Revue de la presse russe du 25 février

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MOSCOU, RIA Novosti

Gazeta

Kassianov pourra-t-il rivaliser avec Poutine en 2008?

Jeudi l'ex-premier ministre russe Mikhaïl Kassianov a annoncé qu'il se porterait candidat d'une coalition démocratique à la présidence de la Russie. Les experts divergent sur ses chances politiques, écrit le quotidien Gazeta.

Andréi Riabov, du Centre Carnegie de Moscou : Kassianov est un fin maître du jeu politique. Il a choisi un tel moment et une telle forme de déclaration que tout le monde se perdra en conjectures en cherchant à savoir à quel point c'est son projet à lui et dans quelle mesure c'est un jeu du Kremlin. Nul doute, des négociations avec l'administration du président ont eu lieu. Kassianov n'aura pas de problème de financement. L'argent peut être fourni par des anciens membres de l'équipe elstinienne. D'ailleurs, il n'est pas pauvre lui non plus.

Alexéi Makarkine, du Centre des technologies politiques : Les acteurs politiques sérieux réfléchiront longuement avant d'apporter un soutien à l'ex-premier ministre. Investir dans la politique en Russie et, qui plus est, dans un projet d'opposition est une affaire très risquée. Kassianov a choisi un bon moment pour annocer sa décision. En 2007, il aurait pu se faire complètement oublier. Il n'en appellera pas à l'électorat de droite mais à des couches de population plus large, en leur rappelant les mérites de son gouvernement. En attendant, il ne pourra pas compter sur l'aide de l'Occident qui ne soutient que les candidats ayant des chances réelles de gagner la course.

Dmitri Badovski, expert de l'Institut des systèmes sociaux : La déclaration de Kassianov est plutôt un test pour savoir la réaction des différentes forces en présence. Quant au degré de résistance du Kremlin, on en jugera par la publication de choses compromettantes dans la presse. Si l'élite soutient Kassianov, il n'aura pas de problème de financement. En ce qui concerne l'Occident, ce n'est pas par hasard si l'ex-premier ministre a fait sa déclaration à la veille du sommet de Bratislava.

Léonide Gozman, membre du conseil politique fédéral de l'Union des forces de droite : Kassianov fera concurrence à Poutine. Nul ne peut dire qu'il est communiste ou nationaliste. Jusqu'ici, il s'est tenu à l'écart de la politique publique, ce qui est un avantage dans ce cas. Il peut réunir des éléments différents aux tendances démocratiques.

Nezavissimaïa gazeta

La Russie pourrait perdre une bonne partie de son influence en Asie centrale

Le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, a lancé l'idée de constituer une "Union des Etats centrasiatiques", dans laquelle il invite l'Ouzbékistan et la Kirghizie. Cette nouvelle initiative intégrationniste de Noursoultan Nazarbaïev signifie que consécutivement aux désaccords avec l'Ukraine et la Géorgie et sur toile de fond de la détérioration des relations avec la Moldavie, la Russie doit s'attendre à perdre une bonne partie de son influence en Asie centrale, estime la Nezavissimaïa gazeta.

Il est symptomatique que le président kazakh ne considère pas la Russie comme un membre éventuel du groupement qu'il propose. Les analystes se rejoignent tous sur ce point: il est probable qu'Astana s'est enfin rendu compte que la Russie avait définitivement cessé d'être un pays donateur et qu'après le changement de pouvoir en Ukraine les perspectives d'intégration - déjà incertaines - des structures fonctionnant dans l'espace post-soviétique, étaient devenues encore plus nébuleuses.

Par ailleurs, il est évident que la non-insertion de la Russie dans le nouveau projet du président kazakh est en relation directe avec les récents événements en Ukraine. Astana pense probablement que désormais le dialogue avec Moscou peut être bâti autrement.

Dans l'avenir la Chine pourrait être encline à adhérer au nouveau groupement, elle qui fait déjà figure de leader de l'Organisation de coopération de Shanghai, au sein de laquelle la Russie a de plus en plus de mal à rivaliser avec les investissements chinois en pleine expansion.

