Nezavissimaia gazeta
Quels sujets seront abordés par Vladimir Poutine et George Bush à Bratislava?
Le prochain sommet des présidents de la Russie et des Etats-Unis à Bratislava leur fournit une occasion de rétablir leurs rapports d'antan et de faire disparaître les tendances à l'hostilité, même à la confrontation, car il sera plus difficile de le faire plus tard. Marshall Goldman, vice-directeur du Centre Davis d'études russes et eurasiatiques à Harvard University (Boston), a émis son avis sur l'ordre du jour du sommet dans une interview accordée au quotidien Nezavissimaia gazeta.
L'amendement Jackson-Vanik figurera obligatoirement à l'ordre du jour du sommet. A présent, lorsque pratiquement chacun peut émigrer, il est insensé d'exiger que la Russie ouvre ses frontières. Aujourd'hui, le problème consiste plutôt à trouver le pays désireux d'accepter les émigrés russes, car les Etats-Unis ne le veulent plus. Après le 11 septembre, même les hommes d'affaires russes ne peuvent pas parfois recevoir des visas américains.
Le problème de l'Irak a une plus grande importance pour la Russie. Vladimir Poutine doit obtenir les assurances que l'Irak remboursera ne serait-ce qu'une partie des prêts accordés à Saddam Hussein et que les entreprises russes et irakiennes pourront reprendre leurs rapports économiques. Vladimir Poutine voudrait obtenir pour la Russie le soutien des Etats-Unis en vue de devenir membre à part entière du G7.
En ce qui concerne l'Amérique, le président George Bush posera certainement à Vladimir Poutine les questions sur la décision du ministère des Ressources naturelles d'interdire l'exploitation des ressources de pétrole et d'autres minéraux par les compagnies étrangères.
Le refus obstiné de la Russie de verser les compensations aux compagnies et aux investisseurs américains pour leurs biens placés sous le contrôle des fonctionnaires gouvernementaux russes peut également attirer l'attention de George Bush. Cette infraction aux règles internationales dans les affaires est d'autant plus frappante que des entreprises américaines de plus en plus nombreuses deviennent propriété des compagnies russes et personne n'y est hostile.
Bien entendu, les deux parties ont des raisons de se plaindre sur le plan politique. Moscou veut que les Etats-Unis mettent fin à leur présence sur le territoire de la CEI. En même temps, Washington, y compris le président George Bush, est inquiet de l'apparition de l'état d'esprit antidémocratique et nationaliste en Russie. Les restrictions de la liberté de la presse, surtout de la télévision, sont aussi préoccupantes. Nombreux sont ceux, aux Etats-Unis, qui estiment que la Russie pourrait agir d'une manière plus souple en Tchétchénie.
Vedomosti
Le Club de Paris réclame une prime à la Russie
Alors que la Russie demandait au Club de Paris une réduction (10 pour cent du recouvrement de la dette) pour le remboursement avant terme de la dette soviétique, les créanciers lui ont réclamé en réponse une prime pour avoir accepté cette opération. Pour justifier cette exigence, le Club indique que la Russie engrange des recettes importantes grâce aux exportations de matières premières et qu'au mois février l'agence de notation S&P lui avait attribué le rating d'investissement, écrit le quotidien Vedomosti.
Le ministère des Finances s'est refusé à commenter la situation étant donné sa "sensibilité". Un fonctionnaire de ce département interrogé par RIA Novosti espère qu'un compromis interviendra au cours du round de négociation qui se tiendra au mois de mars, mais il n'exclut pas que les choses s'engagent dans une impasse. Un autre fonctionnaire du ministère a dit que la demande de prime avait été formulée par l'Allemagne dès le mois de janvier, avant l'attribution du rating. Selon lui, le principal créancier de la Russie fixe le montant de la prime en question à 2,5 pour cent de la somme remboursée.
Une source au seindu gouvernement russe a indiqué que la Russie ne s'était pas fixé les limites d'un compromis mais elle s'est déclarée certaine que le gouvernement ne verserait pas la prime demandée par le créancier. La Douma (chambre basse du parlement) est du même avis. Pour les experts, c'est politiquement inacceptable.
Par contre, le directeur du service analytique de la compagnie Renaissance Capital, Alexeï Moïsseev, estime que même avec une prime de 2,5 pour cent le remboursement avant terme est avantageux pour la Russie. Le service des euro-obligations les plus liquides (remboursables en 2030) revient à la Russie à 5 pour cent l'an et à 7,5 pour cent pour celles qui sont remboursables en 2007. Selon Alexeï Mosseïev, les chiffres sont approximativement les mêmes (7 pour cent) en ce qui concerne ce que la Russie paye pour la dette à l'égard de l'Allemagne et de l'Italie. Au demeurant, "Rossia-30" se négocie actuellement à 106,25 pour cent de sa valeur nominale. Par conséquent, tout ce qui est inférieur à ce chiffre nous est avantageux, estime Alexeï Mosseïev. Si le taux pour la dette est supérieur à 6 pour cent, rendement actuel du remboursement des "Rossia-30", alors une prime de 2,5 pour cent serait équitable pour le remboursement avant terme. D'autant plus qu'il faudra la payer une seule fois alors que les intérêts des crédits octroyés par le Club devront être réglés plusieurs années durant.
