Revue de la presse russe du 1er avril

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MOSCOU - RIA Novosti

Rossiiskaia gazeta

Russie - Europe : un difficile rapprochement

Les relations entre la Russie et l'Europe doivent faire face à un nouveau défi. Depuis la présidentielle en Ukraine, il est évident que dans quelques années toutes les républiques occidentales de l'ex-URSS pourront adhérer à l'OTAN et se retrouver dans la zone d'attraction de l'Union européenne. Serguéi Karaganov, président du Conseil de la politique extérieure et de la défense, fait part, dans les pages du quotidien Rossiiskaïa gazeta, de son point de vue sur les relations russo-européennes.

La Russie, si elle ne change pas de politique, peut devenir un centre encore plus indépendant. Seulement, pas un centre de force, mais un centre de faiblesse.

Aujourd'hui, pour remplir le vide conceptuel qui s'est formé dans les relations entre la Russie et l'Union européenne, les deux bureaucraties ont inventé le projet des "quatre espaces communs" : économie, sécurité extérieure, sécurité intérieure, culture et enseignement.

Faute de mieux, on peut signer ces documents. Mais se cacher derrière ces espaces, c'est créer une fausse impression de bien-être qui ne manquera pas de provoquer des déceptions nouvelles. Ces espaces peuvent être utilisés par l'UE pour arracher des concessions à la Russie.

Le risque des accords sur les espaces communs consiste aussi en ce qu'ils peuvent remplacer le travail de création d'un nouveau traité fondamental sur les relations Russie-UE.

Que doit entreprendre la Russie dans cette situation ?

Premièrement, elle doit engager une large discussion pour décider si elle veut être européenne, malgré son individualité, et avec l'Europe ou bien si elle veut rester seule. Il faudra alors obliger l'UE à se déterminer à l'égard de la Russie.

Deuxièmement, elle doit lancer d'urgence un programme de formation de spécialistes des problèmes de l'Union européenne.

Troisièmement, il est nécessaire de commencer à préparer un traité pour remplacer l'Accord de partenariat et de coopération de 1994 tout en évitant l'apparition d'un vide juridique et politique.

Quatrièmement, les accords sur les espaces communs peuvent être signés mais sans aucune concession et dans la mesure où ils seront prêts et non pas à une date fixée d'avance.

Enfin, tous les accords sur les espaces communs doivent servir d'éléments préparatoires à l'élaboration d'un nouveau traité plutôt non pas au remplacement de l'accord existant.

Nezavissimaia gazeta

L'avenir de la CEI: trois scénarios

L'espace post-soviétique se réduit comme peau de chagrin, certains pays de la région préfèrent à la coopération dans le cadre de la Communauté des Etats indépendants (CEI) une politique d'intégration européenne et de rapprochement avec l'Occident. A cet égard une question se pose: quel est l'avenir réel de la CEI? Il existe trois scénarios probables de développement des événements, écrit la Nezavissimaïa gazeta.

Premièrement, la désintégration prochaine est assurément le pire scénario possible du point de vue du prestige et de la sécurité de la Russie d'aujourd'hui. La dissolution de la CEI pourrait signifier simultanément le début d'un "appel d'offres" international en vue d'une nouvelle institutionnalisation de l'espace. Si l'on part du rapport des forces observé présentement dans le monde, le vainqueur est évident. Les Etats-Unis appliqueraient un maximum d'efforts pour créer leur "axe du bien" dans l'espace post-soviétique. En ce qui concerne la Russie, ses chances de vaincre ou de conforter son rôle dépendraient surtout de la situation dans le pays après la présidentielle de 2008.

Deuxième scénario: le renforcement de la CEI amputée, grâce à la ressource russo-chinoise. Les choses pourraient se faire dans des versions diverses et dans des délais divers, avec intégration possible au sein d'une organisation unique de structures telles que l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), la Communauté économique eurasiatique et l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS). Cette fusion permettrait à la Russie et à la Chine de créer un nouvel espace d'intégration allant de la frontière de la Biélorussie jusqu'à la Chine, de disposer d'atouts supplémentaires dans la compétition géopolitique et économique avec l'Occident. Le principal désavantage pour la Russie serait la domination chinoise.

Troisième scénario: le morcellement de l'espace de la CEI dans certains projets avec participation russe. Ce scénario aurait pour inconvénients une exacerbation éventuelle de la concurrence avec l'Occident ainsi qu'une réorientation des nouveaux projets sur la coopération économique. Parmi les avantages indéniables il y aurait les retombées de la spécialisation géo-économique et régionale, qui ne manquerait pas de dynamiser les projets indépendamment du caractère des régimes en place dans les pays participants. Qui plus est, ce scénario répondrait aux intérêts des pays moyens et petits (centrasiatiques et autres) tout en relevant leur statut étatique. Cette dernière circonstance dissiperait les suspicions de "visées impérialistes" vis-à-vis de la Russie.

