La Russie importe des cars chinois et exporte les siens en Roumanie, en Biélorussie, en Ukraine et à Cuba

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MOSCOU, 18 avril. (Par Alexandre Yourov, commentateur politique de RIA Novosti). Le marché russe des autobus est l'un des plus volumineux au monde. Jusqu'à 100.000 véhicules y sont vendus chaque année. A ce jour les bus circulant en Russie sont de fabrication nationale dans leur quasi-totalité, mais la situation pourrait changer rapidement.

Actuellement près de 80 pour cent du parc des transporteurs urbains privés sont constitués de minibus. Pour le moment ce marché est approvisionné par GAZ, l'unique producteur russe de ce type de véhicules. De l'avis des experts, ce secteur pourrait progressivement être occupé par des autobus urbains pouvant transporter de 16 à 30 personnes. Mais ici aussi la position dominante est occupée par le holding Rousskie avtoboussy apparenté à GAZ. Cette société commercialise de petits bus de 7 mètres de long. L'année dernière elle en a vendu 12.000.

Cependant, depuis que le gouvernement russe a abaissé la taxe frappant les pièces d'assemblage importées, le marché russe des autobus pourrait devenir attractif aussi pour les producteurs étrangers. Des négociations sont déjà en cours entre les propriétaires du groupement automobile moscovite ZIL et la compagnie chinoise FAW au sujet du lancement de l'assemblage de véhicules à Moscou. D'ici à la fin de l'année les premiers véhicules conjoints devraient sortir des chaînes de l'usine moscovite. Le directeur général de la Compagnie automobile moscovite (la société gérant ZIL), Konstantin Laptiev, a annoncé que l'entreprise pourrait fabriquer de 5 à 7.000 véhicules d'origine chinoise, ce qui permettrait de subvenir aux besoins des deux plus grandes villes de Russie, Moscou et Saint-Pétersbourg. C'est-à-dire d'évincer les automobiles auxquelles les Russes sont habitués. Le porte-parole de Rousskie avtoboussy, Alexandre Briskine, estime que la capacité du marché russe des bus de petites dimensions est évaluée à 15.000 unités. Par conséquent, dans les deux années à venir il y aura de la place pour tout le monde. Quoi qu'il en soit, des préoccupations se font jour au sein de cette société. Actuellement Rousskie avtoboussy représente environ 25 pour cent du marché russe, ce qui place la société en position de leader. La part des autres producteurs et fournisseurs étrangers de pièces d'assemblage est sensiblement moins importante. En 2004, les usines de ce groupe ont sorti 16.138 autobus, ce qui constitue une hausse de la production de 10 pour cent.

Cependant, dans les plans de production pour 2005 la fabrication des cars en Russie a brusquement été revue à la baisse. La compagnie entend assembler 15.781 véhicules seulement, soit un recul de 2,2 pour cent sur l'année dernière. Il s'est avéré très rapidement que Rousskie avtoboussy avait choisi de diversifier sa production et de se tourner vers l'étranger. Si les exportations de la compagnie avaient augmenté de 8 pour cent au total en 2003 et 2004, au début de 2005 elles représentaient déjà 25 pour cent du total des ventes. On a appris récemment que Rousskie avtoboussy envisageaient de créer des chaînes d'assemblage dans plusieurs pays. Le premier pays visé est la Roumanie. L'année dernière la compagnie a placé dans ce pays onze premiers autobus urbains pour la somme de 715.000 dollars. Dès cette année, il est prévu de porter les ventes à 300-400 unités. Les véhicules livrés à la Roumanie seront dotés de moteurs américains Caterpillar. D'abord, la Roumanie recevra des autobus entièrement prêts. Mais très prochainement la fabrication de pièces d'assemblage russes commencera dans une entreprise roumaine. La compagnie entend aller plus loin. Dès 2005 des chaînes d'assemblage pourraient entrer en service au Vietnam et à Cuba et en 2006-2007 en Ukraine et en Biélorussie.

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