Au demeurant, à la lumière des nombreux périls régionaux et problèmes auxquels ils sont confrontés, les Etats centrasiatiques auront besoin longtemps encore de puissants sponsors et protecteurs dans leur progression vers la véritable indépendance.

Il est même possible de penser qu'en évinçant en douceur Moscou des processus régionaux, Astana montre qu'il entend prendre la place de leader occupée par le "frère aîné".

* RUSSIE * KIRGHIZIE * BASE AERIENNE *

La base aérienne russe en Kirghizie est dans un état déplorable

MOSCOU, 25 février - RIA Novosti. Le personnel de la base aérienne russe de Kant, dans les environs de Bichkek, se plaint dans une lettre adressée aux dirigeants de la Fédération de Russie de ce que les majorations de salaires ne sont pas versées, de même que la prime d'ancienneté, informe le quotidien Rousski Kourier.

A l'infirmerie il n'y a qu'un médecin. Au lieu des 1200 hommes des effectifs officiels, la base ne compte que 120 hommes dont chacun est obligé de remplir les fonctions de plusieurs spécialistes à la fois. Les logements occupés par les familles des militaires ne sont pas chauffés. Les programmes scolaires diffèrent de ceux des écoles russes.

Les faits cités dans la lettre sont confirmés par un rapport officiel de la Cour des comptes qui a contrôlé la base en novembre 2004.

Conformément à l'accord intergouvernemental, les logements et les services communaux sont à la charge de la Kirghizie, mais au moment du contrôle "la base n'avait ni chauffage ni eau chaude". Une pénurie d'eau potable a été constatée. La liaison téléphonique était existante.

Cependant, la partie kirghize use activement de tous ses droits. D'après l'accord, la base doit assurer la maintenance de douze appareils de l'aviation commerciale kirghize par mois, mais en réalité les avions desservis sont plus nombreux.

Les soldes des militaires et les salaires du personnel civil sont versés sans les primes de conditions climatiques. D'après le rapport de la Cour des comptes, la rémunération est ici 1,3 à 2 fois plus basse pour les militaires et 1,5 à 2,6 fois plus basses pour les civils que dans d'autres pays de la CEI.

Cependant, selon le même rapport, les nombreux chefs qui se rendent à Kant pour "organiser différentes mesures réglementaires" reçoivent des frais de mission selon les barèmes fixés pour les voyages à l'étranger : 44 dollars par jour. Les frais de mission ont représenté 68% de toutes les dépenses allouées à l'entretien de la base l'année dernière.

Le commandement avait été informé des résultats des contrôles l'année dernière mais rien n'a changé depuis.

Izvestia

Cote de popularité en hausse pour Poutine

L'hiver qui s'en va a été pour les chefs de l'Etat, du gouvernement et du parlement la période la plus difficile de toute la présidence de Vladimir Poutine. Pas question pour autant d'une crise de confiance, affirme le quotidien Izvestia, se référant aux conclusions des sociologues.

Au cours de ce dernier mois la confiance que la population fait à Poutine a marqué une hausse de cinq points, ont annoncé jeudi les experts du Levada-Centre. Selon leurs calculs, 65% de la population soutiennent aujourd'hui l'activité du chef de l'Etat.

Ainsi qu l'a déclaré le président de la fondation "Opinion publique", Alexandre Oslon, cette semaine 42% de la population du pays sont prêts à réélire Poutine.

D'après la patronne de la société "Bachkirov et partenaires", Elena Bachkirova, la plupart des Russes rejettent la responsabilité de la mauvaise réalisation de la réforme des avantages sociaux sur le gouvernement et son chef, Mikhaïl Fradkov.

La crise s'est presque dénouée. Les gens attendaient que le président explique au peuple la position du pouvoir et prenne les mesures qui s'imposaient. Il l'a fait en demandant au gouvernement d'augmenter les pensions civiles et les soldes militaires.

Les tendances protestataires ont visiblement commencé à décroître mais l'arrière-goût désagréable occasionné par le comportement des autorités envers le peuple demeure chez les gens, souligne le directeur général du Centre national d'étude de l'opinion publique, Valeri Fedorov. Cette année, la conscience des masses a mis en marche une sorte de filtre négatif qui retient tout ce qu'il y a de positif dans les réformes proposées, d'où la conclusion que toute action des autorités est porteuse d'un mal. C'est un gros problème dont le gouvernement aura à s'occuper dans l'immédiat.

