La transformation du Centre russe de formation des cosmonautes, qui porte le nom de Gagarine, en structure civile est "inadmissible", a déclaré vendredi le cosmonaute soviétique Alexeï Leonov, qui a effectué la première sortie dans l'espace de l'histoire de l'humanité.
"Dans notre pays, une révolution ne suffit pas, il en faut au moins deux pour que le peuple comprenne que la révolution est pire que la guerre", a déclaré Alexei Leonov lors d'une conférence de presse consacrée au 40e anniversaire de son vol à bord du vaisseau "Vostok-2".
Selon le cosmonaute, le Centre est actuellement financé à 50% par le ministère russe de la Défense et à 50% par Roskosmos (Agence spatiale russe). "Il faut laisser intact ce Centre historique, autrement, on pourrait perdre un collectif unique en son genre ainsi que les équipements du Centre", estime Alexei Leonov.
Selon lui, les composantes civile et militaire du Centre constituent un tout. "Nous avons mis en oeuvre des programmes purement militaires, par exemple, la station "Almaz", et les programmes civils (la station spatiale "Mir" et l'ISS), mais il ne convient pas d'en séparer les éléments militaire et civil, car ils s'acquittent d'une même mission nationale", a déclaré M.Leonov.
Le Centre de formation des cosmonautes dispose actuellement d'un parc d'avions unique en son genre. En cas de sa transformation en structure civile, ces avions appartiendront aux forces aériennes. "Nous disposons, pour les entraînements, d'un Tupolev Tu-154 spécial doté d'immenses hublots en quartz, de trois Iliouchine Il-76K pour subir les effets de l'apesanteur: ces avions n'ont pas d'équivalent au monde", a dit M.Leonov.
90 cosmonautes doivent être formés au Centre Gagarine d'ici 2009, conformément à l'instruction du premier ministre russe Mikhail Fradkov. "Qui pourrons-nous former, lorsque cette restructuration aura lieu et que nous serons contraints de licencier des spécialistes précieux?", se demande M.Leonov. "Et si cette mesure est inévitable, alors procédez par étapes", a-t-il ajouté.
