"Il faut amender la législation en vigueur pour interdire aux compagnies pétrolières de relever les prix comme bon leur semble, au-delà des rythmes de l'inflation", a-t-il déclaré dans un discours, mercredi, à la Douma.
"Elles devraient demander l'autorisation appropriée auprès des organes du pouvoir exécutif", a-t-il ajouté.
Depuis le début de la réforme de l'agro-alimentaire, les prix des produits industriels consommés par l'agriculture ont été multipliés par 4,3, ce qui a provoqué une hausse des prix agricoles, a rappelé Alexeï Gordeïev.
"Si pour payer une tonne de gazole il suffisait de vendre 0,5 tonne de blé en 1990, il fallait en vendre 4 tonnes en 2004", a-t-il précisé.
Le ministre se dit surtout préoccupé par la hausse des prix des combustibles et lubrifiants qui représentent 16% de la valeur des produits végétaux.
Le marché pétrolier russe est partagé entre plusieurs grands monopoles, et 45% des régions subissent à plus de 50% le diktat d'une seule compagnie, a-t-il fait remarquer.
"Les agriculteurs affirment qu'au rythme où vont les choses ils n'auront plus aucune raison économique ou morale de travailler la terre", a souligné Alexeï Gordeïev.
Pour sa part, le directeur du Service fédéral antitrust, Igor Artemiev, estime nécessaire de démonopoliser le marché de gros et de détail des produits pétroliers pour faire face à la hausse des tarifs du carburant.
"Au lieu d'introduire la réglementation publique du marché, ce qui entraînerait une pénurie de produits pétroliers, il faut démonopoliser les segments de gros et de détail de ce marché", a-t-il déclaré.
Une autre mesure s'impose pour éviter les abus sur le marché des produits pétroliers, il faut introduire, pour le carburant, des taxes à l'exportation flexibles qui augmenteraient au printemps et en automne, a résumé Igor Artemiev.