Itogui
Rapports russo-américains: la balle dans le camp du Kremlin?
Après la rencontre des présidents russe et américain à Bratislava les experts proposent plusieurs scénarios d'évolution des relations bilatérales. Selon certains représentants de l'administration du Kremlin la version idéale pour la Russie serait celle qui verrait Washington reconnaître l'existence de désaccords sur plusieurs questions mais qui ne constituent pas des obstacles insurmontables pour le dialogue, écrit l'hebdomadaire Itogui.
En tout cas dans la capitale russe ils sont peu nombreux ceux qui croient en un retour à la "lune de miel" qui avait débuté dans les relations russo-américaines au lendemain des événements du 11 septembre 2001. Et aussi à Washington aussi d'ailleurs.
Et puisqu'il en est ainsi, la question de savoir qui a le plus besoin de l'autre entre les Etats-Unis et la Russie figure à l'ordre du jour.
Il y a huit ou dix ans la réponse aurait été à coup sûr: la Russie a le plus besoin des Etats-Unis. Mais aujourd'hui la situation se présente autrement. Economiquement parlant, Moscou n'est plus aussi vulnérable. Qui plus est, le ministère russe des Finances est disposé à rembourser avant terme la plus grande partie de la dette extérieure russe.
Sur le plan géopolitique Moscou peut favoriser ou, au contraire, gêner la réalisation de plusieurs "projets" américains relevant de la politique étrangère, en particulier dans le domaine de la non-prolifération des armes de destruction de masse, de la lutte contre le terrorisme et de la sécurité énergétique. D'autre part, l'Amérique est confrontée à de nombreux problèmes en Irak, un pays qui lui sera malaisé de quitter. Une situation complexe s'est fait jour en Iran et en Corée du Nord. Ici aussi Washington devra solliciter l'assistance de Moscou.
Par conséquent, la balle semble désormais se trouver dans le camp du Kremlin. La tonalité du dialogue américano-russe au cours des trois années à venir va dépendre de l'aptitude de Moscou à bâtir des relations, de son désir ou non de prendre en compte les intérêts de Washington et de sa capacité à faire des contre-propositions au bon moment et là où il convient.
Vedomosti
Le marché des valeurs russes dans l'attente d'une hausse
Les valeurs mobilières russes qui ont déplu aux investisseurs étrangers à la fin de l'année dernière se mettent à se rattraper. L'indice RTS s'est accru de 12,4% en février et de plus de 16% depuis le début de l'année.
Les investisseurs ont retrouvé leur moral à la faveur des nouvelles positives qui n'ont cessé d'affluer au cours de ces deux derniers mois, soulignent les analystes qui évoquent notamment la consolidation de TNK-BP et l'attribution par Standard & Poor's d'une note d'investissement à la Russie.
Le marché est également puissamment soutenu par les cours élevés des matières premières. En effet, le pétrole est à l'approche des 50 dollars le baril et le cuivre a atteint un niveau record de ces seize dernières années : 3 275 dollars la tonne.
L'agence Fitch Ratings a fait remarquer que le refus du tribunal de Houston d'examiner la demande de Ioukos de le mettre en faillite réduira les risques pour les créanciers étrangers des sociétés pétrogazières russes.
Cependant, malgré une hausse sensible des cotes, les titres russes accusent un retard sur les valeurs des compagnies analogues négociées sur les marchés en développement. L'indice RTS suit à une distance respectable (plus de 15%) l'indice MSCI. Il n'arrive pas encore à rattraper l'indice des plus grandes compagnies pétrolières du monde OIX qui a progressé de 20% grâce au prix élevé du pétrole. Cela peut être le résultat de la suspicion excessive des investisseurs qui craignent toujours les risques politiques.
Ce pessimisme est cependant passager, affirment les experts, car les risques politiques diminuent et le potentiel des valeurs russes reste assez considérable. Le facteur le plus important pour les investisseurs - l'affaire Ioukos - semble toujours un cas isolé tandis que l'enquête sur les dettes fiscales de VympelKom, de TNK-BP, de Sibneft... n'aura probablement qu'un très peu d'effet sur ces sociétés et sur le marché dans son ensemble.
Les analystes constatent le retour en Russie des fonds qui investissent dans les marchés en développement. En l'absence de nouvelles politiques négatives, ils seront suivis des investisseurs globaux et la Russie rattrapera les autres marchés.
Nezavissimaia gazeta
"Tomskneft" suivra "Youganskneftegaz"?
