Le gouvernement fédéral et les autorités régionales n'arrivent toujours pas à créer des conditions propices au bon développement des petites et moyennes entreprises, a notamment déclaré le chef de l'Etat, en intervenant ce lundi au cours de sa réunion avec les membres du gouvernement.
"Je ne parle pas maintenant des impôts car quelque chose y bouge effectivement, et nous le savons bien. Pourtant, il est pratiquement impossible de faire enregistrer une entreprise. On dirait que l'on se moque tout bonnement des gens et du bon sens général. Ceux qui arrivent quand même à commencer leur business méritent sans doute une médaille du courage personnel", a fait remarquer avec sarcasme Vladimir Poutine.
Cela dit, le Président a constaté que la solution de bien des problèmes avait été soumise aux régions et municipalités. "Nous devons avec nos collègues dans les sujets de la Fédération en élaborer enfin une solution-cadre. Sinon on ne verra jamais la fin de cette bacchanale", a estimé Vladimir Poutine.
Quoi qu'il en soit, on espère bien au ministère du Développement économique et du Commerce (MDEC) que la nouvelle loi sur les commandes publiques permettra finalement aussi aux PME d'accéder à la commande d'Etat.
"Dans le système des commandes publiques, un rôle clé doit être réservé aux petites et moyennes entreprises, car les PME sont en fait la locomotive de l'économie et la principale source de sa croissance", a déclaré à RIA-Novosti Kirill Androssov, directeur de Département au MDEC. Il prend part au forum-exposition "Goszakaz-2005" ("Commande publique-2005").
"Plus les procédures liées aux achats publics de marchandises et de services seront transparents, plus la voie y sera facile pour les petites et moyennes entreprises", est persuadé Kirill Androssov.
Le fonctionnaire du ministère du Développement économique et du Commerce a noté qu'à l'exposition "Goszakaz-2005", étaient assez largement représentées ces PME qui avaient reçu la possibilité de traiter en direct avec le client, c'est-à-dire avec l'Etat, et les essentielles structures distribuant les fonds budgétaires.
Prennent part au forum-exposition "Goszakaz-2005" les départements des gouvernements des villes de Moscou et de Saint-Pétersbourg qui s'occupent justement des achats publics.
Sur l'Internet, il y a des portaux informant sur des achats publics de ces deux plus grandes villes de Russie où les petites et moyennes entreprises peuvent recevoir gratuitement tout le renseignement sur les appels d'offres et y envoyer leurs demandes de participation.
En 2004, à Moscou, sur les 400 milliards de roubles (un dollar US équivaut à 27,46 roubles) des fonds budgétaires, plus de 130 milliards de roubles ont été placés aux appels d'offres, ce qui a permis finalement d'économiser 7 milliards de roubles au budget de la capitale.
En 2005, il est prévu de porter le volume des achats publics à l'issue d'appels d'offres jusqu'à 160 milliards de roubles.
A Saint-Pétersbourg, les appels d'offres ne constituent que 27% des achats publics. Néanmoins, grâce aux procédures d'appel d'offres, le budget municipal a économisé en 2004 plus de 2 milliards de roubles.
Kirill Androssov a signalé que le ministère du Développement économique et du Commerce intervenait pour une plus large implication des petites et moyennes entreprises dans les commandes publiques des monopoles naturels.
"A l'heure actuelle, nous essayons de persuader nos monopoles naturels, et plus précisément "Gazprom", RAO "EES Rossii" (Electricité de Russie) et "RZD" ("Chemins de fer de Russie"), de faire des préférences pour les petites et moyennes entreprises quand il s'agit notamment de placer des commandes publiques", a indiqué le représentant du ministère du Développement économique et du Commerce de la Fédération de Russie.