Moscou en quête d'investisseurs patients

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MOSCOU, 1er mars. / par Iana Iourova, RIA Novosti/. La capitale de la Russie est une ville déjà vieille. Si l'on n'entreprend pas une modernisation à grande échelle des immeubles de l'Arrondissement administratif central, certains de ces quartiers peuvent se transformer en taudis, préviennent les experts.

Beaucoup de rues de Moscou ont changé d'aspect depuis ces trois à quatre dernières années. De nouveaux immeubles de bureaux ou d'habitation avec des parkings souterrains ont vu le jour. Et pourtant Moscou ne cesse de vieillir.

L'Arrondissement administratif central représente 12% de toute la surface habitée de la ville : 5 000 édifices ou plus de 16 millions de mètres carrés d'habitat et presque autant de locaux réservés à d'autres fins. Si dans le reste de la ville, ce sont les immeubles récemment construits qui prédominent, le centre est occupé principalement par des maisons anciennes, vétustes dans la plupart des cas. Le chef du groupe des projets de construction spéciaux, Alexéi Vvedenski, confirme que "la plupart des maisons du centre de la ville datent de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle, elles s'appuient sur des fondations conçues pour supporter des structures en bois qui ont pourri au cours de leurs cent ans d'existence et dont les fondations sont à bout de souffle". D'après les agents immobiliers, les deux tiers des maisons (7 000 environ) de la partie centrale de Moscou sont délabrées.

Des travaux de construction sont en cours dans pratiquement tous les endroits du centre de la ville. D'après un fonctionnaire de la préfecture de l'Arrondissement central, Alexandre Tchapaev, l'année dernière 1 131 200 mètres carrés nouvellement construits ou remis en état, dont 336 171 m2 de surface habitable et 795 000 m2 réservés à d'autres fins, ont été mis en service, la plupart dans les districts Basmanny, Taganka et Presnia et puis aussi, mais à une échelle moins importante, dans les quartiers de l'Arbat et de la Iakimanka.

Traduite en nombre de maisons, cette surface s'avère fort modeste. Dans le cadre du programme de reconstruction des bâtiments vétustes de 4 étages (5 niveaux dans la définition russe qui compte le rez-de-chaussée pour un étage), 57 024 m2 ont été construits en 2004. Cela fait cinq immeubles.

Pour les habitants des maisons en état de délabrement, c'est-à-dire datant du début du XXe siècle, 9 365 m2 de logements ont été construits, soit deux immeubles. Il faut y ajouter aussi 28 immeubles d'habitation réalisés par des firmes commerciales. Autant dire qu'on a vu apparaître 35 édifices neufs au centre de la ville. Avec les 70 immeubles de bureaux, cela fait 105 édifices nouveaux bâtis au cours de l'année dernière.

Les plans de l'année prochaine ne sont pas globaux non plus. D'après les informations fournies par le Groupe des projets de construction spéciaux, 13 maisons de 4 étages datant de l'époque de la première vague d'urbanisation industrielle et 14 maisons en état de délabrement d'une surface totale de 70 000 m2 environ seront démolies en 2005. On a recensé encore 13 bâtisses délabrées dont les locataires devront déménager. Mais seulement 6 maisons seront reconstruites et les autres attendront leur tour. Au total une trentaine d'immeubles d'habitation neufs et 70 locaux réservés à des bureaux seront bâtis au centre de Moscou.

Naturellement, ce problème préoccupe sérieusement les autorités municipales. A la préfecture de l'Arrondissement central on estime qu'en réalité les logements en état de délabrement sont plus nombreux que ne l'indiquent les rapports officiels. Le gouvernement de Moscou projette de les vendre aux enchères.

Si bien que les espoirs reposent sur les investisseurs. La reconstruction de l'immobilier de la partie centrale de Moscou, aussi difficile qu'elle soit du point de vue architectural et technique, est un projet fort prometteur. Seulement il n'est pas facile de trouver l'argent nécessaire. Cette année, des lois nouvelles sont entrées en vigueur, notamment les Codes du logement et de l'urbanisme, mais ces documents accordent mal les textes municipaux et fédéraux.

Résultat: 355 contrats d'investissement ont été signés pour construire 171 immeubles d'habitation et 184 édifices de bureaux, mais les fonctionnaires moscovites ne sont pas sûrs qu'ils seront tous réalisés.

Un autre problème apparaît, à savoir où reloger les habitants des maisons qui seront démolies. Dans le passé, c'était le souci des autorités de la ville. Maintenant, elles ne sont pas concernées et c'est à l'investisseur de les prendre en charge. Moscou a un double statut. D'une part, la ville est une municipalité avec ses lois et ses textes réglementaires. D'autre part, elle est la capitale du pays et doit de ce fait assumer des fonctions fédérales. En effet, l'âne du commun est toujours le plus mal bâté.

Et pourtant, même si les nouveaux obstacles sont levés, les vieux quartiers de Moscou sont voués à un sort difficile. La densité est si élevée qu'il est pratiquement impossible d'insérer une nouvelle maison entre les vieilles. Autant dire qu'il n'y a pas de logements pour y installer les habitants des maisons en état de délabrement, car la loi prescrit au promoteur de les reloger à proximité de leur lieu de résidence. Ce qui signifie que ces quartiers sont condamnés à tomber en ruines...

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