Un expert russe juge possible le doublement du PIB d'ici à 2008

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MOSCOU, 13 avril - RIA-Novosti. Le président de l'Union russe des entrepreneurs et des gérants, Andreï Bounitch, juge réel de doubler le PIB à l'horizon de 2008. Il a fait cette déclaration intervenant au cours d'une conférence de presse à RIA-Novosti mercredi.

Ces 14 dernières années, a-t-il dit, la politique économique appliquée en Russie s'appuyait sur le "fondamentalisme libéral". Elle a abouti à "l'effondrement de l'Union soviétique, à la thérapie de choc, aux bonds de privatisation, aux appels d'offres de garantie, à la naissance du pouvoir oligarchique et à la crise financière de 1998", a souligné Andreï Bounitch.

"Aujourd'hui, pour la première fois depuis 1991, une possibilité réelle est apparue d'abandonner cette voie sans issue car le pays dispose, grâce aux cours élevés du pétrole, des ressources nécessaires pour réaliser un brusque tournant économique. C'est cela qui doit permettre de doubler le PIB d'ici à 2008", a-t-il affirmé.

Andreï Bounitch propose, pour encourager cette nouvelle politique économique, de renoncer au remboursement accéléré de la dette extérieure et d'employer ces ressources à la modernisation de l'économie. A cette fin, il propose de développer une centaine de projets prioritaires.

Andreï Bounitch estime que l'économie russe n'est capitaliste que formellement. En fait, c'est une économie "néoféodale".

"Dans cette économie, il n'y a ni concurrence ni sens d'entreprise véritables, les mécanismes de marché ne fonctionnent pas : c'est en fait une reproduction de la nomenklatura soviétique dans un nouveau contexte historique", a indiqué l'économiste.

Andreï Bounitch propose, comme nouvel axe économique, de démanteler le système oligarchique et d'introduire le système public de régulation économique souple compte tenu de l'expérience des pays occidentaux. Il juge nécessaire de passer à une nationalisation partielle et à l'annulation, par décisions de justice, des résultats des appels d'offres de 1995.

Mais, selon lui, la réalisation de la nouvelle politique économique se heurte au problème des cadres. "La bureaucratie corrompue peut pervertir les meilleures idées. Voilà pourquoi la révolution des cadres et la rénovation des élites sont le dernier point de la nouvelle politique économique", a estimé Andreï Bounitch.

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