Intervenant ce vendredi à la Douma au sujet du rapport sur l'exécution du budget 2003, il a rappelé que la chute du pétrole de 7 à 8 dollars le baril en 1998 avait "provoqué une crise, une dévaluation de la monnaie nationale, mis le pays en état d'insolvabilité et réduit de deux fois le pouvoir d'achat de la population en l'espace d'une année".
Ainsi, pour notre pays les oscillations des cours du pétrole sont moins un problème technique que politique, celui de la "dégradation du niveau de vie de la population", a constaté le ministre.
"Le prix du pétrole est chez nous un facteur substantiel, c'est pourquoi il nous importe grandement d'avoir un fonds de stabilisation assurant notre pays contre ce genre de risque", a souligné Alexéi Koudrine.
"Nous ne pouvons pas l'utiliser à l'intérieur du pays pour ne pas éperonner l'inflation parce que toute dépense de telles ressources ayant un caractère inflationniste se répercutera sur les salaires et les pensons", a souligné le financier.
Il estime en même temps qu'un remboursement anticipé de la dette extérieure avec le Fonds de stabilisation permettra d'économiser sur le service de la dette.
Le ministre a rappelé qu'en 2005 le pays devrait éteindre 17 milliards de dollars dont 10 milliards de capital et 7 milliards d'intérêts. On voit que les intérêts se montent à la même somme que l'enveloppe budgétaire de l'enseignement supérieur et de la culture pris ensemble, a-t-il indiqué.
"Un simple calcul arithmétique montre que nous devons éteindre le plus vite nos dettes et économiser ainsi des fonds qui pourraient être affectés notamment à la santé publique et à l'enseignement", a déclaré le ministre.
Le remboursement anticipé des dettes extérieures à hauteur de 15 milliards de dollars économiserait 1 milliard de dollars d'intérêts, a-t-il affirmé.
Alexéi Koudrine a annoncé aussi qu'en 2003 les budgets des entités fédérées du pays avaient augmenté de 20% à 25% en moyenne en dépit de la centralisation des impôts et de leur abrogation partielle.
"En 2003 les budgets des membres de la Fédération se sont accrus d'un quart, en prenant de vitesse l'inflation", a dit Alexéi Koudrine.