Les cataclysmes sur terre ne peuvent être prédits que depuis l'Espace cosmique

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MOSCOU, 14 février. /par Andréi Kisliakov, RIA Novosti/. A peine notre planète Terre a-t-elle voulu "jouer un peu des muscles" pour la fête de Noël dans l'océan Indien que les experts ont chassé tous leurs doutes : le moment est venu de mettre en place un monitorage spatial sérieux des cataclysmes naturels. C'est que les tremblements de terre, les incendies de forêt, les glissements de glaciers et les tsunamis ne peuvent être pronostiqués que lorsqu'on dispose d'une puissante constellation d'appareils spatiaux équipés d'instruments de sondage à distance de la surface terrestre. Aussi, les leaders de la recherche spatiale - la Russie, les Etats-Unis et les pays de l'Union européenne - multiplient-ils leurs efforts pour augmenter le nombre et améliorer la qualité des systèmes orbitaux capables de recueillir rapidement des informations sur l'état de la surface terrestre et de toutes les couches de l'atmosphère.

Ainsi, l'Agence spatiale européenne projette, de concert avec l'Institut italien de physique nucléaire et plusieurs universités italiennes, de déployer cette année un projet d'étude de nouvelles techniques de prévision des séismes depuis l'espace extra-atmosphérique.

La Russie, pour sa part, propose de créer un système international global de monitorage de la Terre depuis l'espace cosmique. Pour ce faire, il existe dès à présent une base non seulement scientifique et technique, mais également politique. A savoir le mécanisme de coopération découlant des dispositions du protocole de Kyoto.

Dans son intervention à la deuxième conférence nationale consacrée aux problèmes contemporains du sondage à distance de la Terre depuis l'espace qui a eu lieu à la fin de l'automne dernier à Moscou l'académicien Alexandre Issaïev a rappelé que si la science avait étudié au début certains objets et écosystèmes sur la Terre, il était désormais nécessaire de se concentrer sur leurs interactions à l'échelle globale. Les écosystèmes terrestres sont exposés à l'action de deux facteurs : l'influence accrue de l'homme sur la biosphère et les interactions Soleil-Terre. Ayant adopté le protocole de Kyoto, nous sommes entrés dans l'époque des actions énergiques de prévention du premier facteur, le facteur humain, a précisé l'académicien. La logique nous enseigne qu'il est nécessaire de traiter de la même façon tous les autres facteurs. A l'avenir, l'une des tâches prioritaires de la science dans ce domaine doit consister, à son avis, à "étudier dans le moindre détail l'interaction des écosystèmes avec le climat planétaire qui est au début d'une période de réchauffement". Les scientifiques russes étudient depuis trente ans déjà la biosphère au moyen des informations fournies par le sondage à distance. Ils ont obtenu des résultats concrets énormes - et pas seulement théoriques.

Le développement du système satellitaire est l'un des volets prioritaires du Programme fédéral spatial 2006-2015. En ce qui concerne concrètement les appareils de sondage à distance de la surface terrestre, l'Agence spatiale russe (Roscosmos) projette de mettre en orbite deux satellites cette année et deux autres l'année suivante. Son porte-parole officiel, Konstantin Kraïdenko, a précisé que l'Agence enverrait dans l'espace des appareils Ressource-DK et Volcan-Compas en 2005 et Meter-3M et Volcan-Conopus en 2006.

Il y aura aussi le système Volcan qui permettra de trouver la réponse à deux questions fondamentales : ou et quand aura lieu un cataclysme. Le travail sur ce projet sera poursuivi cette année et l'année prochaine. Les satellites seront placés sur une orbite synchronisée avec le Soleil au moyen de missiles reconvertis Rokot et Strela - respectivement deux ou trois appareils par missile - depuis Plessetsk ou Svobodny.

Cependant, le matériel orbital intégré dans le système global de monitorage spatial serait peu efficace sans un vaste réseau terrestre. Roscosmos accorde donc une attention soutenue à cette partie du programme également. Il y a un an, un Centre de réception et de retransmission des informations a été mis en service dans l'Altaï. "La Russie s'est dotée d'un premier centre unique d'importance mondiale, capable de recevoir et de traiter les informations provenant de toutes les sondes spatiales, aussi bien nationales qu'étrangères", a déclaré Konstantin Kraïdenko.

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