La revue de la presse russe du 30 mars

S'abonner
MOSCOU - RIA Novosti

Rossiiskaia gazeta

Askar Akaev : Des organisations étrangères se tiennent derrière les événements en Kirghizie

Le président kirghize se trouve actuellement dans les environs de Moscou, ainsi qu'il l'a déclaré dans une interview accordée en exclusivité au quotidien Rossiiskaïa gazeta.

Akaev estime que les derniers événements qui ont eu lieu dans son pays n'ont été rien d'autre qu'une prise de pouvoir anticonstitutionnelle. Ce n'est pas une "révolution de velours" parce que, premièrement, l'opposition kirghize n'est pas démocratique car elle s'est servie d'éléments criminels, de commandos formés dans le but de s'emparer du pouvoir et, deuxièmement, l'opposition ne se fixait pas pour objectif de changer le pouvoir par voie démocratique mais de le prendre de force.

Akaev se dit persuadé que ces événements sont le résultat de l'accélération forcée des processus démocratiques à laquelle ont poussé certaines organisations internationales.

Il a dit qu'il savait que le meeting de l'opposition fixé au 24 mars aboutirait à un assaut contre le siège du gouvernement. "Mais il me semblait que l'opposition se limiterait à organiser une attaque contre le siège du gouvernement, peut-être à nous prendre en otages, moi-même et mes proches collaborateurs, et c'est tout". C'est pourquoi dès le déclenchement des événements le président avait déclaré que les autorités ne feraient pas recours aux armes.

Cependant, de peur d'être éliminé physiquement, le président a décidé de quitter le pays. "Si du sang avait coulé, une guerre civile aurait éclaté et dégénéré en un conflit interrégional et international", affirme Askar Akaev.

Il estime que la démocratie en Kirghizie est aujourd'hui en péril parce que les actions de ceux qui se sont emparés du pouvoir de façon anticonstitutionnelle entrent en contradiction avec la loi. Il importe donc pour le pays de faire revenir le processus sur la voie constitutionnelle. C'est là l'issue de la situation, selon le président kirghize.

Il y a en Kirghizie des forces politiques avec lesquelles il est possible de négocier, c'est le nouveau parlement et son président. "C'est avec eux, que je suis prêt à mener des négociations, si des garanties de sécurité me sont offertes", a déclaré Askar Akaev.

Kommersant

Nous ne savions pas que les événements prendraient cette tournure, a dit le président intérimaire de la Kirghizie

La révolution kirghize est déjà la troisième dans la CEI (Communauté des Etats Indépendants) depuis un an et demi. Ses impulsions et ses résultats, ainsi que la situation politique dans le pays ont été exposés, dans une interview à RIA Novosti, par le leader de l'opposition d'hier Kourmanbek Bakiev, aujourd'hui premier ministre et président intérimaire de Kirghizie.

Selon lui, les forces politiques de l'opposition de la république n'ont reçu aucune aide de l'extérieur et, d'ailleurs, elles n'ont demandé à personne de l'apporter. "Je ne me suis rendu ni en Géorgie, ni en Ukraine pour profiter de leur expérience, a souligné le président intérimaire. Nous nous sommes préparés nous-mêmes".

La préparation avait pour objectif non pas la révolution, mais l'élection présidentielle de l'automne prochain. "Nous ne savions pas que les événements prendraient cette tournure", a-t-il dit.

Kourmanbek Bakiev estime qu'il est douteux que les événements kirghizes influent sur la situation politique en Asie centrale. La révolution s'est produite très rapidement et d'une façon inattendue. Elle avait à l'origine non seulement les causes économiques, le niveau de vie bas ou le haut niveau de corruption, ce qui est également propre aux pays voisins. "Nous n'avions pas l'intention de prendre d'assaut la Maison Blanche (siège du gouvernement), se souvient-il. Le tournant s'est produit à cause d'une provocation des autorités. Je ne pense pas qu'une situation analogue puisse avoir lieu chez nos voisins". Cependant, "le climat psychologique peut y changer".

Kourmanbek Bakiev a l'intention de se présenter à la prochaine élection présidentielle. "Il ne s'agit pas de mon désir personnel, mes électeurs l'exigent, a-t-il expliqué. Je ne peux pas reculer".

A la question sur les raisons pour lesquelles a été prise la décision de s'entendre avec le nouveau parlement kirghize (les résultats des élections législatives ont été âprement critiqués par l'opposition et ont été l'une des causes des troubles), le président intérimaire a déclaré: "J'ai étudié attentivement la composition de ce parlement. Il s'avère que, sur les 75 circonscriptions, seulement 22 ou 23 sont problématiques. Peut-on proclamer les élections non valides à cause de celles-ci?"

Kourmanbek Bakiev a déclaré que le repartage global de la propriété est peu probable après le changement de pouvoir en Kirghizie.

