Les médias citent abondamment les ministres phares du gouvernement ukrainien, confirmant que Kiev souhaitait rester au sein de l'Espace économique unique (Russie, Ukraine, Biélorussie et Kazakhstan). "Depuis plusieurs années l'Union européenne se développe d'après le principe des quatre libertés: de déplacement des gens, des marchandises, des capitaux et des services. Qu'est-ce qui nous empêche de l'appliquer à l'égard de l'UE et aussi de l'Est?", a souligné le premier vice-ministre ukrainien, Anatoli Kinakh" (Korrespondent.net, 15.02).
La plupart des publications n'ont pas foi en l'information diffusée par la 5-e chaîne ukrainienne et selon laquelle l'idée d'empoisonner le président Viktor Iouchtchenko avait été avancée par le politologue russe Gleb Pavlovski.
Les médias se montrent préoccupés par la révision engagée dans le pays du bilan de la privatisation des réseaux électriques régionaux au profit du business russe, révision que la presse considère comme une tentative de EES Rossii (Electricité de Russie) pour mettre la main sur le système énergétique de l'Ukraine. Ils relèvent que l'augmentation des paquets d'actions des réseaux électriques régionaux détenus par les compagnies russes "permettrait à EES Rossii de contrôler toutes les filières d'exportation de courant en Europe. Le capital étranger pourrait détenir environ un tiers des capacités des réseaux électriques de l'Ukraine" (ProUA, 18.02).
Dans le même temps plusieurs articles relèvent avec intérêt le développement de la coopération entre les électriciens russes et ukrainiens. "Le ministre (ukrainien) des Combustibles et de l'Energie, Ivan Platchkov, estime que l'intégration de l'Ukraine dans le système énergétique européen doit se faire simultanément avec l'intégration dans le système énergétique russe. Un travail conjoint est possible du point de vue tant technique que politique" (ProUA, 17.02).
Moldavie
La Russie est vivement accusée d'exercer un impact surle déroulement de la campagne des élections au parlement moldave. Les médias en veulent pour preuve l'annonce par des députés russes que la Douma (chambre basse du parlement) prépare une résolution sur l'introduction de mesures économiques drastiques à l'égard de la république. "Ce projet à facettes multiples a vu le jour après la visite en Transnistrie - non sanctionnée par Kichinev - d'un groupe de députés russes. Selon certains analystes, ces parlementaires avaient justement pour mission d'élaborer un texte de résolution favorable aux dirigeants transnistriens" (Interlik, 18.02).
Le congrès des originaires de Moldavie qui s'est tenu dans la capitale russe est interprété par la presse comme une immixtion manifeste de Moscou dans la campagne électorale. "Le leader du bloc "Moldova démocratique", Serafim Ourekian, a commenté le congrès sur la 1-ere chaîne de la télévision russe et invité les électeurs moldaves à manifester leur amitié à l'égard de la Russie. L'intervention du principal concurrent du président Vladimir Voronine à la télévision russe ne signifie rien d'autre que Moscou ne soutient plus Voronine et son parti" (Olvia-press, 22.02).
Certains médias avancent la thèse d'un affaiblissement inévitable de l'influence de la Russie dans la région. "Les Etats-Unis et l'Europe attachent une attention de plus en plus soutenue à la Moldavie et ils vont préparer celle-ci en vue de l'adhésion à l'Union européenne dans sa forme actuelle ou une autre. Ce processus nécessitera beaucoup de temps et il est probable qu'il sera synchronisé avec l'adhésion de l'Ukraine à l'UE et le règlement de la question transnistrienne" (Vremia, 22.02).
Estonie
La presse et l'opinion continuent de débattre le problème de la conclusion de l'accord frontalier avec la Russie mais sans toutefois parvenir à une position commune.
Estimant qu'après l'adhésion de la république à l'Union européenne et à l'OTAN la Russie est la plus intéressée à la signature d'un nouvel accord frontalier, la presse propose de mettre à profit cette circonstance pour revenir à l'Accord de Tartu (1920) et présenter des revendications territoriales à la Russie. Par ailleurs, la presse se montre toujours plus sceptique quant à la rationalité économique et politique du rattachement à l'Estonie des territoires dont elle avait été amputée en 1940. "Ces territoires sont peuplés par environ 100.000 Russes. Le droit international implique que les habitants de territoires rattachés à un autre Etat bénéficient des droits appliqués dans cet Etat et se voient accorder la nationalité dudit Etat sans restriction aucune. Voulons-nous réellement cela?" (Eesti Paëvaleht, 17.02).