Comme on l'a appris hier, une action en justice a été engagée contre Serguei Chimkevitch, directeur général de "Tomskneft", filiale de IOUKOS. On lui impute les infractions aux accords sur les licences, ce qui s'est traduit par le dépassement, en 2003, du quota de l'extraction du pétrole par la compagnie. Le bénéfice illégal a constitué plus de 7 milliards 104 millions de roubles (un dollar équivaut à 27,70 roubles), écrit le quotidien Nezavissimaia gazeta.
De plus, des griefs fiscaux d'un montant de 1,174 milliard de roubles ont été avancés en janvier dernier à "Tomskneft" pour 2001.
Selon les analystes, cela peut signifier qu'aucun compromis n'existe entre les autorités et IOUKOS et qu'après "Youganskneftegaz", d'autres actifs de la compagnie lui seront enlevés.
Les prétentions ont été avancées aux dirigeants de "Tomskneftegaz", l'une des filiales les plus importantes de IOUKOS qui restent, quelques jours après le sommet de Bratislava et après la décision prise par le tribunal de Houston de ne pas examiner la demande de IOUKOS de lancer une procédure de mise en faillite et de qualifier d'illégale la vente de "Youganskneftegaz". Les dirigeants de IOUKOS estiment que les organes judiciaires attendaient ces deux événements pour entreprendre, après "Yougansneftegaz", l'"expropriation" d'autres entreprises de la compagnie.
La vente de tous les autres actifs de IOUKOS est possible, a dit Dmitri Manguilev, analyste de la compagnie d'investissement "Prospekt". Les prétendants à ces actifs parmi les compagnies russes sont connus: LUKOIL, "Sourgoutneftegaz", "Gazprom". Selon les experts, "Sourgouneftegaz" a le plus de chances.
En même temps, selon une opinion répandue sur le marché, la décision du tribunal de Houston d'arrêter l'examen de la demande de IOUKOS et la recommandation de la Cour arbitrale suprême de Russie de ne pas avancer à la compagnie les griefs fiscaux de 19,2 milliards de roubles pour 2000 en raison de la prescription témoignent d'un équilibre: les prétentions des Etats-Unis ont cessé, par conséquent, les poursuites contre la compagnie en Russie cessent également. S'il en est ainsi effectivement, la probabilité de la vente ultérieure des actifs de IOUKOS n'est pas très grande.
Rousski Kourier
Les Russes ne font pas confiance aux organes judiciaires
La majorité écrasante des Russes (71%) ne font pas confiance à la police russe. 79% ont déclaré qu'ils se sentaient absolument sans défense vis-à-vis de l'arbitraire des gens en uniforme de police, qui sont justement obligés de les défendre, indique le quotidien Rousski Kourier.
C'est ce qui ressort d'une étude sociologique réalisée par le Centre d'analyse de Iouri Levada (Levada Center) sur demande de la fondation "Verdict social". Le sondage avait pour objectif d'établir quelle est l'attitude des Russes à l'égard des organes judiciaires.
Comme l'a relevé la fondation, les résultats de l'étude se sont avérés plus qu'attristants. 83% des personnes interrogées estiment que le problème de l'arbitraire dans les organes judiciaires est un des plus graves en Russie. Seulement 2% des sondés affirment qu'un tel problème n'existe pas en Russie. Autant de Russes se sentent absolument protégés contre l'arbitraire policier.
A propos, l'indice actuel est le plus faible enregistré depuis le début des études mensuelles en la matière effectuées par Levada Center. La plupart des habitants de la Russie sont de l'avis que l'arbitraire croissant de la police a des dessous politiques.
73,5% des personnes interrogées (contre 66,7% en décembre 2004) estiment que les autorités utilisent les organes judiciaires comme un des instruments de pression sur leurs adversaires politiques. De cette façon, la part des Russes persuadés que les autorités n'utilisent pas les employés des organes de maintien de l'ordre dans la lutte contre leurs opposants politiques est passée de 8% à la fin de l'année 2004 à 3,9% au début de l'année en cours.
Nombre de Russes (58,6%) ne se croient pas capables de défendre leurs droits en cas de leur violation par les organes judiciaires. Ces gens sont de plus en plus nombreux de mois en mois. Pour comparaison : en décembre 2004, leur part des personnes était de 55,4%.
