Revue de la presse russe du 1er mars

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MOSCOU - RIA Novosti

Vedomosti

La Russie n'admettra pas les Américains sur ses sites nucléaires

Au cours du sommet de Bratislava Vladimir Poutine a donné son aval aux inspections américaines des arsenaux nucléaires russes. Cela découlait du texte de la déclaration conjointe de Poutine et de Bush paru ce week-end sur le web du président russe (www.kremlin.ru). A l'heure actuelle, on y voit un autre texte qui ne dit pas mot sur les inspections : plusieurs phrases ont été supprimées dans l'avant dernier alinéa, informe le quotidien Vedomosti.

Selon une source au Kremlin, "à Bratislava Bush a demandé à Poutine d'autoriser les Américains à visiter les sites nucléaires russes, mais la partie russe a repoussé cette demande".

Aucun accord ou avenant secret n'a été signé et c'est l'un des brouillons de la déclaration qui a été affiché par erreur sur le web du président russe, selon la même source.

Le département d'Etat américain a annoncé qu'aucun ajout sur les visites des sites nucléaires russes ne figurait dans l'original de la déclaration rédigé en anglais.

Un fonctionnaire informé de l'Agence russe de l'énergie atomique (Rosatom) affirme qu'il n'y a jamais eu d'entente sur les inspections de sites nucléaires. Mais en 1991 le programme Nunn-Lugar (du nom de deux sénateurs américains) avait été lancé, dans le cadre duquel les Etats-Unis financent, entre autres, la modernisation des systèmes de protection des sites nucléaires sur le territoire de la Russie. Depuis les années 1990, d'après le même fonctionnaire, les spécialistes américains sont admis sur certains ouvrages importants de Rosatom et du ministère de la Défense pour inspecter l'organisation de leur protection. Pourtant les Américains n'ont jamais été autorisés à entrer à l'intérieur, d'où leur mécontentement.

"Un tel régime de contrôle (qui implique des inspections) ne peut être créé et cela n'a jamais fait l'objet d'aucune discussion", affirme avec assurance le directeur de l'Institut de la stabilité stratégique du Rosatom, Viktor Mikhaïlov, ministre de l'Energie atomique (Minatom) de 1992 à 1998.

Le directeur du Centre de politologie comparative de l'Institut de l'économie mondiale et des relations internationales, Boris Chmelev, rappelle qu'une "déclaration conjointe est un document énonciatif et ne peut de ce fait comporter aucun avenant secret". La Russie et les Etats-Unis ne feront donc que ce qui est stipulé dans leur déclaration.

Nezavissimaia gazeta

Les Etats-Unis souhaitent stabiliser leurs rapports avec l'Europe et la Russie

La rencontre que le président américain a eue à Bratislava avec son homologue russe avait été insérée à dessein dans la tournée européenne de George W.Bush. Peu importe que le dialogue en Slovaquie ait une nouvelle fois mis en exergue le fait que la Russie est une partie de l'Europe. Il était bien plus important de montrer ce qui distinguait la perception du monde américaine de l'européenne et de la russe. L'Union européenne voudrait mais ne peut pas absorber les "territoires orientaux". Pas ceux qui se trouvent entre l'Atlantique à l'Oural, mais ceux qui sont à l'est de ce dernier. Ne voulant pas s'empresser d'aller au-devant de l'UE, la Russie s'emploie à constituer autour de soi son propre "noyau intégrationniste", mais elle non plus ne dispose pas de forces suffisantes. Cette opinion est exposée dans une interview accordée à la Nezavissimaïa gazeta par Alexeï Bogatourov, docteur ès sciences économiques, professeur, directeur adjoint de l'Institut de sécurité internationale relevant de l'Académie des sciences de Russie.

Il y a belle lurette que les Américains n'ont plus cette vision de l'espace européen qui pour eux s'est considérablement réduit. Auparavant les capitales européennes étaient les "villes frontalières" de la confrontation avec l'URSS. Aujourd'hui Bruxelles - capitale de l'Union européenne - est une station intermédiaire sur les itinéraires pipeliniers menant aux ressources énergétiques de l'Eurasie continentale. L'Union européenne et la Russie en tant que telles intéressent peu les Etats-Unis. Ce qui les préoccupe, c'est le "grand espace européen", mais celui-ci doit être stable, pas fort mais pas trop faible non plus, et, chose essentielle, ouvert et perméable à l'influence américaine.

Si l'UE se brouille sérieusement avec la Russie, cet espace pourrait se scinder, ce qui cesserait de convenir aux Etats-Unis. Les Américains ne veulent pas d'une solide amitié entre l'UE et la Russie, mais ils ne souhaitent pas non plus un conflit entre elles. En principe un statu quo satisferait Washington, surtout que les choses manquent de clarté en ce qui concerne la rapidité, les conditions et les directions précises de la réorientation de l'OTAN sur l'Eurasie.

