"En principe, je ne fais pas partie de ceux qui expliquent les événements à partir de la théorie des complots", a-t-il déclaré dans une interview à l'hebdomadaire "Itogui".
"Le fait qu'un pays, d'autant plus qu'il jouit d'un poids solide et d'une influence, cherche à renforcer ses positions dans une région ou dans le monde entier est tout à fait normal", a-t-il indiqué.
Chaque pays choisit les régions qui lui sont importantes du point de vue de l'approvisionnement en ressources énergétiques, de la sécurité, de la protection contre des attaques terroristes potentielles et d'autres menaces.
"Lorsque cela se passe dans le contexte d'une concurrence honnête, dans le respect des normes du droit international, de façon transparente, je n'y vois rien de surnaturel", a souligné le chef de la diplomatie russe.
"Nous respectons le souci de nos partenaires de défendre et de promouvoir leurs intérêts nationaux, mais nous nous attendons à une attitude comparable à l'égard de nos efforts en matière de protection de nos propres intérêts", a dit Sergueï Lavrov.
"Pour le dialogue que nous menons avec nos partenaires, nous privilégions la sincérité, en vue de pouvoir lever n'importe quel malentendu. Si l'on agissait de cette sorte, je pense que beaucoup de divagations par rapport aux projets d'un tel ou tel pays, y compris la Russie, seraient pulvérisées", a-t-il fait remarquer.
"En Occident, on ne sait pourquoi, personne n'a prêté d'attention suffisante aux conclusions de la commission de Venise sur les violations graves des principes démocratiques en Géorgie", a poursuivi Sergueï Lavrov.
"Il y a peu, la commission a publié un rapport à l'issue d'un séjour en Géorgie de la mission du Conseil de l'Europe. Ce rapport répertorie des reproches sérieux concernant les libertés démocratiques, notamment la liberté de parole, la protection des droits de l'homme, le non-respect par Tbilissi des recommandations antérieures de rétablir l'autonomie de l'Adjarie qui, selon le Conseil de l'Europe, a été de fait annulée", a précisé le chef de la diplomatie russe.
Sergueï Lavrov ne croit pas que la vente de Yuganskneftegaz, le principal actif de production de Yukos, puisse avoir un impact négatif sur les positions de la Russie dans l'économie globale et l'afflux d'investissements.
"Le récent relèvement de notre note, désormais classée dans la catégorie "investissement", répond à cette question", a-t-il dit.
L'agence international de notation Standard & Poor's a relevé de BBB- à BB+ la note russe, jusqu'à la catégorie "investissement".
À la question de savoir si le dossier Yukos serait à l'ordre du jour du sommet russo-américain de Bratislava, le 24 février prochain, le ministre a constaté que "les déclarations au sujet de Yukos sont de plus en plus rares ces derniers temps".
"Tout le monde a compris que l'État russe pouvait de plein droit défendre ses intérêts économiques, que les impôts devaient toujours être payés et que l'Occident n'avait pas les sanctions moins rigides qu'en Russie pour évasion fiscale", a résumé Sergueï Lavrov.