur influence, affirme Serguéi Sourovikine.

Le procureur tchétchène, Vladimir Kravtchenko, a fait un avertissement analogue la semaine dernière. A ses dires, les terroristes ont projeté plusieurs attentats importants pour la période juillet-août et ont baptisé leur projet "Eté en braises".

Hier, le gouverneur du territoire de Stavropol, Alexandre Tchernogorov, a déclaré que des attentats sur le territoire de la Russie seraient possibles pendant les fêtes du mois de mai. Les autorités régionales font tout le nécessaire pour éviter une nouvelle effusion de sang, a-t-il assuré.

L'année dernière la fête du Jour de la Victoire sur le fascisme, le 9 mai, a été endeuillée par l'explosion sur le stade de Grozny qui a tué le président tchétchène Akhmad Kadyrov. Cette année, les organes de l'ordre public mettent en œuvre les mesures indispensables pour éviter des attentats. Par ordre du ministère de l'Intérieur de la Tchétchénie, tout le dispositif policier de la république sera mobilisé afin de renforcer le régime du service. Plus de quinze mille agents seront appelés au total à monter la garde des établissements publics, des bâtiments administratives, des écoles et d'autres sites d'importance vitale.

Sur ces entrefaites, le vice-premier ministre tchétchène, Ramzan Kadrov, fils du feu président, a promis d'annoncer le nom de l'assassin de son père vers le 9 mai.

Nezavissimaïa gazeta

Les autorités ont provoqué une chute du marché boursier russe

La semaine dernière l'index du système boursier russe (RTS) est tombé à 688,9 points, soit une chute de 4,28 pour cent. Lundi le marché boursier russe a continué de baisser. Les experts estiment que ce comportement est dû aux actions des autorités et prévoient une poursuite de la baisse des cotations, annonce la Nezavissimaïa gazeta.

La principale mauvaise nouvelle ayant eu un impact sur les cotations a été l'annonce par le patron de Lukoil, Vaguit Alekperov, d'éventuelles réclamations fiscales adressées à la compagnie. "Cette déclaration a eu une forte influence, parce que l'on n'attendait rien de tel de Lukoil. C'est que tout cela est en contradiction totale avec les propos positifs tenus récemment par les dirigeants du pays au sujet de la coopération du fisc et du business", a déclaré Maxime Cheïn, directeur du département analytique de la compagnie Brokerkreditservis.

Selon lui, les événements autour de Lukoil et de TNK-BP (soumise elle aussi à un substantiel redressement fiscal) n'améliorent en rien le climat d'investissement dans le pays. Au demeurant, pour l'analyste l'activité des investisseurs étrangers était déjà très modeste, c'est pourquoi à la lumière des nouveaux événements il est peu probable qu'il faille s'attendre à une dégringolade des prix ou à un retrait massif des capitaux étrangers du marché russe tans ils y sont insignifiants.

En attendant, certains analystes pensent que les réclamations fiscales émises aux grandes compagnies n'ont eu aucune influence sur le marché. De l'avis d'Artour Chtrevenski, spécialiste du département des valeurs du groupe d'investissement ATON, il y a longtemps que les boursiers ont pour leurs propres besoins structuré en trois scénarios les événements liés aux réclamations fiscales adressées aux compagnies: IOUKOS, VympelKom et Sibneft. Une de ces trois versions peut être attendue: soit la compagnie sera démantelée, soir les réclamations fiscales seront réduites de dix fois, soit il ne sera plus question de redressement fiscal. Le marché est de plus en plus convaincu que les réclamations fiscales émises à IOUKOS étaient un cas exceptionnel et il s'attend à ce que les événements évoluent selon l'un des deux derniers scénarios.

Gazeta

La Russie en 97e position dans le monde pour les revenus de la population

La Russie vient en 16e position dans le monde pour le PIB mais seulement en 97e position pour les revenus par habitant, d'après un nouveau rapport de la Banque mondiale, informe le quotidien Gazeta.

La liste desleaders pour le PIB reste traditionnelle : les Etats-Unis (11 010 milliards de dollars), le Japon (4 360 milliards) et l'Allemagne (2 080 milliards). Une place confortable dans ce classement revient à la Chine dont le PIB a atteint 1 400 milliards de dollars en 2003.

Selon la Banque mondiale, le PIB russe s'est élevée à 433 milliards de dollars en 2003. En ce qui concerne le revenu moyen annuel par habitant, la Russie n'a pu monter que de deux crans seulement en l'espace d'un an et reste derrière la plupart des pays européens industrialisés et même derrière les pays de l'ancien camp socialiste. Il a atteint 2 130 dollars en 2002 et 2 610 dollars en 2003 tandis que la moyenne mondiale était de 5 510 dollars. Ces chiffres permettent aux experts de la Banque mondiale de classer la Russie dans le groupe inférieur qui comprend la quasi-totalité des anciennes républiques soviétiques et la Chine où le revenu moyen annuel par habitant était de 1 000 dollars en 2003.

Les données de la Banque coïncident avec ceux du Service fédéral des statistiques (Rosstat), affirme le directeur du département de l'analyse stratégique de la société de conseil FBK, Igor Nikolaev. En 2003, le revenu moyen annuel par habitant en Russie était de 5 162 roubles par mois, soit 2 500 dollars environ, selon le cours de l'époque.

