"On ne pourrait certes pas s'y passer des investissements privés", a estimé le chef de l'Etat, en intervenant, ce mercredi, au cours d'une réunion conjointe du Bureau du Conseil d'Etat et du Conseil pour la Culture et les Arts.
"On compte aujourd'hui plus de 80 000 monuments d'histoire et de culture devant être protégés par l'Etat, alors que seulement 35% d'entre eux sont en bon état ou, du moins, dans un état satisfaisant", a continué le Président. Vladimir Poutine a constaté que de telles conclusions déplorables avaient été faites par ce groupe de travail qui avait préparé la réunion d'aujourd'hui.
Et d'ajouter: "La principale cause d'un tel état des choses, c'est sans doute l'absence d'un maître diligent dans la plupart des cas, personne concrète qui réponde du bon entretien de ces monuments", est l'avis du chef de l'Etat.
Qui plus est, a repris Vladimir Poutine, la situation dans cette sphère s'est même considérablement aggravée depuis ces derniers temps.
"C'est qu'aujourd'hui, les monuments de portée fédérale ne sont pas financés, comme il se doit, à partir du budget fédéral, alors que les régions ne sont, malheureusement, plus en droit, selon la loi, d'investir leurs propres fonds dans leur conservation", a noté le chef de l'Etat.
Pour sa part, le gouverneur de la région de Kostroma, Viktor Cherchounov, s'est prononcé pour que la responsabilité pour la destruction des monuments culturels soit durcie.
"Tous ceux qui, dans le cadre de leurs activités, détruisent les monuments doivent se rendre bien compte qu'une punition tout aussi sévère qu'inéluctable les frappera avant que le monument lui-même ne se détruise", a souligné Viktor Cherchounov.
Cela dit, le gouverneur de la région de Kostroma a proposé de classer les monuments selon le niveau de propriété. Et de préciser qu'il entendait pas là le fait que pas un seul Etat au monde n'avait pas à la charge de son budget autant de monuments qu'en Russie.
A cette occasion, Viktor Cherchounov est intervenu en faveur de la mobilisation des investissements privés et publics à la sauvegarde et à l'entretien des monuments.
Selon le gouverneur de la région de Kostroma, il faut classer comme propriété fédérale seulement ces monuments qui ont une grande valeur historique ou culturelle, ainsi qu'une importante signification urbanistique.
Viktor Cherchounov s'est aussi prononcé pour l'adoption d'un document spécial sur l'unique registre des monuments culturels.
"Il y avait auparavant, a rappelé le gouverneur, des contrats de garantie, documents en vertu desquels l'organisation qui se sert du monument se trouve dans l'obligation absolue de veiller à son intégrité et à son bon état". A présent, cependant, a-t-il déploré, on ne fait que délivrer le passeport d'un ouvrage, ce qui n'implique même pas la garantie de sa conservation.
Le gouverneur de la région de Kostroma a également proposé de débloquer des subventions d'Etat à tous ceux qui mènent des activités énergiques et persévérantes pour maintenir en bon état les monuments relevant du patrimoine culturel de la Russie.