Kommersant

Le vieillissement entraîne une réduction des arsenaux de MBI

Deux divisions de missiles balistiques stratégiques déployées à Kartali (région de Tchéliabinsk) et à Kostroma sont en voie de démantèlement définitif. D'ici à 2010, le nombre de divisions de missiles sera réduit de 15 à 10. Quant aux missiles balistiques intercontinentaux (MBI) en alerte, leur nombre diminuera probablement de 496 actuellement à 313, écrit le quotidien Kommersant.

Les réductions qui se produisent dans les Troupes de missiles stratégiques (TMS) sont dues principalement au vieillissement des missiles et dont une partie date de l'époque soviétique. Après l'éclatement de l'URSS leur production avait cessé et leur renouvellement avait été arrêté.

Les missiles de fabrication russe eux aussi prennent de l'âge. Selon les prévisions, sur les 270 RS-12M Topol mobiles à carburant solide actuels il pourrait n'en rester que 144 en service d'ici à cinq ans. Au cours de cette même période 89 nouveaux Topol-M (64 RS-12M2 et 15 RS-12M1) seront mis en service, et ce alors que 136 MBI doivent être détruits.

Selon le commandant adjoint des Troupes de missiles stratégiques pour l'armement, le général Vitali Linnik, "la désaffectation des MBI obsolètes se fait de manière planifiée et n'altère en rien la valeur combative des TMS.

Les TMS disposent actuellement de 496 MBI, dont 226 ensilés (86 R-36MUTTKH et R36-M2 Voevoda lourds, 100 UR-100NUTTKH moyens et 40 RS-12M2 Topol-M légers) et 270 Topols RS-12M mobiles.

En 2010 les TMS devraient disposer au maximum de 313 MBI, dont 154 ensilés (40 R-36M2 Voevoda, 50 UR-100NUTTKH et 64 RS-12M2 Topol-M) et 159 MBI mobiles (144 RS-12M Topol et 15 RS-12M1 Topol-M). Par ailleurs, la quantité d'ogives nucléaires emportées par les BMI diminuera de 1.770 actuellement à 923.

Polititcheski klass

Une crise démographique menace la Russie

Pour le territoire immense qu'elle occupe, la Russie a une population trop petite. Qui plus est, elle diminuera d'encore un tiers à l'horizon de 2050, affirme dans une interview à la revue mensuelle "Polititcheski Klass" le démographe russe Anatoli Vichnevski.

Lorsque, en Russie, il ne restera que 100 millions d'habitants, la Chine en comptera 1,5 milliard. Le rapport sera catastrophique. Surtout du fait que la partie asiatique du pays a une population extrêmement faible tandis que la Chine, partie du Sud pauvre de la planète comptant cinq milliards d'habitants, prétend depuis longtemps à des régions de Sibérie et d'Extrême-Orient. Il serait étrange de penser que ces milliards d'hommes ne voudront pas vivre comme on vit au Nord et que cette volonté ne pourrait pas se matérialiser sous différentes formes, notamment agressives.

La Russie est aujourd'hui dans la même barque avec l'Europe, les Etats-Unis et le Japon. Mais l'élite russe refuse de le comprendre et considère la Russie non pas comme une partie du Nord, mais comme un pays particulier qui peut choisir quand il doit être avec l'Europe et quand il peut s'allier à la Chine. Mais avec l'Europe, la Russie peut coexister sur une base paritaire, ce qu'elle ne peut pas faire avec la Chine. Si elle ne garde pas ses distances en s'appuyant non seulement sur ses propres forces mais également sur la puissance de toute l'Europe, la Chine l'engloutira tout simplement.

Les attentats terroristes du début du siècle sont les signes précurseurs de conflits encore plus âpres. Le 11 septembre a montré au monde la forme des hostilités futures. Des guerres mondiales sont aujourd'hui impossibles parce qu'il n'y a pas d'alliances de pays qui s'opposent. Mais des guérillas livrées par des peuples pauvres à des peuples riches, des conflits embrasant des continents entiers, sont parfaitement imaginables. L'eau dans la chaudière se met en ébullition. Tous les pays industrialisés se doivent donc de bien réfléchir aux moyens dont ils pourraient en réduire la pression pour éviter une explosion globale.

L'unique issue semble consister à rende possible une migration pacifique d'une partie de la population du Sud vers le Nord.

La politique d'immigration doit être la ligne stratégique de l'Etat. En attendant, la Russie n'a pas franchi un seul pas dans cette direction. Qui plus est, les personnalités officielles se montrent souvent hostiles à l'immigration.

