Revue de la presse russe du 18 mars

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MOSCOU - RIA Novosti

Rousski kourier

Poutine a-t-il trouvé un successeur ?

Le chef de l'administration du président russe, Dmitri Medvedev, sera renvoyé tout prochainement, annonce Rousski Kourier, se référant à des sources informées. Le principal candidat à ce poste est le gouverneur du territoire de Krasnodar, Alexandre Tkatchev, inspirateur de la conquête ratée de l'île ukrainienne de Touzla (il a lancé la construction d'une digue allant de la côte russe à cette île litigieuse du détroit de Kertch). D'aucuns pensent que Tkatchev peut aussi devenir candidat pour succéder au président Vladimir Poutine.

Les bruits sur la personne qu'on désignera responsable de l'avortement de la politique du Kremlin aux élections présidentielles en Ukraine courent depuis longtemps à Moscou. Poutine n'a pas pu pardonner l'échec de l'"opération ukrainienne" dont était chargé l'entourage le plus proche du leader russe, en premier lieu le chef de l'administration, Dmitri Medvedev.

Poutine et Medvedev avaient été assistants d'Anatoli Sobtchak, légendaire gouverneur de Saint-Pétersbourg. Ainsi, en congédiant Medvedev, Poutine renoncera à un vieux camarade qui, affirme-t-on, a le droit d'entrer chez lui "en frappant de façon convenue à la porte". D'ailleurs Medvedev ne restera pas sans travail. Il est président du Conseil des directeurs du géant gazier russe Gazprom.

Cependant Poutine observe depuis longtemps et trouve sympathique le jeune gouverneur de Krasnodar qui dirige une richissime région. De surcroît, ce territoire met par tradition à la disposition de Moscou des fonctionnaires de haut rang.

Tkatchev est en premier chef patriote. Nul autre en Russie ne respecte comme lui le régime d'enregistrement des migrants qui viennent d'autres villes ou d'autres pays.

Comme Poutine (il l'affirme lui-même) n'a pas l'intention de briguer un troisième mandat présidentiel, il est fort possible que Tkatchev puisse se porter candidat à la présidence en 2008. De toute façon il peut faire concurrence à tous les jeunes leaders de l'establishment politique russe.

Vremia novostei

La réforme de la CEI suscite beaucoup de questions

La réunion du Conseil des ministres des Affaires étrangères des pays de la CEI (Communauté des Etats indépendants) examinera, aujourd'hui à Minsk, la réforme de la Communauté. Les ministres se pencheront sur la proposition du président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, de réduire l'appareil administratif de la CEI afin de le rendre plus efficace, indique le quotidien Vremia novosteï.

Astana a aussi proposé de supprimer plusieurs structures de la CEI et de fonder un Conseil de sécurité composé de dirigeants des principaux ministères des pays membres de la Communauté. Le Kazakhstan prévoit notamment de supprimer l'Etat-major de coordination de la coopération militaire (ECCM) de la CEI. La coopération militaire devrait alors s'effectuer dans le cadre de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC).

Moscou a déjà préparé un document sur la réforme de la CEI exprimant la position concertée des Etats membres de la Communauté à l'égard des propositions kazakhes. Cependant, selon des sources diplomatiques de certains pays de la CEI, les initiatives d'Astana seraient déjà caduques.

Les propositions kazakhes sont fortement critiquées car elles ne donnent pas de réponse à la question de savoir ce que doit représenter la CEI et si elle est aujourd'hui autre chose qu'un club de discussions.

En ce qui concerne la proposition de supprimer l'ECCM en incluant ses structures dans l'OTSC, qui ne regroupe que six Etats (Russie, Biélorussie, Kazakhstan, Arménie, Kirghizistan et Tadjikistan), les pays ne faisant pas partie de l'OTSC s'interrogent sur la façon dont fonctionnera alors le système commun de défense antiaérienne, l'unique structure militaire qui existe dans le cadre de l'ECCM.

Toutefois, le politologue biélorusse Iouri Drakokhroust estime que la peur du "danger orange" est capable de renforcer la solidarité des dirigeants des pays de la CEI.

Le politologue russe Stanislav Belkovski estime que Moscou a aujourd'hui besoin de faire trois choses : constater la mort de la CEI et refuser de réanimer ce cadavre politique. Initier la dissolution formelle de la CEI. Formuler la conception d'une nouvelle union post-soviétique pour la proposer à tous ceux qui le désirent.