Les médias estoniens commentent largement les critiques occidentales concernant la démocratie en Russie. De rares publications jugent négative cette "offensive" de l'Occident contre la Russie. "Les Européens fustigent Moscou pour ses manquements aux droits de l'homme, les Américains le matraquent pour ses violations des libertés. Les intérêts de l'Estonie nous contraignent à suivre le sillage de Washington. Car la pression de Moscou sur l'Estonie (et la Lettonie) s'effectue aussi sous le masque des droits de l'homme. Ce sont les Russes baltes qu'il faut défendre... Par ailleurs, la "liberté" américaine est une notion des plus indéfinies. Qu'est-ce que la "liberté" telle que se la représente le président George W.Bush? Dieu seul le sait" (Eesti Express, 18.02).
Les publications évoquant le déplacement éventuel à Moscou du président estonien, Arnold Ruutel, à l'occasion de la célébration du 60-e anniversaire de la Victoire sur l'Allemagne nazie sont moins nombreuses. La plupart des médias sont enclins à penser qu'à ces cérémonies l'Estonie pourrait être représentée à un niveau moins élevé.
Lettonie
La signature de la déclaration russo-lettonne et de l'accord frontalier entre les deux pays reste l'un des thèmes essentiels traités dans la presse. "La Russie voudrait subordonner la signature de l'accord frontalier à l'adoption de la déclaration politique sur les relations bilatérales. De son côté, la Lettonie estime qu'aucun obstacle ne s'oppose à la signature immédiate de l'accord alors que la rédaction de la déclaration conjointe demandera du temps" (Neatkariga Rita Avize), 17.02).
La presse grossit le thème de la crise gouvernementale en Russie, qualifiant de malheureuse la réforme de la gestion publique et critiquant la mise en application de la loi sur le remplacement des avantages en nature par une compensation en espèces. Elle pronostique toujours la chute prochaine du gouvernement de Mikhaïl Fradkov.
Selon un article dont l'auteur se réfère à une source occidentale, la corruption en Russie est entrée dans les moeurs au point de devenir banale.
Les médias signalent la dégradation de la situation en Lettonie en tant que pays de transit. Etant donné que la Russie est la principale source du transit, ils s'en prennent de plus en plus aux politiques lettons, les accusant de tendre les relations avec le "voisin oriental".
Lituanie
Après la Journée de l'Indépendance de la Lituanie la part du négatif dans les publications consacrées à la Russie est en hausse. Les appels à commémorer le 8 mai avec l'Europe la Journée de la Victoire sur le fascisme et à boycotter les cérémonies moscovites sont toujours prépondérants.
De nombreux articles sont consacrés à la rencontre des présidents russe et américain à Bratislava. "Le refus de Washington d'entrer en conflit ouvert avec la Russie en raison de la zone d'intérêts dans l'espace post-soviétique offre à la Lituanie la possibilité d'accroître son influence diplomatique" (Letuvos Ritas", 19.02).
Le projet de la nouvelle loi sur la zone économique particulière dans la région de Kaliningrad est éclairé sur un ton très négatif. Selon le document, les avantages douaniers et fiscaux sur le bénéfice ne concerneront que les entreprises qui investiront dans la région de Kaliningrad pas moins de 150 millions de roubles (le dollar s'échange contre 27,77 roubles) dès après l'entrée en vigueur de la nouvelle loi et pas moins de 300 millions les trois années suivantes. "Le changement des règles du jeu va inciter les entreprises lituaniennes à quitter la région" (News.lt, 20.02).
L'annonce de l'intention de la compagnie pétrolière russe LUKoil de faire l'acquisition de nouvelles raffineries, dont la lituanienne Mazeikiu Nafta a fait beaucoup de bruit. "La question de savoir qui pourrait succéder à la compagnie pétrolière IOUKOS est très sensible pour la Lituanie. Seules les compagnies russes sont à même d'approvisionner la Lituanie en brut et à des prix très avantageux" (News.lt., 19.02).
