La déclaration du ministre ukrainien de l'Économie, Sergueï Teriokhine, mettant en doute l'utilité de la CEI trouve un accueil favorable dans les médias qui évoquent "une structure politiquement et économiquement défaillante" et prédisent son éclatement imminent ("Lvivska Hazeta", 06.04).
En suivant les événements en Bachkirie, les médias supposent que les manifestations qui se multiplient dans cette république russe de l'Oural et qui revendiquent le départ du président Mourtaza Rakhimov pourraient impulser une vague de révolutions de velours en Russie ("Podrobnosti", 06.04).
En augurant la hausse imminente des prix du pétrole russe qui fait peser la menace d'une crise énergétique grave sur l'Ukraine, la presse s'abstient de critiquer Moscou. "Les cours mondiaux record du pétrole ont entraîné une appréciation du pétrole russe jusqu'à 300 dollars la tonne au mois d'avril" ("Halitski Kontrakty", 07.04).
Les médias sont méfiants face aux activités de la compagnie Renova appartenant au Russe Viktor Vekselberg qui cherche à mettre la main sur les principales entreprises d'extraction de minerais de titane en Ukraine. "L'annulation de certains décrets relatifs à la privatisation pourrait profiter aux compagnies russes soucieuses de racheter, en partie ou entièrement, les segments les plus attrayants de l'économie ukrainienne. La reprivatisation touchera en premier lieu la métallurgie, le secteur des matières premières et, bien sûr, le titane" ("ProUA", 07.04).
Une nouvelle vague de reproches vis-à-vis des services secrets russes accusés d'avoir empoisonné
Viktor Iouchtchenko a été suscitée dans les médias ukrainiens par l'article de Boris Volodarski, ancien officier des services de renseignement soviétiques, intitulé "Le laboratoire de poisons du KGB" et publié dans "The Wall Street Journal".
MOLDAVIE
Le recul des médias pro-roumains et l'avance des périodiques pro-russes ont sensiblement effacé l'attitude largement négative vis-à-vis de Moscou.
Certains médias ne cessent de citer le leader du Parti populaire chrétien-démocrate, Iurie Rosca, affirmant que des responsables russes lui ont proposé de l'argent pour organiser une révolution après les législatives en Moldavie.
Le plan de règlement transnistrien proposé par le président ukrainien Viktor Iouchtchenko et fondé sur le principe du fédéralisme est violemment critiqué par les médias. "Le fédéralisme est une mauvaise option pour la Moldavie, car il perpétuera dans tous les cas de figure le régime de Smirnov (président de la Transnistrie autoproclamée, ndlr.). La position de la nouvelle administration de Kiev sur le problème transnistrien n'a presque pas changé par rapport à l'administration précédente" ("Timpul", 12.04).
L'interview de Valeriu Poia, l'un des principaux techniciens en politique du bloc Moldavie démocratique, a suscité de vives répercussions. Dans cette interview, l'expert a reconnu que les dirigeants du bloc avaient mené des pourparlers "secrets" avec le Kremlin à la veille des législatives.
ESTONIE
Une intervention de l'Union européenne et de l'OTAN, c'est ainsi que les médias expliquent l'assouplissement de la position du ministère russe des Affaires étrangères au sujet de l'accord frontalier russo-estonien et la démission de Mikhaïl Demourine, responsable du ministère russe chargé des relations avec les pays baltes, qualifié de "faucon baltophobe". "Pour entretenir avec la Russie des relations amicales, l'Estonie ne devrait pas en avoir du tout. Plus précisément, elle ne devrait pas avoir de relations avec son grand voisin en dehors du cadre de l'Union européenne et de l'OTAN" ("Delfi", 07.04).
La possibilité d'amnistie pour Mikhaïl Khodorkovski et Platon Lebedev évoquée par leurs avocats en prévision des festivités programmées à l'occasion de l'anniversaire de la victoire sur le fascisme allemand a suscité des commentaires optimistes dans les médias estoniens. "La traque sans merci de Yukos et de Khodorkovski a permis au Kremlin de prendre sous son contrôle les grandes fortunes de Russie, ce qui fait revenir le Kremlin sur le devant de la scène, lui procure des droits exclusifs dans le lucratif secteur énergétique et consolide ses positions sur le plan de la politique énergétique internationale" ("Delfi", 06.04).
