"Le programme spatial actuel de la Russie est compétitif à tous les égards. La confrontation politique dans le domaine spatial dans notre pays s'est déplacée sur le terrain économique.
Cependant, l'Agence spatiale fédérale de Russie se prononce pour une approche équilibrée de la mise en uvre des projets spatiaux nationaux": c'est ainsi que le président de Roskosmos (Agence spatiale russe) Anatoli Perminov a défini le 6 avril, dans une interview à RIA Novosti, l'orientation du développement de la cosmonautique russe.
Le désir de développer à parité les programmes de vols habités et non habités, suppose-t-il une approche équilibrée des problèmes de la cosmonautique russe?
Il convient de souligner tout d'abord que la cosmonautique russe ouvre une nouvelle page de son développement. La mise en uvre du nouveau Programme spatial fédéral prévu pour la période allant jusqu'à 2015 commencera l'année prochaine. Le 8 avril, je le défendrai au ministère du Développement économique, ce sera la dernière démarche avant son adoption officielle.
Ce programme est entièrement compétitif dans tous les domaines. De plus, la confrontation politique à l'intérieur de la Russie dans le domaine spatial s'est déplacée sur le terrain économique. Par conséquent, la cosmonautique devient une partie intégrante de la puissance économique de l'Etat. Le développement économique suppose une approche équilibrée de toutes les initiatives.
Effectivement, l'Agence spatiale fédérale se prononce pour une approche équilibrée de la mise en uvre des projets spatiaux nationaux.
Selon le futur programme spatial, nos objectifs seront atteints par étapes. Le développement de l'étude de l'espace lointain, notamment la préparation des expéditions pilotées vers la Lune et Mars en sont un exemple.
Comme on le sait, nous avons achevé avec succès notre travail sur le complexe orbital "Mir" etnous avons commencé à exploiter la Station spatiale internationale (ISS). Nombreux sont ceux qui affirment aujourd'hui: "En principe, c'est la même chose!" Ce qui est inexact. Tout d'abord, le programme de la Station spatiale internationale a déjà dépassé les limites de la participation de 5 Etats. A présent, 14 Etats sont impliqués dans ce programme. Par conséquent, c'est un projet international d'une très grande envergure. Sur le plan technique, l'ISS est un polygone unique en son genre d'entraînement à l'assemblage sur orbite de nouvelles stations et engins spatiaux, ce qui est indispensable pour la mise au point des actions des futurs équipages des expéditions interplanétaires. Dans ce cas, nous pouvons parler de la préparation d'expéditions vers la Lune comme d'une étape des études interplanétaires.
L'étape suivante et, peut-être, parallèle sera celle de la préparation des expéditions vers Mars.
Nous estimons qu'il faut commencer par le lancement d'engins non habités: les stations dirigées par des robots. Ces systèmes peuvent également être assemblés sur la Terre et partir de la Terre, mais ils seront lancés probablement d'une orbite circumterrestre. Ce n'est qu'après l'étude de la surface de Mars par un nombre suffisant de ces systèmes qui fourniront l'information nécessaire qu'on pourra parler de l'envoi d'une expédition pilotée.
Nous savons que l'espace est un domaine sérieux. C'est pourquoi nous accordons une grande attention aux travaux de préparation des expéditions spatiales lointaines sur la Terre. Ainsi, l'expérience exceptionnelle "Mars-500" destinée à simuler sur la Terre les conditions réelles du vol vers la Planète rouge commencera l'année prochaine. D'abord, il était prévu qu'elle durerait 500 jours, à présent, nous estimons que nous pourrons la prolonger jusqu'à 700 jours.
Il est évident aujourd'hui qu'il est nécessaire d'accroître le groupement orbital russe quantitativement et, surtout, qualitativement. La Russie, possède-t-elle le potentiel nécessaire pour atteindre cet objectif?
Je tiens à souligner que ce problème préoccupe beaucoup l'Agence. C'est pourquoi notre futur programme prévoit l'évolution du groupement orbital russe sur le plan quantitatif et qualitatif.
Effectivement, toutes les actions pratiques de la cosmonautique visent à réaliser des programmes habités, ou bien à exploiter des systèmes de satellites. Sinon, le développement de la construction de fusées n'aura pas de sens.
Cela étant, le nouveau programme spatial prévoit l'accroissement substantiel des systèmes de satellites russes. La météo spatiale reste, pour l'instant, le problème le plus ardu. Vers 2008, nous envisageons de placer sur orbite 4 satellites météo. D'ailleurs, cette perspective est tout à fait réaliste, de plus, elle a une grande importance économique.
A l'horizon de 2007, nous prévoyons de porter à 18 le nombre d'appareils du système global de navigation par satellites à double usage GLONASS pour déployer vite et intégralement ce système de 24 satellites.
En principe, le groupement spatial russe de grande envergure sera créé vers 2015. Par conséquent, nous pourrons non seulement parler de la première place pour le nombre des lancements de fusées russes portant des satellites étrangers, mais aussi devenir effectivement les premiers aussi bien pour le nombre de lancements que pour la quantité de systèmes de satellites russes. Cela élargira les positions russes sur le marché mondial des lancements, car l'assortiment des appareils lancés dans l'espace s'étendra. Il ne peut en être autrement.