"Nous n'avons pas oublié que, comme l'enseignaient les classiques du marxisme-léninisme, une situation révolutionnaire se crée dès que le sommet ne peut plus gouverner et que la base rejette le pouvoir existant. Il n'y a rien de tel en Azerbaïdjan", a indiqué le ministre.
Bakou a de bons rapports avec la Russie, a-t-il encore noté. A son avis, des unions régionales, telles que le GUUAM (Géorgie, Ukraine, Ouzbékistan, Azerbaïdjan, Moldavie) ne constituent pas un contrepoids à la CEI mais, au contraire, forment un complément à la Communauté.
"Nous avons toujours la tête tournée vers le passé, vers la conférence de Yalta, mais le temps et le monde ont changé depuis et il y a d'autres défis aujourd'hui", a dit Elmar Mamediarov.
S'agissant des négociations entre les présidents pakistanais et azerbaïdjanais, le ministre a annoncé que les parties ont débattu d'un vaste éventail de questions, dont le développement des échanges économiques, la lutte contre le terrorisme, la situation dans la région et la réforme de l'ONU.
Répondant à la question de RIA Novosti sur une éventuelle coopération technico-militaire entre les deux pays, Elmar Mamediarov a dit : "Les parties ont fait connaître leur intention de coopérer dans le domaine de la défense. Mais, pour l'instant, on n'en est qu'à l'étape de la discussion générale, il n'y a pas de décisions concrètes.
L'Azerbaïdjan, a dit son ministre des Affaires étrangères, soutient les efforts du Pakistan dans la lutte contre le terrorisme. "Dès le premier jour, nous avons apporté notre soutien à cette lutte, car l'Azerbaïdjan est lui-même victime du terrorisme. Notre indépendance n'est pas récente, nous avons vécu 32 attentats qui ont tué près de 2.000 personnes", a indiqué le ministre azerbaïdjanais des Affaires étrangères.
Le Pakistan, a poursuivi Elmar Mamediarov, soutient Bakou dans la question du Haut-Karabakh et de l'intégrité territoriale de l'Azerbaïdjan. De son côté, Bakou salue le développement du dialogue indo-pakistanais sur le problème du Cachemire. Les deux parties sont convaincues que ces problèmes doivent être réglés par la voie négociée.
Interrogé par RIA-Novosti sur les priorités de la coopération économique entre les deux pays, le ministre a souligné que le Pakistan avait fait savoir son intention de faire partie du couloir de transport Europe-Caucase-Asie, par lequel les marchandises pakistanaises accéderaient directement par la terre ferme aux marchés européens.
"Bakou soutient les projets d'Islamabad de se joindre à ce couloir", a-t-il dit.
Selon le chef de la diplomatie azerbaïdjanaise, les parties ont débattu de la possibilité d'accroître le chiffre d'affaires de leurs échanges, ont convenu d'ouvrir prochainement une liaison aérienne directe Bakou-Karachi et examiné la possibilité d'intensifier leur coopération touristique et culturelle.