Une série d'articles officieux sont consacrés au district de Petchory (région de Pskov, Russie) qui se trouvait à l'époque sous l'autorité de l'Estonie bourgeoise. On évoque l'appauvrissement de la population locale, la grossièreté et la négligence des douaniers russes ("Eesti Päevaleht", 07.04).
L'interview de Dmitri Medvedev, chef de l'administration du président russe, publiée dans le magazine "Expert" a été perçue par les médias comme une mesure préventive du Kremlin contre la propagation du "virus orange" sur le territoire russe.
LETTONIE
La presse a accueilli plutôt positivement la visite en Lettonie d'une délégation russe conduite par le représentant spécial du président russe Sergueï Iastrjembski. Mais certains médias estiment que la disposition de Moscou, annoncée par de M.Iastrjembski, à signer un accord frontalier dans un avenir proche et l'appel à laisser l'histoire aux historiens signifient que la Russie a reconnu sa défaite dans la mini-guerre froide contre la Lettonie. "Les appels de M.Iastrjembski ressemblent plutôt à une prière qu'à une leçon faite à un petit voisin. Ce n'est pas étonnant après que la Russie a perdu son prestige pendant la révolution orange en Ukraine" ("Neatkariga Rita Avize", 11.04).
Les politiques représentant les intérêts de la minorité russophone ont considéré l'annonce sur l'éventuelle signature d'un accord frontalier par la Russie comme une concession irréfléchie de Moscou. "Cette visite montre encore l'absence totale de politique extérieure cohérente en Russie" ("Vesti-segodnia", 12.04).
Les revendications territoriales lettones sur le district de Pytalovo (région de Pskov) refont jour. D'aucuns appellent à "créer une lacune" dans l'accord frontalier permettant de régler ce problème dans l'avenir, bien que la plupart des politiques n'insistent pas sur cette idée. "L'UE et l'OTAN seraient mécontents, si la Lettonie freinait la signature de l'accord sur la frontière avec la Russie" ("Nedelia", 06-13.04).
Le procès de Ioukos, qui touche à son terme, suscite des commentaires très négatifs des médias. "Le pouvoir judiciaire russe ne peut pas ignorer les allusions du Kremlin" ("Diena", 12.04).
LITUANIE
La visite du ministre lituanien des Affaires étrangères Antanas Valionis à Moscou est perçue positivement par les médias. Toutefois la presse nationale reproche à M.Valionis d'avoir été trop gentil avec Moscou et de ne pas avoir insisté sur le rappel de l'ambassadeur de Russie en Lituanie, Boris Tsepov, impliqué dans plusieurs scandales.
Les médias rapportent que le Congrès des détenus politiques et des exilés, tenu en Lituanie, a décidé d'organiser un meeting de protestation. "Les manifestants protesteront contre la pénétration d'agents du KGB et des réservistes dans les plus hauts échelons de pouvoir et contre les projets impérialistes de la Russie à l'égard de la Lituanie" ("Lietuvos rytas", 11.04).
La presse a accueilli très négativement la décision de la mairie de Kaliningrad d'interdire la construction d'un Centre culturel lituanien. "Les Lituaniens de Kaliningrad expliquent cette décision des autorités par l'aggravation des relations russo-lituaniennes" ("Lietuvos rytas", 11.04).
Les médias et la société lituanienne ont salué la ratification par la Douma (chambre basse du parlement russe) de l'accord russo-lituanien sur l'abolition de la double imposition des revenus et des capitaux, signé en 1999. "La décision de la Douma russe est un pas important qui renforce la coopération entre la Lituanie et la Russie" ("Respublika", 07.04).
GEORGIE
Les informations sur la prétendue rencontre du président russe Vladimir Poutine avec les leaders abkhaz et sud-ossète à Sotchi ont provoqué une vague d'accusations contre la Russie. La presse crie à la provocation contre la Géorgie et qualifie d'expansion économique les projets économiques russes en Abkhazie.
