Si la Chine recourt à la force, la majorité des Taïwanais se soumettront au nouveau pouvoir

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HONG-KONG, 14 mars - de notre correspondant Marc Zavadski. Si la Chine décide de lancer une opération violente à l'encontre de Taïwan, la majorité des habitants de l'île se soumettront au nouveau pouvoir chinois. Cet avis a été émis, dans une interview à RIA Novosti, par Lung Yintai, célèbre femme de lettres et personnalité publique de Taïwan.

"Certes, de nombreux Taïwanais quitteront l'île, mais en ce qui concerne ceux qui y resteront, il est peu probable qu'ils résistent longtemps au nouveau pouvoir", a-t-elle déclaré.

Le parlement chinois a approuvé lundi la loi sur l'interdiction de la désintégration de l'Etat, selon laquelle la Chine a le droit de lancer une action militaire, si Taïwan proclame formellement son indépendance.

"Lorsque les Japonais s'étaient emparés de Taïwan à la fin du 19e siècle, sa capitale Taipei était restée presque intacte, car un de ses habitants avait laissé entrer les envahisseurs afin d'éviter la destruction de la ville", raconte Lun Yintai.

"Les insurrections contre les autorités japonaises avaient duré cinq ans, ensuite il n'y en avait plus. J'estime que la même attitude sera adoptée à l'égard des autorités chinoises", a-t-elle souligné.

"A mon avis, il est inimaginable que la Chine se heurte à Taïwan aux actes auxquels ont affaire aujourd'hui les Américains en Irak", a dit Lung Yintai.

En même temps, Lung Yintai a invité à ne pas exagérer l'importance de la loi sur l'interdiction de la désintégration du pays. "Cette loi doit être placée dans le contexte de la tendance générale, car, depuis 1980, la Chine a adopté plus de 4 000 actes législatifs", a-t-elle fait remarquer.

"Les autorités chinoises essaient de rendre leur pays conforme aux impératifs du temps, dont l'un est de créer une puissante base législative à tout hasard", a souligné Lung Yintai.

"L'adoption de cette loi ne signifie nullement que la Chine va employer immédiatement la force à l'encontre de Taïwan, tout simplement, la Chine juge important de créer une base juridique pour n'importe quelle variante d'évolution de la situation", a dit Lung Yintai.

Selon elle, la majeure partie des habitants de Taïwan ne sont pas prêts à renoncer une fois pour toutes à la réunion éventuelle avec la Chine.

Si vous demandez aux Taïwanais s'ils veulent s'unir à la Chine dès aujourd'hui, je pense que les avis favorables constitueront 2 % à 3 % au maximum", a-t-elle dit.

"Mais, si vous posez la question autrement: voulez-vous renoncer à tout jamais à la réunification éventuelle, même si des changements démocratiques se produisent en Chine, je pense que 30 % des Taïwanais tout au plus partagent cette position", a-t-elle souligné.

Selon Lung Yintai, la majorité des Taïwanais sont rattachés à la Chine du point de vue culturel et émotionnel.

"Ces gens ne veulent certainement pas s'unir immédiatement à la Chine communiste, mais, en même temps, ils disent: "laissons la porte entrouverte à la Chine", affirme-t-elle.

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