Vedomosti
La Russie livrera des armes au Venezuela en dépit de la pression des Etats-Unis
Les Etats-Unis s'indignent contre la Russie qui projette de vendre des armes au Venezuela. Le porte-parole adjoint du département d'Etat américain, Adam Erelie, affirme que les mitraillettes russes peuvent tomber entre les mains des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), groupe rebelle qui fait depuis longtemps la guerre au gouvernement colombien. Les Etats-Unis soupçonnent les autorités vénézuéliennes d'aider les FARC.
La Russie et le Venezuela ont déclaré vendredi dernier leur intention de respecter les conditions du contrat en dépit de la pression américaine. Le vice-président vénézuélien, Vicente Rangel, a même supposé que Washington s'irrite "parce que des armes sont achetées en Russie et non pas aux Etats-Unis".
L'accord sur les livraisons d'armes russes avait été signé pendant la visite du président vénézuélien Hugo Chavez en Russie en octobre dernier. Selon une source au sein de Rosoboronexport, le prix du contrat s'élève à 150 millions de dollars et la liste des armements à livrer, outre les 100 000 kalachnikov AK-101 et AK-103, comporte deux hélicoptères (cinq Mi-24, quatre Mi-17 et un Mi-26), ainsi que des pièces de rechange et des munitions.
D'autre part, les parties poursuivent leurs négociations sur la livraison d'un lot encore plus important d'armes d'un coût total de 500 millions de dollars, qui pourrait comprendre des chasseurs Mig-29SMT.
Les déclarations sur l'apparition de mitraillettes russes chez les rebelles des FARC ont l'air spéculatif, estime le directeur du Centre d'analyse des stratégies et des technologies, Rouslan Poukhov. A son avis, les FARC qui tirent des revenus considérables du trafic de drogue "peuvent se permettre d'acheter n'importe quelles armes à feu et n'ont pas besoin de passer pour cela des contrats avec les militaires vénézuéliens. La déclaration américaine a pour but de renforcer l'isolement international de Chavez et de faire échouer les nouvelles livraisons d'armements russes au Venezuela, en premier lieu de Mig-29SMT, de l'avis de Poukhov.
Ce point de vue est partagé par le directeur du Centre des études politiques comparatives, Boris Chmelev : "La coopération militaro-technique russo-vénézuélienne irrite les Etats-Unis parce qu'elle signifie le renforcement des relations politiques de la Russie avec le régime de Chavez". Le problème du Venezuela pourrait être abordé au cours de la rencontre de Vladimir Poutine et de George Bush le 24 février à Bratislava, a-t-il estimé.
Izvestia
Les banques étrangères se ruent en Russie
Les banques étrangères veulent obtenir le droit d'ouvrir des filiales en Russie. Leur accès au marché local du crédit reste l'une des principales pierres d'achoppement de l'admission de la Russie à l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estiment les "Izvestia".
A l'heure qu'il est les banques étrangères sont enregistrées comme des filiales de banques russes portant le même nom et doivent s'en tenir aux impératifs de la Banque centrale (BC). L'accès des filiales directes des banques étrangères au marché russe reste quasiment le seul obstacle à l'adhésion de la Russie à l'OMC, a déclaré un représentant du ministère russe du Développement économique et du Commerce. Pour le moment Moscou campe sur sa position: les filiales directes des banques étrangères n'ont pas leur place en Russie. Selon une source au sein du ministère susmentionné, les dimensions des quotas ne permettant pas aux banques étrangères d'occuper une position dominante sont actuellement à l'étude.
Si des concessions étaient faites aux pays membres de l'OMC, les établissements de crédit russes pourraient subir un préjudice, dit le président de l'Association des banques russes, Gareguine Tossounian. Quant aux étrangers, ils bénéficieraient de conditions plus favorables du moment qu'ils n'auraient pas às'aligner sur les normes de la BC. Selon lui, la présence du capital étranger dans le secteur bancaire russe ne devrait pas dépasser 15 pour cent. Actuellement elle est de 6-7 pour cent. Cependant, estime Gareguine Tossounian, ces dernières années pour le volume des crédits octroyés au secteur réel de l'économie les banques étrangères se rapprochent rapidement des banques russes. Au 1-er janvier les banques russes avaient investi 85 milliards de dollars dans l'économie russe contre 50 milliards aux établissements bancaires étrangers.