Les médias reviennent sur les activités des services secrets russes en Géorgie. "Il est évident que les propagateurs de l'idéologie militariste, nazie et chauvine sont au service de l'ancien KGB, parce que tous les conflits en Géorgie profitent à la Russie. La Russie est aussi intéressée à ce que la Géorgie soit une plaque tournante du trafic d'armes russes. Le défunt Premier ministre Zourab Jvania ne s'inscrivait pas dans le schéma du trafic d'armes et la mafia a dû l'éliminer" ("Rezonansi", 11.04).
La presse considère la rencontre de Boris Berezovski avec le président géorgien Mikhaïl Saakachvili comme une tentative de l'ancien oligarque russe pour lancer une nouvelle campagne anti-Poutine depuis le territoire géorgien, parce que la position ukrainienne à ce sujet demeure inconnue.
L'intégration géorgienne au GUUAM paraît plus prometteuse du point de vue économique pour les médias géorgiens que l'adhésion à la CEI. "Si Astana préfère exporter son gaz naturel par les voies occidentales contournant la Russie, cela changera la situation géopolitique dans la région et la Russie restera le bec dans l'eau" ("Rezonansi", 11.04).
ARMENIE
Les médias sont presque sûrs que l'Arménie sera le suivant, parmi les pays de l'espace post-soviétique, à connaître une "révolution de couleur". Pourtant, la responsabilité pour la détérioration de la situation géopolitique de l'Arménie incombe, selon les journaux, à Erevan et non à Moscou.
Mais la politique russe dans le cadre du programme "Entreprises contre dettes" suscite des réactions négatives dans la presse. "Le gouvernement de la Fédération de Russie a décidé de remettre à l'Ethiopie une partie de sa dette. Les 160 millions restants surles 1,26 milliard seront échelonnés sur 30 ans. Or pour les 100 millions de la dette arménienne, la Russie a fait main basse sur cinq grosses entreprises du pays. De toute évidence, à l'opposé des autorités arméniennes, celles de l'Ethiopie n'ont pas tellement besoin du Kremlin pour se maintenir au pouvoir ("Aïkakan jamanak", 06.04).
AZERBAIDJAN
Au centre de l'attention de la presse, la visite de Boris Eltsine en Azerbaïdjan. Si les médias gouvernementaux ont décrit dans le détail le séjour dans le pays de l'ex-président russe, les journaux d'opposition y ont recherché des dessous politiques. En vertu de l'interprétation la plus fréquente, cette visite s'expliquerait par la volonté d'un Kremlin effrayé par des "révolutions de velours" de préserver ses positions. "Pour ses vacances inattendues en avril, l'ex-président (russe) avait le choix entre des pays au climat plus clément. Il se peut que Moscou ait chargé Eltsine d'une mission particulière" ("Ekho", 06.04).
La presse parle du travail des experts du pétrolier Sibneft qui veulent évaluer la possibilité de l'oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTS) d'accueillir le pétrole russe. "Comme l'ont annoncé les sources proches de Sibneft, deux variantes éventuelles d'acheminement du pétrole (russe) par le BTS sont étudiées. "En premier lieu, on se penche sur la possibilité de transporter du pétrole par l'oléoduc Bakou-Novorossiïsk, qui fonctionnera à l'avenir dans les deux sens, on projette également de livrer du brut depuis le port de Makhatchkala, ont indiqué ces sources" (Day.Az, 09.04).
KAZAKHSTAN
La récente visite du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev à Moscou et sa rencontre avec Vladimir Poutine ont été largement couvertes par la presse. Les médias ont cité le président russe qui a fait grand cas du chiffre record des échanges entre les deux pays.