Les experts soulignent que pour le nombre des milliardaires la Russie a déjà dépassé l'Allemagne pour se hisser à la deuxième position mondiale. Le produit de la croissance économique est réparti en Russie d'une façon extrêmement inégale, d'où une forte différenciation des revenus, fait remarquer le directeur scientifique du Centre d'études sociales et d'innovations, Evgueni Gontmakher. Les experts voient aussi une autre raison : la Russie compte parmi les dix pays ayant les réserves de change les plus importantes et elle ne cesse d'accroître les siennes, ce qui fait qu'une partie considérable du PIB russe se dépose sur les comptes de la Banque centrale, hors de portée de la population.

D'ailleurs, de l'avis des experts, les conclusions de la Banque mondiale sur la pauvreté de la grande majorité de la population de la Russie sont quand même exagérées. Les méthodes de calcul doivent prendre en considération le niveau des dépenses. Or les dépenses à la consommation ont été de 72% plus élevées, autrement dit ce sont là des revenus non comptabilisés que l'on appelle "gris" ou "noirs", rappelle Igor Nikolaev.

Profil (revue)

La téléphonie mobile russe progresse sur les marchés de la CEI

L'expansion sur les marchés de la CEI (Communauté des Etats Indépendants) est un des axes principaux de la stratégie de développement de la compagnie Vympelcom, deuxième opérateur russe de téléphonie mobile. Cependant, les opérateurs locaux qui présentent de l'intérêt coûtent cher dans les pays de la Communauté. Nikolai Prianichnikov, vice-président exécutif de la compagnie, a évoqué, dans une interview à la revue Profil, la façon dont la compagnie Vympelcom a l'intention de régler ces problèmes.

L'opérateur russe de téléphonie mobile a l'intention d'élargir la géographie de son activité dans la CEI. Selon Nikolai Prianichnikov, le degré de pénétration des téléphones mobiles dans la Communauté en général est bien inférieur à celui enregistré en Russie. Les perspectives de développement sont grandes, mais certains risques sont plus élevés. C'est pourquoi le rendement des investissements effectués en Russie et dans la CEI sera à peu près égal dans la période à venir. Cependant, estime le vice-président exécutif, il est plus facile de progresser sur les marchés des pays de la CEI qu'en Occident: les équipements de communication téléphonique dans ces pays sont les mêmes et la compagnie russe y est bien connue. Des pourparlers sont en cours avec les compagnies locales qu'on peut acquérir. La possibilité d'acquisition de licences est examinée avec les gouvernements des pays de la CEI. Mais le prix sera forcément élevé,même dans le cas de l'acquisition d'un opérateur local, a précisé Nikolai Prianichnikov.

Ainsi, Vympelcom a acheté pour 350 millions de dollars, (soit environ 350 dollars l'abonnement) la compagnie K-mobile du Kazakhstan, opérateur ayant une infrastructure, une grande couverture et plus d'un million d'abonnés. La construction d'un réseau aurait coûté moins cher: dans ce cas, les frais auraient constitué environ 100 dollars l'abonnement. Mais, d'abord, il aurait fallu attirer la clientèle, a souligné Nikolai Prianichnikov. De plus, pendant un premier temps, la compagnie aurait dû travailler à perte. C'est pourquoi, les dépenses de construction d'un réseau et de rachat d'un opérateur existant sont comparables.

Répondant à la question de savoir a quel point la possibilité pour les opérateurs russes de déboucher sur les marchés occidentaux était réaliste, le vice-président de Vympelcom a dit qu'aucune négociation à ce sujet n'avait lieu.

Izvestia

Les aristocrates russes réclament la restitution de leurs biens immobiliers

Les représentants des familles des aristocrates russes qui avant la révolution de 1917 possédaient des palais et des hôtels particuliers seront partie prenante à la prochaine privatisation des monuments historiques en Russie, écrivent les Izvestia.

Ils sont indignés par la décision de l'Etat de mettre en vente "leurs" biens. Les représentants des familles les plus illustres de Russie, dont Obolenski, Chakhov, ont choisi comme lieu de rencontre Saint-Pétersbourg, la ville que leurs ancêtres habitaient.

Selon le directeur de la section pétersbourgeoise "Union-Ordre impérial russe" (Organisation de l'étranger russe), Boris Tourovski, dans leur quasi-totalité les édifices du centre-ville ont des héritiers légitimes. Alors que l'on commence à mettre en vente des bâtiments historiques, l'Etat se trouve confronté à de nouveaux problèmes. Il s'avère que ces bâtiments auront deux propriétaires: celui qui les aura acquis et l'héritier qui pourra faire valoir ses droits sur le bien immobilier en question par le biais d'une cour internationale, a déclaré Boris Tourovski.

"Nous souhaitons tout simplement que l'Etat reconnaisse officiellement l'illégalité de la nationalisation des biens au XX-e siècle et présente ses excuses aux gens qui ont été chassés de leurs propres maisons et de leur propre pays, et ayant de ce fait été humiliés", dit Boris Tourovski.

De l'avis de la princesse Vera Obolenskaïa, ressortissante française, l'Etat doit reconnaître le droit des héritiers à participer au sort des monuments historiques. "Depuis onze siècles les Riourikovitch ont l'habitude d'oeuvrer pour le bien du pays", dit le prince Dmitri Chakhov, ressortissant français.

La sollicitation des aristocrates peut être examinée de deux façons, a indiqué Alexeï Kometch, l'un des plus grands experts de Russie en matière de monuments d'architecture. Les biens immobiliers peuvent leur être restitués dans le cadre d'une loi générale sur la dénationalisation, mais ce texte n'existe pas. Cependant, les lois sur la privatisation pourraient permettre une restitution à des conditions avantageuses.

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