Selon le ministère des Finances, la dette de la Russie à l'égard des pays membres du Club de Paris se monte à 44,4 milliards de dollars.
Izvestia
Protocole de Kyoto : les pour et les contre
Le protocole de Kyoto censé arrêter le réchauffement global du climat sur la planète en réduisant les émissions de gaz à effet de serre dans l'atmosphère est entré en vigueur le 16 février. Mais les débats sur ce document et sur sa ratification par la Russie ne s'arrêtent pas, annonce le quotidien "Izvestia".
D'après les modèles décrivant les régularités des changements climatiques, les réchauffements constatés au cours de la première moitié et à la fin du XXe siècle sont nettement différents. Celui de la fin du siècle ne saurait être expliqué isolément des facteurs anthropiques, affirme Igor Mokhov, membre correspondant de l'Académie des sciences de Russie.
A part les connaissances, les chercheurs et les simples gens ont une foule de preuves que le climat change. Des sauts de température extraordinaires, des précipitations inhabituelles. L'océan monte, les glaciers fondent et menacent d'inonder les Etats insulaires et riverains : le Bangladesh, les Pays-Bas, l'Italie. Pour la Russie, le réchauffement peut s'avérer bénéfique, en augmentant la productivité biologique dans bien des régions du pays. D'autre part, l'hiver sera moins dur et la consommation d'énergie diminuera, explique l'académicien.
Cependant, même si le monde entier appliquait intégralement le protocole de Kyoto, le climat ne changerait pas sensiblement. "Ce document est plutôt un accord économique et politique, une déclaration de l'intention de promouvoir les dialogues dans le futur", estime Igor Mokhov.
Le principal adversaire du protocole de Kyoto en Russie est le conseiller économique du président, Andréi Illarionov, qui estime que l'adoption du document ne permettra pas de doubler le PIB en dix ans. Il a beaucoup de partisans qui soutiennent que le protocole de Kyoto mettra le pays dans une dépendance économique. Les experts du groupe "Russie et protocole de Kyoto" affirment, eux, que la ratification est une décision strictement politique : Moscou a troqué la liberté de rejeter du CO2 dans l'atmosphère contre l'adhésion à l'OMC.
Les contradicteurs d'Illarionov considèrent le protocole comme une panacée ou peu s'en faut contre tous les problèmes. La Russie a le droit de rejeter 17,5 milliards de tonnes de CO2. Selon un expert du Centre économique régional russe, Serguéi Kouraev, le pays ne pourrait utiliser que 80% de ce quota. Il luiresterait donc 20% dont il pourrait faire ce qu'il veut. Les quotas économisés pourraient être vendus ou gardés pour les reporter à la période quinquennale suivante. Les partisans du protocole de Kyoto ne promettent pas une pluie d'or, mais le revenu, à leur avis, peut être considérable.
Nezavissimaia gazeta
La Marine de guerre commence la construction d'une base près de Novorossiïsk
Deux nouvelles bases navales de la Flotte de la mer Noire feront leur apparition vers 2017 dans la région de Novorossiïsk, a fait savoir l'amiral Vladimir Kouroiedov, commandant en chef de la Marine de guerre russe, lit-on dans le quotidien Nezavissimaia gazeta.
En ce moment, une brigade de protection du bassin maritime, des unités de marines et une unité d'aviation de la Flotte de la mer Noire se trouvent dans la base navale de Novorossiïsk.
Le ministre de la Défense Serguei Ivanov a récemment déclaré à propos de la construction de la base navale près de Novorossiïsk que la Russie n'envisage pas de transférer la principale base navale de Sébastopol à Novorossiïsk. "La principale base de la flotte de la mer Noire était et restera à Sébastopol", a-t-il dit. Le ministre de la Défense a expliqué que la base de Novorossiïsk n'aura que les navires transférés, depuis 1991, sur le territoire de Krasnodar.
Selon l'amiral Vladimir Massorine, commandant de la flotte de la mer Noire, à Sébastopol, la flotte ne peut pas s'étendre, elle y sera maintenue au niveau nécessaire. Par contre, sur le littoral russe, la flotte de la mer Noire se développera conformément aux tâches qui lui seront assignées.
Les experts estiment que la superficie du port de Novorossiïsk qui peut être réservée pour le stationnement des navires de la Flotte de la mer Noire est "trop petite" pour la construction de la base navale. De plus, cette région ne convient pas pour le stationnement de grands navires de combat en raison des conditions climatiques.
Selon une source bien informée, bien que l'Ukraine essaie d'évincer la Flotte de la mer Noire de Sébastopol, la Russie ne doit pas quitter cette base qui y est déployée depuis des siècles et a une ample infrastructure. Si la Flotte de la mer Noire s'en va de Sébastopol, elle cessera d'exister.