Izvestia

Il n'y aura pas de réforme radicale de Gazprom

Le Kremlin a annoncé, pour la première fois depuis ces dernières semaines, sa position envers la réforme de Gazprom et sa fusion avec Rosneft. "Il n'y aura pas de réforme globale", déclarait hier l'assistant du chef de l'Etat, Igor Chouvalov, en prenant la défense du monopole gazier. L'espoir de l'aile libérale du gouvernement qui voudrait restructurer le holding ne se réalise pas. Du moins en ce qui concerne le partage des activités entre le monopole et ses concurrents : la production, le transport et la commercialisation de gaz, écrit le quotidien Izvestia.

Cette réforme fait l'objet de discussions qui durent depuis des années. Le gouvernement n'a toujours pas de plan de restructuration du marché russe du gaz. La notion même de réforme devient de plus en plus étriquée. Il y a quelques années, le ministère du Développement économique et du Commerce parlait d'une restructuration globale du marché du gaz à l'instar de RAO EES ROSSI dont les activités étaient partagées entre le monopole électrique et ses concurrents. Aujourd'hui il s'agit seulement de la réduction des frais, de la transparence et de l'assainissement financier. Au début, il était proposé de séparer de Gazprom tout le réseau de transport pour en faire une société distincte et autonome. De l'avis du ministre du Développement économique et du Commerce, cela favoriserait la concurrence sur le marché intérieur où le consommateur pourrait choisir le produit de Gazprom ou des producteurs indépendants.

Chouvalov n'est pas de cet avis. Il a confirmé que les canalisations resteraient intégrées dans le holding qui gardera son monopole des exportations. L'assistance du chef de l'Etat estime qu'il est nécessaire d'accorder sans discrimination aux producteurs indépendants l'accès du réseau de transport du gaz. Gazprom n'a pas d'objection mais insiste sur la libéralisation, au moins partielle, des prix du gaz sur le marché intérieur. Ils sont actuellement réglementés par la Commission énergétique fédérale. Mais le dernier plan rectifié de réforme du marché du gaz propose justement de créer ce qu'on appelle le marché libre pilote d'une capacité de 5 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Vedomosti

IOUKOS n'est plus autorisé à livrer du pétrole à la Lituanie

Jusqu'à ces derniers temps, IOUKOS était le principal fournisseur de pétrole de la raffinerie de Mazeikiai (groupe lituanien "Mazeikiu Nafta" contrôlé par IOUKOS et le gouvernement lituanien qui détiennent, respectivement, 53,7 % et 40,66 % des actions). La compagnie russe fournissait à l'usine au moins 4,8 millions de tonnes de pétrole par an. A présent, la compagnie pourrait perdre cette possibilité. IOUKOS ne figure plus dans le calendrier des livraisons du deuxième trimestre, fait savoir le quotidien Vedomosti.

D'après les données de l'Agence "Argus Media", sa place est occupée pratiquement par toutes les grandes compagnies: "LUKOIL", "Rosneft", TNK-BP, "Sibneft", "Slavneft", "Sourgoutneftegaz" et Tatneft" qui doivent livrer, au total, 1,8 million de tonnes de pétrole.

IOUKOS a acheté les actions de "Mazeikiu Nafta" en 2001 à la compagnie américaine "Williams" et est devenue successeur de cette compagnie dans le traité d'investissement conclu avec le gouvernement lituanien. Conformément à ce document, l'investisseur a le droit à deux options de rachat des paquets d'actions supplémentaires de la compagnie lituanienne. La première, qui concerne le droit d'acquérir les actions nouvellement émises constituant 9,7 % du capital social pour 75 millions de dollars, a expiré le 29 octobre. La seconde option prévoit le rachat de 11,5 % des actions de "Mazeikiu Nafta" détenues par le gouvernement lituanien. Elle expirera le 29 octobre 2006.

En cas de mise en œuvre des deux options, la part de IOUKOS dans le consortium lituanien atteindra 74,93 %. Mais, en raison de sa situation financière désastreuse, IOUKOS n'a pu mettre oeuvre la première option et le gouvernement a refusé tout ajournement.

Une source proche de IOUKOS est certaine que l'éviction du groupe est une manoeuvre des autorités russes: "Elles veulent nous évincer de ce pays, pour que le consortium lituanien revienne à une autre compagnie russe".

De l'avis de Lev Snykov, analyste de la société d'investissement "Sovlink", certaines compagnies essaient de contraindre IOUKOS à vendre l'usine. "Il peut s'agir aussi bien de "Rosneft" en la personne de l'Etat que d'une autre grande compagnie, par exemple, "LUKOIL" et "Sourgoutneftegaz", suppose l'analyste.