Géorgie
Après le refus du ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, de se rendre au Mémorial des morts pour l'unité de la Géorgie, sa visite en Géorgie avait été qualifiée d'avance d'infructueuse par les médias géorgiens.
Néanmoins les médias se montrent optimistes quant aux perspectives de la Géorgie dans la poursuite du dialogue sur l'Accord cadre entre les deux pays. Des rumeurs circulent selon lesquelles Moscou serait disposé à d'importantes concessions en ce qui concerne les autonomies géorgiennes et les bases militaires russes.
Emboîtant le pas aux médias baltes, la presse géorgienne s'interroge sur l'opportunité de la visite du président Saakachvili à Moscou dans le cadre de la célébration du 60-e anniversaire de la Victoire sur l'Allemagne nazie. "370.000 Géorgiens n'ont pas combattu pour que la Géorgie devienne la victime du fascisme russe" (Kviris kronika, 21.02).
Dans l'ensemble la presse critique les propos du président géorgien, Mikhaïl Saakachvili, concernant les négociations en cours avec le consortium russe Gazprom au sujet de la privatisation du gazoduc en Géorgie. "La législation géorgienne en interdit la vente" (Civil Georgia, 22.02).
Arménie
La visite à Erevan du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, est éclairée en détail. La presse a réagi avec irritation aux déclarations de Sergueï Lavrov concernant le Nagorny-Karabakh. Elle a perçu comme un anachronisme et un refus de prendre en compte les critiques arméniennes à l'égard du Groupe de Minsk ses propos selon lesquels le "Groupe de Minsk n'a rien perdu de son efficacité".
La presse n'a pas non plus apprécié que la venue de Sergueï Lavrov à Erevan ait coïncidé dans le temps avec la visite du président Azerbaïdjanais, Ilkham Aliev, à Moscou. "Depuis le mois d'octobre 2003, date à laquelle il a succédé à son père, c'est la quatrième fois qu'il rencontre Poutine à Moscou" (Azg, 18.02).
La thèse de la nécessité de reconsidérer le Traité russo-turc de 1921 refait surface dans le champ informationnel. "La meilleure preuve de la volonté de la Russie d'établir une alliance stratégique avec l'Arménie serait la signature d'un accord recelant un article obligeant la Russie à concourir au rétablissement de l'intégrité territoriale de l'Arménie, violée par l'agression soviéto-turque de 1920" (Golos Armenii, 17.02).
Par ailleurs, la presse a pratiquement cessé d'évoquer la révision par l'Arménie du vecteur russe de sa politique étrangère.
Azerbaïdjan
La presse a tourné ses projecteurs sur la visite à Moscou du président Ilkham Aliev et sa rencontre avec Vladimir Poutine. Ces événements ont été commentés sur un ton positif exceptionnel. L'ensemble des médias, y compris ceux de l'opposition, constate un rapprochement de Moscou et de Bakou. "Poutine a déclaré que la Russie "se prononce pour une coopération étroite avec l'Azerbaïdjan et elle sent que les collègues azerbaïdjanais sont du même avis" (Zerkalo, 17.02).
L'annonce de l'achèvement à Moscou de la réunion de la Commission intergouvernementale russo-azerbaïdjanaise pour la coopération économique est accompagnée de commentaires nombreux et positifs. "La Russie est l'un de nos principaux partenaires commerciaux et économiques, on en veut pour preuve les 800 millions de dollars que constituent les échanges entre les deux pays. Des conditions existent pour porter ce chiffre à 1 milliard de dollars" (Abbas Abbassov, premier vice-premier ministre azerbaïdjanais, Azadlyg, 16.02).
Dans le même temps le Kremlin est toujours accusé de contrecarrer le règlement du problème du Nagorny-Karabakh. "La Russie étant elle-même à l'origine du noeud karabakh, elle n'est par conséquent pas intéressée à le trancher. Les dirigeants azerbaïdjanais voudraient obtenir l'appui de Moscou dans cette question. Seulement c'est impossible" (Azadlyg, 18.02).
