Quatre personnes, dont un Russe, arrêtés dans une affaire de blanchiment d'argent

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MADRID, 14 mars. De notre correspondant Juan Kobo. Après une série d'auditions le juge Miguel Torres Segura, du tribunal de la ville espagnole de Marbella, a placé en garde à vue quatre des 41 personnes interpellées dans le cadre d'une affaire de blanchiment d'argent. Parmi ces quatre personnes il y a un ressortissant russe et une Ukrainienne détentrice d'un passeport espagnol, a annoncé l'agence EFE.

Les noms de ces quatre personnes n'ont pas été révélés ni la nationalité des deux autres.

Les autres interpellés, parmi lesquels des avocats et des notaires espagnols ainsi que des employés du cabinet d'avocats "Del Valle Abogados", où l'argent était blanchi, ont été remis en liberté sous caution.

Dimanche le journal El Pais a annoncé que les policiers enquêtant sur cette affaire estimaient que le préjudice causé par le blanchiment d'argent à Marbella porterait non pas sur 250 millions d'euros, contrairement à ce qui avait été annoncé précédemment, mais sur une somme dix fois plus importante. Le procureur de Marbella chargé de la lutte antimafia a déclaré que "le pire n'est pas encore connu".

Il s'agit du plus important réseau de blanchiment d'argent démantelé en Europe, estime-t-on à Marbella. Les actions des polices de plusieurs pays sont coordonnées par Europol et Interpol.

Selon les médias espagnols, la compagnie pétrolière russe IOUKOS serait impliquée dans l'affaire.

L'agence espagnole EFE se référant à des services judiciaires ne relevant pas du secret de l'instruction a déclaré que IOUKOS avait transféré de l'argent aux Pays-Bas qui de là avait été adressé au cabinet d'avocats Del Valle Abogados.

L'attaché de presse de la compagnie IOUKOS, Alexandre Chadrine, a démenti cette information dans une interview accordée dimanche à la radio CadenaSER.

"La compagnie Ioukos ignore tout de cette affaire de blanchiment d'argent en cours d'instruction à Marbella, elle n'est concernée en rien", a déclaré Alexandre Chadrine en confirmant que "la compagnie n'a jamais fait d'affaires en Espagne" et que toutes ses transactions internationales étaient "tout à fait légales".

L'attaché de presse s'est dit consterné par le fait que cette question ait été soulevée en Espagne, un pays avec lequel IOUKOS n'a jamais été en contact d'affaires. Pour le moment IOUKOS est la seule compagnie dont le nom est cité dans cette affaire.

Selon l'agence Servimedia, le gros de l'argent blanchi servait à acquérir des biens immobiliers. Dans le cadre de l'instruction la justice a ordonné la saisie de 251 villas et cottages, de 42 automobiles haut de gamme, d'un yacht et de deux avions privés.

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