Serguei Grigoriev, vice-président de la compagnie "Transneft" (qui détient le monopole du transport de pétrole russe par les grands oléoducs), n'a pas expliqué la cause de l'exclusion de IOUKOS du nombre des fournisseurs de "Mazeikiu Nafta".

Novye izvestia

Fonder un parti en Russie revient à pas moins de 2 millions de dollars

Près de 150.000 associations dont 44 partis politiques ont été enregistrés par le ministère de la Justice et ses organismes territoriaux. Ces chiffres ont été cités cette semaine par le ministre russe de la Justice, Youri Tchaïka, annoncent les Novye Izvestia.

De l'avis des experts, l'année prochaine, quand entrera en vigueur la nouvelle loi sur les effectifs des partis politiques, exigeant l'existence d'au moins 50.000 adhérents, seules les poids-lourds politiques conserveront une chance de survivre. La réduction prochaine du nombre de partis incite les politiques restés sans formation à rechercher fébrilement un point de chute.

Deux solutions s'offrent aux personnalités politiques souhaitant fonder leur propre parti. La première, la plus simple, consiste à en acheter un "clé en main". La deuxième solution, c'est de bâtir un parti à partir de rien.

Cependant, les technologues politiques pensent que dans le contexte actuel le projet politique le plus modeste réclame un investissement de deux à trois millions de dollars au bas mot.

La création d'un parti politique suppose aussi le franchissement de ces obstacles subjectifs que sont les bureaucrates. Selon le directeur du groupe analytique "Merkator", Dmitri Orechkine, les bureaucrates se guident sur les indications du pouvoir selon lesquelles les partis sont inutiles. C'est la raison pour laquelle pour gagner leurs faveurs les dirigeants politiques doivent prendre contact avec de hauts fonctionnaires du Kremlin, leur verser des sommes substantielles en échange de la promesse au moins de ne pas gêner.

Le directeur général adjoint du Centre des technologies politiques, Alexeï Makarkine, estime qu'un risque certain est lié au positionnement du nouveau parti. "S'il est envisagé en tant que parti centriste, alors mieux vaut ne pas entrer en conflit avec le pouvoir car cela pourrait coûter pas mal d'argent et le statut, pense l'expert. S'il s'agit d'un parti idéologique opposé au président, alors la meilleure solution est de ne rien entreprendre".

Les conditions extrêmes de la survie et de la création de nouveaux partis ont même donné le jour à un type nouveau de business. Désormais il n'est pas rare que les partis soient fondés par des agences spécialisées.

Kommersant

Elaboration de la conception du passeport biométrique

Jeudi le gouvernement russe a diffusé sur son site officiel la conception de l'élaboration des passeports dans lesquels on introduira des informations biométriques concernant leurs titulaires: photo numérique ou empreintes digitales. Le président Poutine a donné des instructions pour que le passeport biométrique test voit le jour le 1-er janvier 2006, annonce le quotidien Kommersant.

"Nous ne devons pas accepter une discrimination de nos ressortissants soumis au contrôle des passeports à l'étranger (la Commission internationale du G8 s'est déjà engagée à unifier les cartes d'identité nationales en utilisant des indices biométriques communs pour tous)", a indiqué l'assistant du président, Viktor Ivanov, pour expliquer la nécessité d'élaborer au plus vite les passeports russes de nouvelle génération. D'autre part, on lit dans l'ordonnance présidentielle que les nouveaux passeports sont indispensables pour rendre plus efficace la lutte contre le terrorisme et l'immigration illégale.

Le Département des passeports et des visas (PVU) près le ministère de l'Intérieur a annoncé que le concours concernant les projets techniques du nouveau système de documentation serait lancé au début du mois de mai. Un représentant du PVU a indiqué que la liste des indices biométriques insérés dans les passeports russes serait limitée aux empreintes digitales et à la photo numérique ou scanée du visage.

Jusqu'ici les Russes pouvaient obtenir un passeport au service approprié de leur lieu de résidence. L'obtention d'un passeport biométrique sera désormais plus compliquée. En plus des formulaires habituels il faudra aussi relever les indices biométriques qui seront transmis à un service central de personnalisation où l'information électronique sera introduite dans la puce du passeport.

Selon les experts, le prix du nouveau passeport sera de 70 dollars environ. Seulement d'ici là il faudra encore amender les lois russes sur les pièces d'identité

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