Novye izvestia

Vladislav Sourkov a modéré les appétits du parti "Russie unie"

Vladislav Sourkov, chef adjoint de l'administration présidentielle, s'est prononcé hier contre l'édification de la république parlementaire en Russie. "Cela conduira à l'effondrement du pays", a-t-il déclaré après la rencontre, à la Douma (chambre basse du parlement russe), avec les députés de "Russie unie", rappelle le quotidien Novye Izvestia.

Ce n'est pas un secret que c'est Vladislav Sourkov qui avait participé directement à la fondation du parti du pouvoir, à son entrée à la Douma et à la formation de la fraction de la majorité parlementaire. D'ailleurs, la situation privilégiée à la Douma s'est avérée insuffisante aux députés de "Russie unie", ils se sont mis à parler de la nécessité de former le gouvernement sur la base de la majorité parlementaire.

De l'avis des politologues, en se prononçant contre l'édification de la république parlementaire en Russie, Vladislav Sourkov a laissé entendre délicatement aux membres de "Russie unie" que leur rêve d'un gouvernement de la majorité parlementaire était difficile à réaliser.

Selon Mark Ournov, président de la Fondation "Expertise", la déclaration de Vladislav Sourkov témoigne que le Kremlin est mécontent de la politique appliquée par le parti de la majorité à la Douma. "Cependant, l'administration n'a pas encore l'intention de dissoudre le parti du pouvoir. Elle essaiera plutôt de le perfectionner et de le rendre encore plus fort sur le plan de l'influence administrative", a déclaré l'expert. A son avis, le discours de Vladislav Sourkov suggère que le président n'a pas de plans de modifier la Constitution "à son avantage", pour rester au pouvoir en assumant d'autres fonctions.

Cet avis est partagé par Youri Korgouniouk, chef du service de politologie de la Fondation "Indem". D'une part, il estime qu'il est absurde de modifier la Constitution et d'y prévoir la possibilité du troisième mandat présidentiel, car Vladimir Poutine a maintes fois assuré qu'il n'avait plus l'intention de se présenter à la présidence. D'autre part, il est insensé de dépenser des efforts immenses en vue de changer le modèle d'administration. Vladislav Sourkov comprend parfaitement que la verticale hiérarchique est bien plus efficace, c'est pourquoi un autre moyen de laisser Vladimir Poutine au pouvoir sera inventé.

Serguei Markov, directeur de l'Institut d'études politiques, a fait remarquer que le Kremlin n'avait pas encore de notion précise de la façon dont sera réglé le problème de la continuité du pouvoir, c'est pourquoi des variantes inattendues sont possibles.

Izvestia

Une décision de Viktor Iouchtchenko profitable aux exportations d'armes russes

Le président ukrainien, Viktor Iouchtchenko, a donné deux semaines au nouveau directeur de la compagnie publique Oukrspetsexport (principal fournisseur d'armes et de matériels de guerre ukrainiens sur le marché extérieur), Sergueï Bondartchouk, pour préparer une nouvelle stratégie de développement de la compagnie, annoncent les Izvestia.

De l'avis des spécialistes, le changement de direction à la tête d'Oukrspetsexport est une retombée du récent scandale concernant la livraison par l'Ukraine de 18 missiles de croisière X-55 à la Chine et à l'Iran, ce qui avait grossièrement enfreint plusieurs accords internationaux d'emblée.

"J'attends d'elle (de la compagnie) une nouvelle politique ambitieuse", a souligné Viktor Iouchtchenko en ajoutant que "la compagnie publique doit travailler les mains propres, dans la transparence".

En 2004, les exportations d'armes ukrainiennes ont enregistré un recul de 8-9 pour cent par rapport à l'année précédente. L'Ukraine dépend fortement tant des livraisons d'éléments en provenance de la Russie que des commandes russes. Près d'un tiers des revenus - 150 millions de dollars - provient de ces commandes ou des livraisons de co-produits russo-ukrainiens à des pays tiers.

Ainsi, Kiev livrait régulièrement des équipements et des armes pour les chasseurs russes vendus à l'Inde et à la Chine. Cependant, le complexe militaro-industriel russe tend de plus en plus à fabriquer des analogues dans ses propres entreprises.

Qui plus est, l'ancien directeur général de l'entreprise publique Rosvooroujenie, Alexandre Kotelkine, a indiqué que Kiev avait l'habitude de fournir des armes à des pays "à problèmes", auxquels les ventes d'armes sont soit interdites, soit limitées. De l'avis de cet expert, la "légalisation" de l'activité d'Oukrspetsexport obligera cette dernière à renoncer à ce genre de transactions ou à ne pas les réaliser au mépris de l'opinion de la communauté internationale.

