Moscou comprend bien que les déclarations souvent intempestives de Tbilissi sont dictées par la conjoncture politique du moment. On peut donc ignorer, jusqu'à un certain temps ces petites attaques, au nom d'un objectif plus important, à savoir l'établissement des bonnes relations avec notre voisin méridional. La situation actuelle est inacceptable tant pour le peuple russe que pour le peuple géorgien. Cela est d'autant plus vrai, si on tient compte de leur expérience séculaire.
Le resserrement des liens économiques et de transport, l'intensification de la coopération dans le secteur énergétique et la sécurité, surtout de la lutte antiterroriste, répondent aux intérêts à long terme des deux pays. Cependant la politique irréfléchie d'une partie qui considère le règlement urgent des questions politiques complexes comme une condition sine qua non de l'amitié, nuit souvent aux progrès des rapports dans ces domaines vitaux.
Tbilissi rejette toute la responsabilité des dérapages sur Moscou en indiquant que tous les conflits seraient réglés depuis longtemps si Moscou avait la volonté politique de le faire. Mais le fait que ce n'est pas les prétendues "intrigues" du Kremlin, mais la politique nationaliste agressive qu'ont menée les autorités géorgiennes à la fin des années 1990 qui a provoqué la séparation ethnique de la Géorgie reste entre parenthèses.
La Russie et la Géorgie sont des pays voisins et elles sont obligées de trouver un compromis.