Novye izvestia
Les biens empêchent toujours la réunion de l'Eglise orthodoxe
Lundi dernier, après un périple de six mois en Russie, les reliques de la grande princesse Elisabeth et de la religieuse Barbara sont revenues à Jérusalem, au monastère de Marie Madeleine, qui se trouve sous la juridiction de l'Eglise orthodoxe russe de l'étranger (EORE), écrivent les Novye Izvestia.
Mardi une délégation du Patriarcat de Moscou s'est envolée à destination de Paris pour prendre part à la quatrième réunion de la commission pour le dialogue avec l'EORE. Un des volets du débat est constitué par la question "concernant les structures de l'EORE se trouvant sur le territoire canonique de l'Eglise orthodoxe russe" et la définition de ce qui convient de considérer comme le "territoire canonique".
Il est notoire que cinq jours après la fondation d'Israël le NKVD (ministère soviétique de l'Intérieur) avait nommé un délégué aux biens russes sur le territoire d'Israël. Par la suite le gouvernement de l'URSS avait envoyé à Jérusalem une "Mission spirituelle du Patriarcat de Moscou" et revendiqué le droit de propriété sur tous les monastères, églises et lieux saints. Les religieux avaient tout simplement été expulsés du pays par l'EORE.
En 1997, les autorités palestiniennes ont chassé les religieux et les religieuses de l'EORE du monastère de la Sainte-trinité à Hébron et de leur propre chef ont remis le monastère au Patriarcat de Moscou. En janvier 2000, les religieux ont été arrêtés par des militaires palestiniens à l'hôtellerie de l'Eglise orthodoxe russe de l'étranger à Jéricho. Ce bâtiment avait sur-le-champ été remis au Patriarcat de Moscou.
Il y a quelques jours, pendant la rencontre qu'il a eue avec le nouveau chef de l'Autonomie nationale palestinienne, Mahmoud Abbas, le Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis II, a remercié les autorités palestiniennes pour la remise à la Mission spirituelle russe des biens de l'Eglise orthodoxe russe à Hébron et à Jéricho.
"Je suis très déçu (par les propos du patriarche), a déclaré l'archevêque de Berlin et d'Allemagne Mark (Arndt). Car au début du processus il avait été déclaré que nous devions nous abstenir de toute action et de tout propos susceptible de peiner l'autre partie".
Cependant, monseigneur Mark ruse. De longues années durant il a calomnié l'Eglise orthodoxe russe, n'hésitant pas à la qualifier de "malveillante".
Moskovski komsomolets
Un "reflet de soleil" préservera la Terre contre les calamités
Au printemps, il est prévu de mettre sur une orbite circumterrestre deux satellites russes qui devront s'acquitter des missions étonnantes: bloquer les calamités et éclairer certains points de la surface de notre planète au moyen du reflet de soleil, en utilisant pour cela les réflecteurs spatiaux à pellicule fine, lit-on dans le quotidien Moskovski Komsomolets.
Comme l'a expliqué la compagnie "Systèmes aérospatiaux", les réflecteurs spatiaux à pellicule fine représentent une sorte de voile fabriquée de matériaux modernes qui ressemblent aux feuillesde métal ou à la cellophane. La tâche la plus complexe est d'ouvrir dans l'espace cette voile d'un diamètre de 25 mètres.
On suppose que cette voile miraculeuse peut corriger les conditions atmosphériques. Par exemple, pour qu'un match de football se tienne le jour sans nuages, la voile dirigera un "reflet de soleil" sur les nuages en les réchauffant, ce qui les fera disparaître.
Il en est de même d'une tornade. Cette calamité provient de l'endroit où se forme une zone de basse pression. Les courants d'air s'y précipitent et provoquent un tourbillon. A l'aide du satellite, on y dirigera tout de suite un flux lumineux, l'air se réchauffera et la pression montera, par conséquent, la tornade n'aura pas lieu.
En se servant d'un miroir orbital comme d'un immense rideau contre le Soleil, par exemple, au-dessus d'un volcan, il est possible d'estomper son activité assez efficacement et rapidement, en prévenant l'éruption ou un tremblement de terre.
On peut s'en servir pour remplacer la nuit par le jour dans tel ou tel endroit. Pour une "tache" lumineuse de 5 km, il faut une voile de 30 à 30 mètres, pour éclairer Moscou, celle de 300 à 300 mètres.
En outre, en utilisant la même technologie, on travaille déjà sur la création des capteurs du biospectre qui sont capables de repérer le champ d'un homme concret.