Kiev cherche fébrilement à entrer à l'Union européenne et à l'OTAN, fait remarquer Vadim Koziouline, professeur de l'Académie des sciences militaires, et il est très probable que le document relatif à l'adhésion de l'Ukraine à l'OTAN sera l'arrêt de mort du complexe militaro-industriel ukrainien. Les entreprises militaires des pays d'Europe orientale ont déjà connu ce sort. Les usines les plus robustes quiréussiront à survivre seront autorisées à exporter leurs produits non plus par Kiev, mais par Bruxelles. Ce qui constituera une restriction substantielle.

Vremia novostei

Plus de la moitié des Russes soutiennent la nomination des chefs régionaux

L'idée d'abandonner l'élection des gouverneurs régionaux au suffrage direct trouve des partisans de plus en plus nombreux. Dmitri Polikanov, directeur des relations internationales et publiques du Centre d'étude de l'opinion publique (Vtsiom), a commenté, dans une interview au quotidien Vrémia novostéi, les résultats des derniers sondages.

D'après les données recueillies par le Vtsiom, si, au lendemain de la tragédie de Beslan, l'idée de la nomination des chefs régionaux par le président de la Fédération de Russie était soutenue par 38% de la population et 48% des sondés n'étaient pas enclins à l'accepter, la situation s'est inversée six mois après : 54% et 39% respectivement.

La nouvelle idée a trouvé des partisans dans tous les groupes socio-démographiques. Autant dire que la société a accepté les règles de jeu proposées par le chef de l'Etat.

De l'avis de la majorité des personnes interrogées, le président connaît mieux chaque membre de son équipe et a la possibilité de le contrôler en permanence et de le remplacer au besoin sans attendre l'expiration de son mandat.

La possibilité de destituer un chef d'entité fédérée ne bénéficiant plus de la confiance du président est approuvée par une majorité absolue. Seulement 6% des sondés considèrent cette pratique comme inadmissible.

D'autre part, la population n'est pas très optimiste quant à la possibilité d'une amélioration réelle de la situation dans les régions après l'adoption du principe de la nomination des gouverneurs. Peu de gens (28%) croient que la nouvelle procédure peut aider à combattre la corruption alors qu'un tiers environ des sondés doutent que la situation puisse changer.

La majorité des Russes tiennent beaucoup à leur droit d'élire directement les autorités locales : leur nomination par le président ou par le gouverneur est repoussée par 53% à 55% des sondés, malgré l'aspiration de certains chefs régionaux à se voir accorder ce pouvoir.

D'une façon générale, en dépit de tous les problèmes de ces derniers mois, la société n'a pas retiré sa confiance au sommet de la pyramide du pouvoir et compte toujours sur l'"œil présidentiel qui voit tout".

Kommersant

La Russie entend faire appel à l'aide étrangère pour mettre en valeur le plateau continental

Mardi le ministre des Ressources naturelles, Youri Troutniev, a déclaré que son département envisageait la création d'une compagnie pétrolière nationale pour la mise en valeur des gisements situés sur le plateau continental russe et qu'il solliciterait la participation de sociétés étrangères, écrit Kommersant.

Au premier abord, l'idée d'accepter la présence d'étrangers sur les gisements du plateau continental russe est en contradiction avec le projet rendu public précédemment par Youri Troutniev et prévoyant de restreindre l'accès aux gisements d'hydrocarbures stratégiques des étrangers ainsi que des compagnies russes gérées en offshore. (Le ministre avait tenu ces propos au mois de février dernier).

Cependant, mardi il a précisé qu'en ce qui concerne le plateau continental sa position était différente. En effet, le coût de l'extraction y est beaucoup plus élevé: en Russie le forage d'un puits sur le plateau continental revient à 100 millions de dollars et à 25-30 millions sur la terre ferme.

Par ailleurs, Youri Troutniev a carrément déclaré que Gazprom ne s'en sortait pas avec le plateau continental.

C'est au cours d'une réunion du bureau du ministère des Ressources naturelles que le directeur de l'entreprise publique Okeangueloguia, Valeri Kamenski, a proposé de constituer une compagnie pétrolière nationale. Selon lui, la mise en valeur du plateau continental russe est trop lente:neuf puits seulement ont été forés en dix ans. Le plateau continental ne fournit que 0,25 pour cent du brut extrait dans le pays.

Des compagnies étrangères auraient la possibilité d'accéder à ces gisements en prenant part à la compagnie pétrolière nationale, à condition bien entendu qu'elle soit créée (l'Etat devrait y détenir le paquet d'actions de blocage). Elles pourraient aussi y parvenir par le biais d'un consortium de sociétés russes et étrangères.

En attendant, les compagnies étrangères ne manifestent pas un intérêt particulier pour le plateau continental russe. "Il serait prématuré d'avancer des chiffres concrets quant à d'éventuels investissements dans la compagnie pétrolière nationale", a déclaré mardi le directeur adjoint de la compagnie ExxonMobil pour la Russie, Glenn Waller (cette compagnie est opératrice du projet Sakhaline-1).

Fil d’actu
0
Pour participer aux discussions, identifiez-vous ou créez-vous un compte
loader
Chat
Заголовок открываемого материала