Certaines éditions parlent de l'incapacité du Kremlin de remplir les fonctions de locomotive des processus d'intégration, faisant dans le même temps ressortir l'efficacité de la politique extérieure et intérieure du Kazakhstan. "Même la campagne teintée d'humour noir de monétisation des avantages en nature est défendue par un politique sérieux - le président du comité des affaires internationales de la Douma - contre des "écornifleurs" qui y auraient vu des sanctions contre leurs propres pays. Mais permettez, au Kazakhstan, nous avons déjà oublié ce que représentent ces avantages en nature ! Et c'est justement à ce genre de politiques que Nazarbaïev doit expliquer inlassablement que ses dernières initiatives d'intégration visent bien une coopération équitable et mutuellement avantageuse entre les pays se trouvant à un niveau à peu près égal de développement économique et social" (Liter.Kz, 11.04).
KIRGHIZIE
Les entretiens de Vladimir Poutine avec les Présidents du Kazakhstan et du Tadjikistan ont particulièrement intéressé les médias car il y a été question de la situation en Kirghizie et dans toute la région d'Asie Centrale, ainsi que des problèmes de l'intégration et de la réforme de la Communauté des Etats indépendants (CEI). Les médias ont mis l'accent sur la déclaration du Président russe dans laquelle il exprime l'espoir d'un règlement rapide en Kirghizie, tout en réaffirmant la volonté de la Russie de contribuer à ce processus. (AKIpress, 07.04).
Dans les publications consacrées à la visite à Moscou de la ministre par intérim des Affaires étrangères de la Kirghizie, Mme Roza Otounbaïeva, les médias constatent sans commentaires l'intérêt réciproque des parties à la stabilisation politique en Kirghizie et au développement ultérieur des contacts économiques et humanitaires entre les deux Etats. ("KyrghyzInfo", 11.04).
OUZBEKISTAN
Evoquant la rencontre entre les Présidents russe et tadjik, les médias ont accordé une attention toute particulière aux propos tenus par Vladimir Poutine au sujet de la situation en Kirghizie. Selon les médias, les leaders des deux pays ont manifesté des attitudes identiques, en réaffirmant notamment la nécessité de réprimer le trafic de stupéfiants. "Mercredi, Emomali Rakhmonov a obtenu la promesse de Vladimir Poutine que, bien que les gardes-frontières russes se retirent progressivement des frontières du Tadjikistan, ce dernier ne restera pas sans assistance militaire. Pour ce qui est de nos instructeurs militaires, ils seront présents aux frontières extérieures du Tadjikistan et vont entraîner des militaires locaux sur la base de Douchanbé" ("TRIBUNE-uz, 06-07.04).
Le thème de l'intégration dans l'espace post-soviétique suscite toujours le plus vif intérêt de la presse électronique. "Quoi qu'il en soit, la Russie elle-même reste toujours très "soviétique", tout en estimant sans doute que si elle est grande et puissante, et sera peut-être même riche à l'avenir, cela suffit pour qu'elle soit accueillie à bras ouverts. ("TRIBUNE-uz, 11.04).
TADJIKISTAN
A l'avis des médias, les négociations à Sotchi entre les Présidents de la Russie et du Tadjikistan ont déterminé les perspectives des relations bilatérales. La presse signale le programme au contenu extrêmement riche de ce Sommet.
Les médias publient les commentaires des experts au sujet de l'évolution de la situation dans l'espace post-soviétique après les événements bien connus en Kirghizie. Le politologue russe, Sergueï Markov, n'exclut pas qu'une situation similaire puisse surgir en Ouzbékistan et au Tadjikistan. A son avis, seule la Russie peut l'empêcher. "Les régimes dans ces républiques ne sont pas tout à fait démocratiques, et les régimes qui ne sont pas démocratiques sont souvent renversés à la suite de révolutions de palais... La Russie doit contribuer à l'élargissement de la base politique dans la république... La Russie reste un sérieux facteur de stabilisation des processus en cours dans l'espace post-soviétique. ("Asia-Plus", 06.04).
Les médias font savoir que le leader du Parti démocratique du Tadjikistan, M.Iskandarov, a été libéré de sa maison d'arrêt à Moscou. Auparavant, le Parquet général de la Fédération de Russie avait refusé son extradition vers le Tadjikistan. M.Iskandarov a remercié le Président russe pour sa libération.