Il importe pourtant que ce problème trouve une réaction positive chez les élites.

Gazeta

Construction de l'An-124: il manque d'un milliard de dollars

La Russie et l'Ukraine ont établi le business plan de réanimation de la construction de l'An-124 "Rouslan", le plus gros avion de transport du monde.

Conformément à ce plan, les premiers quinze "Rouslan" modernisés seront construits à l'usine aéronautique "Aviastar-SP" d'Oulianovsk (région de la Volga). Sa fabrication en série commencera en 2007, fait savoir le quotidien Gazeta.

Mais le business plan ne règle pas le problème du manque d'argent. Rien qu'à la première étape, l'organisation de la fabrication en série des "Rouslan" demandera plus d'un milliard de dollars.

La construction de l'An-124, avion ayant la plus grande capacité de charge dans le monde, a été suspendue en 1992. "Aviastar-SP" n'avait pas assez d'argent même pour payer l'électricité. Rares étaient ceux qui supposaient que, quelques années plus tard, le marché des frets hors gabarit, sur lequel travaillerait "Rouslan", serait le segment le plus rentable du transport aérien des cargaisons et que son chiffre d'affaires annuel serait évalué à des centaines de millions de dollars. Même 13 ans après l'achèvement de la fabrication en série des "Rouslan", l'avion lourd russo-ukrainien capable de transporter jusqu'à 150 tonnes n'a pas de concurrent. Le S-5B ("Galaxy") américain, équivalent du "Rouslan", lui cède pour la capacité de chargement et ne participe pratiquement pas aux vols commerciaux.

On ne sait pas encore qui financera le projet. "Nous espérons recevoir des fonds budgétaires, car la reprise de la construction des "Rouslan" fait partie du programme de développement de l'industrie aéronautique russe jusqu'à 2015", a dit Elena Elesseieva, représentante de la compagnie aérienne russe "Volga-Dniepr". Les clients de l'An-124 - les compagnies aériennes "Volga-Dniepr" et "Poliot" - n'ont pas d'argent.

Selon Igor Garivadski, vice-directeur de l'Agence fédérale pour l'industrie, la préparation d'"Aviastar" d'Oulianovsk à la reprise de la production des "Rouslan" demandera à elle seule environ 250 millions de dollars.

Etant donné que le marché de l'acheminement de fret par l'An-124-100 continue à progresser de 15 à 20 % par an, les transporteurs estiment que la demande de "Rouslan" durera au moins 15 à 20 ans.

Vedomosti

Coca-Cola recevra un quart du marché russe des jus de fruits

Un accord sur l'acquisition commune de la compagnie "Moulton", producteur principal de jus de fruits en Russie, est intervenu entre Coca-Cola Hellenic Bottling Company et Coca-Cola Company.

Coca-Cola a déjà reçu l'autorisation du Service fédéral antimonopole de conclure la transaction et attend l'approbation de la Commission européenne, dont un représentant a fait savoir que la décision serait prise avant le 22 avril. Avec "Moulton", le géant transnational détiendra un quart du marché russe des jus de fruits et sera le plus grand producteur de boissons non alcoolisées dans le pays.

La compagnie Coca-Cola est le plus grand producteur de boissons non alcoolisées: son chiffre d'affaires est d'environ 22 milliards de dollars. Elle détient 24 % des actions de la compagnie grecque Coca-Cola Hellenic Bottling Company (HBC), dont le chiffre d'affaires est de 5,7 milliards de dollars.

Le montant de la transaction et du paquet mis en vente n'est pas indiqué par les compagnies. Marat Ibraguimov, analyste de la compagnie financière "UralSib", évalue "Moulton" à 700 millions de dollars, son collègues Alexei Iazykov, de la compagnie d'investissement "Aton", à 500 millions de dollars, Alexandre Svinov (Alpha-Bank) estime que le montant de la transaction est de 600 à 650 millions de dollars. Mais une source informée affirme que les acheteurs ont payé "500 millions de dollars au maximum".

Selon l'évaluation de la compagnie "Business Analitika", le chiffre d'affaires du marché russe des jus de fruits dépasse 2 milliards de dollars et il progressera, dans deux prochaines années, de 5 à 10 %. En octobre 2004, "Moulton" occupait 25,6 % du marché des jus de fruits. D'après les données de "Moulton", en 2004, ses ventes se sont chiffrées à 336 millions de dollars.

Les analystes estiment que la compagnie PepsiCo est le prochain acheteur potentiel des actifs de jus de fruits en Russie. Selon eux, le groupe "Nidan" évalué à 350-400 millions de dollars est l'objet le plus probable de l'acquisition.

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