L'aménagement d'une base navale à Novorossiïsk est une nouvelle étape de l'extension des lieux de stationnement de la Flotte de la mer Noire. Avant la désintégration de l'URSS, la Flotte de la mer Noire était stationnée à Sébastopol, Odessa, Donouzlav et Poti. A présent, la Russie a perdu presque toutes ses bases sur la mer Noire. La Flotte de la mer Noire n'est présente qu'à Sébastopol et Novorossiïsk.
Tribouna
Le menu de l'équipage de l'ISS ne diffère presque pas de celui d'un restaurant
Le menu des Russes à bord de la Station spatiale internationale (ISS) contient les plats suivants: mouton à la sauce blanche et porridge aux pêches au petit déjeuner; sandre sauce piquante et potage à la viande au déjeuner; fruits, biscuits, petits-suisses et galettes au miel comme dessert; jus de fruits. La seule différence avec le restaurant consiste en ce que la soupe n'y est pas servie dans des assiettes et qu'elle n'est pas liquide, lit-on dans le quotidien Tribouna.
Toute cette nourriture est fournie, depuis déjà 40 ans, par l'usine expérimentale de Biriouliovo. Contrairement aux stéréotypes dépassés, pratiquement tous les produits à consommer dans l'espace extraterrestre se trouvent non pas en tubes, mais dans les emballages sous vide. Les soupes, les bouillies et les garnitures sont lyophilisées. La technologie employée est assez onéreuse, mais elle permet de réduire le poids des produits à faire parvenir à bord de la station.
Pour déshydrater les produits, on les met dans un appareil de sublimation où ils sont d'abord congelés jusqu'à moins 38 degrés, ensuite ils sont évaporés pendant 26 à 28 heures.
Le processus de consommation des soupes par les cosmonautes est une sorte de rite. L'eau arrive dans un paquet sous vide par une rigole spéciale en forme de queue d'hirondelle. 10 à 15 minutes après, les cosmonautes boivent la soupe au goulot étroit du paquet. Pour la purée de pommes de terre, le fromage blanc, les bouilles et les garnitures, on procède de la même manière.
Seuls la moutarde, les sauces et le miel sont conditionnés dans des tubes.
Le pain pour les cosmonautes est produit dans une usine spéciale. Il est livré sous forme de mini-miches, pour ne pas répandre de miettes dans l'apesanteur qui règne à bord du vaisseau. Chaque miche équivaut à une bouchée, une briquette de pain contient 12 petits morceaux.
Tous les produits sont à consommer dans un délai de 12 à 47 mois.
Les boissons alcoolisées sont prohibées en apesanteur. Les cosmonautes ne peuvent pas manger de glace, car il n'y a pas de réfrigérateur à bord du vaisseau.
Les Américains apprécient surtout les soupes et les bouillies russes. Les cosmonautes russes préfèrent d'autant plus la cuisine russe. Le cosmonaute Salijan Charipov qui travaille actuellement à bord de l'ISS a même envoyé une lettre de reconnaissance aux cuisiniers.
Novyé Izvéstia
La contrebande de bois fait perdre à la Russie 700 millions de dollars tous les ans
La Chine est le plus gros acheteur de bois passé en contrebande de Russie. L'Agence internationale d'enquête environnementale a fait savoir hier qu'elle évaluait les importations chinoises illégales de bois brut ou scié russe à plus de 700 millions de dollars par an, écrit le quotidien Novyé Izvéstia.
La Chine importe tous les ans 9,2 millions de mètres cubes de bois de Russie. D'après l'Agence fédérale de l'économie forestière, dans la plupart des cas il s'agit du bois dit "dépersonnalisé". Chaque arbre a son identité, sa structure qui permet d'établir d'où il vient, quel âge il a, et de recueillir d'autres informations. Pour effacer ces traces, on procède au débitage, le plus souvent dans des petites scieries clandestines et même légales.
Une des filières existantes est la suivante : on crée une société écran qui, une fois enregistrée auprès du fisc, conclut plusieurs contrats d'exportation de bois scié, ouvre des comptes bancaires et livre intensément pendant deux mois du bois à la Chine. Puis les recettes sont retirées dans leur totalité au moyen de cartes bancaires délivrées au nom de la personne morale et la société se dissout sans être poursuivie en justice pour la violation des règles de la douane, sans payer les impôts, sans même que l'acquisition du bois soit contrôlée...
Ainsi que l'a expliqué le conseiller du directeur de l'Agence de l'économie forestière, Roman Chipov, cette dernière lancera tout prochainement, de concert avec le ministère de l'Intérieur une opération pour mettre un terme à la "dépersonnalisation" et à l'exportation illégale de bois. Cette année une bourse électronique sera créée et on aura alors la possibilité de suivre tous les flux de bois. D'autre part, un système de marquage et de contrôle du transport et de la transformation de bois seront mis en place, a-t-il informé.