Quoi qu'il en soit, le thème de la démocratie en Russie et dans les autres pays de la CEI si largement évoqué dans la presse la veille du sommet était un signe indiquant aux politiques d'Eurasie centrale que leur pouvoir devait être changeable. Sur le plan de la démocratie, George W.Bush aurait pu s'intéresser à une seule question, mais essentielle celle-là: dans quelle mesure le président Poutine est disposé sans atermoiements à remettre le pouvoir en 2008? Mais le président américain a-t-il posé cette question à son homologue russe dans le tête-à-tête qu'il a eu avec lui?

Gazeta

Jacques Chirac vient à la rescousse de Total

L'achat par la compagnie française "Total" d'un paquet d'actions de la compagnie pétrogazière russe NOVATEK a acquis une nuance politique. Le président français Jacques Chirac a demandé à Vladimir Poutine d'accélérer cette transaction, lit-on dans le journal Gazeta.

Le holding pétrolier français "Total" a annoncé l'achat de 25 % des actions de NOVATEK en septembre 2004. Les Français avaient l'intention d'investir dans cette compagnie gazière russe environ un milliard de dollars en estimant que "Total" deviendrait actionnaire de NOVATEK bien avant la fin de l'année dernière.

NOVATEK produit environ 22 milliards de mètres cubes de gaz et n'occupe pas de positons fortes sur le marché. Citons, à titre de comparaison, que les volumes d'extraction de "Gazprom" dépassent 540 milliards de mètres cubes. Mais le Service fédéral antimonopoles (FAS) a suspendu le règlement du problème.

Igor Artemiev, chef du FAS, a expliqué que NOVATEK devait terminer d'abord sa réorganisation, après quoi la compagnie obtiendrait l'autorisation de vendre ses actions aux Français.

Cependant, de l'avis de certains experts, les fonctionnaires du Service antimonopoles ont peur de laisser les étrangers accéder au marché intérieur sans l'approbation des dirigeants supérieurs de la Fédération de Russie.

Comme tout l'indique, "Total" a également tiré cette conclusion. Les Français ont décidé de s'assurer le soutien des dirigeants russes. Le président Jacques Chirac a envoyé une lettre à son homologue russe en lui demandant d'accélérer la procédure d'approbation de la transaction.

Selon les experts, la transaction "Total"-NOVATEK est passée du domaine économique dans le domaine politique. A présent, le règlement du problème dépend du président russe. Prenant en considération les bons rapports avec Jacques Chirac, Vladimir Poutine ira probablement au-devant des Français, mais il peut demander à son homologue de faire de même. La France peut apporter son soutien à l'adhésion de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce. De plus, Jacques Chirac peut promettre à Vladimir Poutine que les fonctionnaires français ne poseront pas d'obstacles aux compagnies russes sur le marché français, estime Dmitri Orlov, directeur général de l'Agence des communications politiques et économiques.

Izvestia

Iouri Balouevski ne voit pas de menace d'agression contre la Russie

Il n'y a pas aujourd'hui de menace directe d'agression contre la Russie, affirme le chef d'état-major général desForces armées de la Russie, Iouri Balouevski, dans une interview au quotidien Izvestia.

A l'heure où la Russie a clairement décidé d'évoluer vers une société démocratique et où le bien-être de la population devient l'objectif principal de son développement, l'armée russe a une possibilité inédite de "redresser le dos". Les potentialités économiques du pays le permettent.

Aussi l'une des tâches principales de nos Forces armées consiste-t-elle aujourd'hui à moderniser l'armée. "Au cours de ces cinq dernières années, nous avons eu pour but de créer des armements et du matériel non pas de demain, mais d'après-demain. Et nous les avons créés", assure le chef d'état-major général.

Iouri Balouevski est cependant déçu que l'algorithme nécessaire n'ait pas été trouvé pour la coopération militaire au sein de la CEI et les Etats membres n'ont réussi à mettre en place qu'un système commun de DCA. Cette coopération est indispensable et la composante militaire des pays de la Communauté doit être dirigée contre les menaces qu'il est impossible d'écarter en agissant isolément. Cependant, tout porte à croire que les conditions politiques nécessaires à la création d'une telle union ne sont pas encore réunies, estime Iouri Balouevski.

L'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC - qui regroupe la Russie, l'Arménie, la Biélorussie, le Kazakhstan, le Tadjikistan et la Kirghizie) est une organisation à vocation militaire. Pour elle la perspective militaire est donc plus visible que pour la CEI, affirme le chef d'état-major général.

En ce qui concerne les spéculations, fréquentes depuis ces derniers temps, sur le contrôle par l'Occident des forces nucléaires stratégiques russes, Iouri Balouevski a écarté toutes les craintes: la Russie ne permettra à aucun autre Etat d'exercer un tel contrôle.

