Simulation d'une expédition vers Mars à Moscou

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MOSCOU, 25 février /par Andréi Kisliakov, commentateur politique de RIA Novosti/. Interrogé par les journalistes accrédités au récent sommet spatial de Montréal qui voulaient savoir ce que la Russie pensait du programme de vols pilotés lointains, le directeur de Roscosmos, Anatoli Perminov, a souligné tout particulièrement que de tels projets ne seraient réalisables que lorsque toutes les questions liées aux expéditions interplanétaires seront résolues dans tous leurs aspects par voie expérimentale, d'abord sur Terre, ensuite sur la station spatiale internationale (ISS) et finalement sur la Lune.

Evoquant, dans une interview accordée en exclusivité au commentateur de RIA Novosti, le programme spatial concret russe d'organisation d'un vol piloté vers la planète rouge, le directeur de Roscosmos, a présenté dans ses grandes lignes l'expérience inédite qui va être tentée sous le nom de code "Mars-500".

Elle consiste en ce que des spécialistes techniques et des scientifiques - observateurs et participants - tâcheront de reproduire sur Terre pendant deux ans environ les conditions d'un vol spatial lointain.

Aux dires d'Anatoli Perminov, le programme Mars-500 dont le financement démarre le mois prochain se ramène en fait à l'assemblage sur terre d'un vaisseau spatial à bord duquel on tentera de créer les conditions extra-atmosphériques. Dans ce vaisseau, six volontaires (peut-être de différents pays) contrôleront la réaction de l'organisme humain à des conditions proches au maximum de celles d'un vol vers la planète Mars.

A compter de l'année prochaine, ils passeront 500 jours dans un module spécial qui imitera tout l'inconfort du long voyage vers la planète rouge. En effet, les scientifiques estiment dans leur majorité qu'un séjour prolongé en apesanteur peut avoir un effet négatif sur l'état de santé de l'homme. L'atrophie musculaire, le ramollissement des os, l'affaiblissement du système immunitaire et l'incidence sur le psychisme sont quelques-unes des questions auxquelles l'expérience doit apporter des réponses.

Les "voyageurs" seront complètement coupés du monde extérieur. Ils devront également tester les équipements qui doivent leur permettre de vivre normalement en régime autonome.

Le module comprend une chambre à coucher, une cuisine et un laboratoire. En d'autres termes, les spécialistes du Centre de contrôle des vols, installé dans les environs de Moscou, suivront l'expérience vingt-quatre heures sur vingt-quatre, qu'il s'agisse des problèmes de la nourriture ou des expériences scientifiques, affirme Anatoli Perminov.

Une partie du programme Mars-500 est consacrée aux tests de l'atmosphère artificielle. D'après l'académicien Boris Pavlov, chef du service barophysiologique de l'Institut des problèmes médico-biologiques de l'Académie des sciences de Russie, les spécialistes de son établissement ont conçu un mélange spécial oxygène-argon qui permet de créer à l'intérieur d'un espace clos un milieu anti-incendie. Un pareil mélange pourrait être utilisé lors de l'implantation de bases sur la Lune ou sur Mars, dans les maisons des colons. En attendant, les mélanges oxygène-argon ou oxygène-hélium doivent être testés sur des volontaires dans les conditions terrestres.

En ce qui concerne les sujets de l'expérience, l'équipe sera masculine. L'académicien Anatoli Grigoriev, directeur de l'Institut des problèmes médico-biologiques, estime que l'"équipage de la première expédition pilotée vers la planète Mars doit être composé d'hommes de 35 à 55 ans ayant une riche expérience du monde et professionnelle".

D'après l'académicien, "le voyage vers Mars est une entreprise inédite, donc très dangereuse, qui demande une tension psychologique et nerveuse extraordinaire. Or les femmes sont des créatures frêles et délicates. Les hommes doivent frayer pour elles le chemin des autres planètes et les y porter dans leurs bras".

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