Les médias citent les propos de politiques américains critiquant vertement la Russie qui, à ce qu'ils prétendent, s'écarte de la voie du développement démocratique. "La consolidation du pouvoir en Russie, l'attitude des autorités russes à l'égard du business suscitent des préoccupations chez nous. Bien sûr, cela relève de vos affaires intérieures, seulement alors il ne faut pas faire mine que vous bâtissez la démocratie" (Zerkalo, 21.02).
La proposition de la Russie relative à la création d'une Force armée conjointe de réaction rapide en mer Caspienne est vivement critiquée par les médias. "C'est une tentative manifeste de la Russie pour créer un bloc militaire en mer Caspienne" (Zerkalo, 18.02).
Kazakhstan
La presse relève les aspects positifs de la coopération avec la Russie en matière de sécurité régionale. (Egemen Kazakhstan, 16.02).
Les propos scandaleux concernant le Kazakhstan tenus par le vice-président de la Douma (chambre basse du parlement russe), Vladimir Jirinovski, continuent d'être commentés. "Le Parquet général de la république exige des collègues russes qu'ils le privent de son immunité parlementaire et le punissent selon la loi russe" (Kompromat.kz, 18.02).
On annonce la mise en place à Saint-Pétersbourg d'un groupe de pression dont la mission sera d'accentuer la présence du capital kazakh dans la ville etd'aider les producteurs pétersbourgeois à accéder au marché kazakh. "Cette structure a été baptisée "Business-club kazakh" par ses fondateurs, des hommes d'affaires kazakhs et russes" (Nomad, 18.02).
Kirghizie
Les médias ont relevé les propos du ministre kirghiz des Affaires étrangères, Askar Aïtmatov, sur le caractère prioritaire de la coopération avec la Russie en matière de sécurité régionale. "L'approfondissement de la coopération avec les pays signataires du Traité de sécurité collective régionale sera un axe prioritaire de la politique étrangère de la Kirghizie en 2005" (Site du parti "Ar-Namys, 17.02).
Cependant, la presse d'opposition prétend que le président Askar Akaev et le ministre Askar Aïtmatov trompent la Russie. "Les informations selon lesquelles des avions-espions américains AWAKS ne seront pas déployés sur la base aérienne de la coalition antiterroriste internationale à l'aéroport Manas de Bichkek ne correspondent pas à la réalité" (Site du parti " Ar-Namys ", 18.02).
La presse d'opposition prétend que la Russie a perdu son statut de grande puissance et qu'elle n'a plus aucune chance de le récupérer. "Il ne lui reste qu'un seul atout de poids: son potentiel nucléaire" (Aghym, 18.02).
On annonce que la Cour des comptes de Russie a découvert des irrégularités dans l'inventaire des biens de la base aérienne russe située près de la ville kirghize de Kant. (KirghyzInfo, 17.02).
Ouzbékistan
La presse révèle que le Groupement aéronautique Tchkalov de Tachkent se heurte à des difficultés financières par manque de commandes et qu'il ne parvient pas à trouver des investisseurs. "De nombreux spécialistes quittent l'entreprise et partent pour la Russie avec leurs familles" (Fergana.ru, 21.02).
Les médias évoquent une annulation possible du match entre le champion du monde en titre, l'Ouzbek Roustam Kassymdjanov, et le premier du classement mondial, le Russe Garri Kasparov.
Tadjikistan
La presse fait état de plusieurs exemples de coopération économique entre la Russie et le Tadjikistan.
Elle informe aussi d'une manifestation près de l'ambassade du Tadjikistan à Tachkent. Les manifestants ont demandé aux dirigeants tadjiks de renoncer à la construction d'une aluminerie sur un territoire limitrophe de la frontière ouzbèque. La compagnie Rousskii aliouminii entend investir dans cet ouvrage" (Tadjikistan.com, 21.02).
Les médias ont signalé les propos de l'ambassadeur de Russie, Maxime Pechkov, concernant la poursuite de la coopération des gardes-frontières russes avec leurs homologues tadjiks. "Le diplomate a ajouté que dans le cadre de la coopération bilatérale des gardes-frontières tadjiks continueront d'être formés dans des écoles militaires russes et qu'un centre d'instruction du Service frontalier du FSB de Russie serait ouvert au Tadjikistan" (Avesta, 16.02).