Vremia novostei

L'Inde tourne ses regards vers des actifs de Ioukos

L'Inde, qui porte un intérêt accru à une partie de Iouganskneftegaz, acheté par la société publique Rosneft, semble tourner à la fois ses regards vers d'autres actifs de Ioukos, écrit le quotidien Vrémia novostéi.

Puisque la justice américaine a renoncé vendredi à juger le conflit entre Ioukos et les autorités russes, les fonctionnaires pourront continuer à vendre les actifs de la société en disgrâce. Les experts estiment que ce sont Tomskneft et Samaraneftegaz qui seront vendues en priorité.

Le gouverneur de la région de Tomsk, Viktor Kress, annonçant hier la prochaine visite de l'ambassadeur indien Kanwal Sibal dans sa région, a dit que "l'Inde se montre depuis ces derniers temps de plus en plus intéressée par toute une série de projets pétroliers importants en Russie". Il n'a pas donné de précision, mais les experts ne doutent pas qu'il s'agit de Tomskneft, qui appartient aujourd'hui à Ioukos, mais pourrait être vendue tout prochainement aux enchères pour éteindre les dettes de la société mère envers le budget national. D'autre part, les experts pensent que dans la région de Tomsk l'intérêt de l'Inde est suscité aussi par les licences d'exploitation des ressources du sous-sol qui n'ont pas encore d'exploitant.

Au début de la semaine dernière une délégation officielle indienne, conduite par le ministre du pétrole, a effectué une visite à Moscou où Mani Shankar Aiyar a annoncé l'intention de son pays d'investir jusqu'à 20 milliards de dollars dans le secteur pétrolier russe.

"Lorsqu'un investisseur s'apprête à débourser une somme pareille, il est logique qu'il cherche à mieux connaître les actifs qu'il veut acquérir", indique une analyste de la société d'investissements Finam, Maria Radina, qui n'exclut pas qu'au lieu de la part de Iouganskneftegaz à laquelle prétend également la Chine, l'Inde se soit fait promettre une part importante de Tomskneft.

D'ailleurs les actifs de la région attirent également les Chinois. Selon une source au sein du gouvernement russe, la China National Petroleum Corporation a introduit auprès du Service fédéral anti-monopoles russe une demande d'achat de Tomskneft dans sa totalité. M.Kress a cependant fait observer qu'il n'avait pas l'intention de permettre la présence de capitaux chinois dans le secteur pétrogazier de sa région.

Vedomosti

Asus s'empare du leadership sur le marché russe du notebook

Une redistribution s'est produite l'année dernière sur le marché russe du notebook. Selon une étude réalisée par la compagnie Gartner Group & IDC, à la fin de l'année le leader de ce marché, Rover Computer Russie, a été déboulonné par la compagnie taïwanaise Asus, annoncent Vedomosti.

Depuis 7-8 ans Rover Computer occupait régulièrement près de 30 pour cent du marché, devançant d'au moins cinq points son plus proche concurrent. Cependant, selon le président de la compagnie, Sergueï Chouniaev, l'année passée la demande de notebook a progressé de 50 pour cent. Ce marché est devenu plus attrayant pour les marques étrangères, les compagnies russes elles aussi s'y sont intéressées.

Sergueï Chouniaev n'est pas d'accord avec les analystes au sujet de la perte du leadership. Selon lui, en 2004 Rover Computer est resté en tête pour le nombre de notebook vendus en Russie, mais avec une avance moins importante. Il estime que l'année 2005 déterminera celui qui doit occuper la première place sur le marché russe.

Andreï Verkhovod, analyste d'IDC, dit que durant toute l'année 2004 Asus, Rover Computer et iRU avaient été au coude à coude. Cependant, la concurrence sur le marché ne tardera pas à s'exacerber avec l'arrivée de ces acteurs agressifs que sont les coréens Samsung et LG et le taïwanais Acer.

En 2004, les ventes en Russie de notebook Asus ont progressé de 300 pour cent, indique Alexeï Voronkov, responsable du marketing à la représentation ASUSTeK Computer.

Acer, dont la part en Russie a sextuplé et dont les ventes ont progressé de 522 pour cent en un an, est lui aussi satisfait des résultats de 2004, déclaré Roman Mossine, attaché aux relations publiques à la représentation d'Acer.

L'année dernière les notebook ont fait leur apparition sur le marché de masse et de produit IT ils se sont transformés en article d'usage courant, estime Elena Medvedeva, directrice des relations publiques d'iRU. Selon elle, en 2004 iRU a réussi à augmenter ses ventes de 240 pour cent.

IDC annonce que le dernier trimestre de 2004 il a vendu 240.000 notebook.

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