Seulement les sociologues doutent que le gouvernement de Fradkov soit capable de venir à bout du problème auquel il se trouve confronté.

Vedomosti

Coca-Cola achètera un quart du marché russe des jus

La Société Coca-Cola s'apprête à acquérir 100% des actions de la grande compagnie russe de fabrication de jus "Multon". D'après certaines données, la conclusion de la transaction peut être annoncée prochainement, annonce le quotidien Vedomosti.

L'information sur cette transaction a été confirmée par un fonctionnaire du Service fédéral antimonopole, qui a affirmé que la demande appropriée était à l'étude.

Selon les estimations des analystes, "Multon" coûte 500 à 650 millions de dollars. Après la conclusion de cette transaction, l'intérêt des corporations transnationales pour le marché russe s'accroîtra considérablement, estiment-ils.

"Le marché est prêt à accueillir des investisseurs stratégiques, tous les producteurs comprennent que cela aura lieu bientôt", a dit Olga Eremeieva, directrice administrative du groupe des compagnies "Nidan".

David Iakobachvili, copropriétaire de la compagnie "Wimm-Bill-Dann" spécialisée dans la fabrication des jus ne craint pas l'accroissement de la concurrence: "Nous supportons déjà une concurrence assez serrée".

Son avis est partagé par Ralf Wendland, chef de la filiale russe de la compagnie des jus Eckes-Granini. "Je n'ai pas entendu parler de grands succès remportés par Coca-Cola en jus en dehors des Etats-Unis, sauf, peut-être, la République tchèque", ajouté-t-il.

La compagnie "Multon" (Saint-Pétersbourg) possède deux usines d'un rendement de 740 millions de litres de jus par an. En octobre 2004, "Multon" détenait 25,6 % du marché des jus. Son chiffre d'affaires est de 330 millions de dollars.

Novye Izvestia

La Russie, a-t-elle besoin d'ouvriers immigrés

Le ministre du Développement économique Guerman Gref a déclaré hier qu'il était impossible de régler les problèmes de l'économie russe sans embaucher de main-d'œuvre étrangère et de doubler le PIB sans libéraliser la législation sur les migrations, informe le journal Novye Izvestia.

D'après les estimations préliminaires du ministre, la réduction absolue de la population active sera de 30 000 personnes en 2006, de 370 000 en 2007 et de 538 000 en 2008. A son avis, pour régler le problème, il est nécessaire d'annuler les quotas d'immigrés pour les employeurs.

Alexandre Belov, porte-parole du Mouvement contre l'immigration illégale, a un point de vue différent. Selon lui, la libéralisation de la législation sur les migrations posera de multiples problèmes nouveaux. "D'après les données officielles, la Russie perd actuellement à cause des ouvriers immigrés plus de 3,5 milliards de dollars par an", a-t-il dit. Si l'idée du ministère du Développement économique est mise en œuvre, les pertes seront plus grandes. De plus, estime Alexandre Belov, même après la simplification des procédures d'entrée, les spécialistes hautement qualifiés ne viendront pas en Russie: "Ne se rendent dans un pays ayant notre niveau de vie que les personnes vivant encore plus mal dans leur patrie".

Viktor Alksnis, membre du Comité de la Douma (chambre basse du parlement russe) pour l'exploitation des ressources naturelles, voit le problème dans une autre optique. "Les Etats de la CEI et les pays baltes comptent actuellement environ 28 millions de personnes appartenant à des nationalités qui ont leurs propres entités sur le territoire de la Fédération de Russie", rappelle-t-il. De l'avis du député, les Russes, les Tatars, les Ossètes, les Bachkirs, les Mordves, les Tchouvaches et les représentants d'autres peuples qui vivent en dehors de la Russie constituent "une immense réserve de ressources humaines compétentes et proches du point de vue ethnique susceptible de compléter la main-d'œuvre de notre pays".

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