Le président russe, Vladimir Poutine, a reçu vendredi Sandford Weill, le directeur de la CitiGroup, la plus grande banque du monde. Un nouveau round des négociations russo-américaines pour l'adhésion à l'OMC a débuté dimanche à Genève.
Ce n'est pas fortuitement que la rencontre au Kremlin s'est tenue la veille des pourparlers suisses, au cours desquels la partie russe devra "faire entendre raison" aux Etats-Unis. Placée dans une situation identique, la Chine avait été contrainte d'ouvrit son marché aux filiales des compagnies étrangères.
Novye izvestia/ Nezavisssimaia gazeta
La Russie, conservera-t-elle sa Constitution actuelle?
La semaine dernière, certains politologues ont amorcé la discussion sur un changement éventuel de la Constitution russe. Les journaux "Novye izvestia" et "Nezavissimaia gazeta" publient des articles à ce sujet. La conception la plus radicale de la nouvelle Loi fondamentale a été élaborée par l'Institut de stratégie nationale dirigé par Stanislav Belkovski. Il s'agit de décharger le président de la responsabilité pour la situation socio-économique dans le pays et d'en faire une sorte de monarque. L'auteur de l'idée a notamment décidé d'exclure de la Constitution le point limitant le délai des fonctions exercées par président à son poste.
Selon certaines informations de la presse, le souci de changer certaines normes constitutionnelles préoccupe le Kremlin. Pavel Kracheninnikov, président du Comité législatif de la Douma (chambre basse du parlement russe), a déclaré dimanche que la Loi fondamentale telle qu'elle se présente aujourd'hui restera en vigueur au moins 20 ans.
Selon Leonid Lazarev, chef du département du droit de la Cour constitutionnelle de la Fédération de Russie, quant à l'économie et à la sphère sociale, la Loi fondamentale n'empêche nullement le pouvoir de mettre en uvre les réformes dans ces domaines. "Ce qui ne peut pas être exclu, c'est le désir de l'élite au pouvoir de proposer d'apporter des changements politiques dans la Constitution", a déclaré Leonid Lazarev. Il peut s'agir de nouveaux principes de la formation du pouvoir supérieur. En ce qui concerne le document dans son ensemble, de l'avis du fonctionnaire, il est assez souple, les mêmes normes constitutionnelles peuvent être interprétées différemment, c'est pourquoi personne n'aura l'intention de changer aujourd'hui la Constitution.
Olga Krychtanovskaia, directrice de l'Institut de politique appliquée, a un autre avis. Selon elle, les autorités ont "des plans concrets de passer à la république parlementaire", autrement dit, ces plans prévoient d'annuler l'élection du président au scrutin universel et de passer au modèle allemand: un chancelier fort et un président faible. Naturellement, Vladimir Poutine sera le premier ministre fort. La question est savoir quand cela se produira. Le Kremlin est enclin à estimer que cela doit avoir lieu à peu près en 2007. Autrement dit, les élections législatives auront lieu, mais le président sera élu par trois chambres: le Conseil de la Fédération, la Douma et la Chambre publique.
Novaya gazeta
Andreï Illarionov: Iouganskneftegaz devra un jour ou l'autre être restitué à son ancien propriétaire
Dans une interview accordée à la "Novaïa gazeta", le conseiller économique du président, Andreï Illarionov, a exposé sans fard sa position sur plusieurs questions névralgiques.
Selon lui, l'adoption et la miseen application de la loi sur la monétisation des avantages en nature ont mis en lumière "la défaillance de nombreux organismes et instruments chargés de prendre des décisions de cette importance". Aussi le danger est-il très réel de voir le centre des processus politiques se déplacer dans la rue.
Pour ce qui est du Fonds de stabilisation, le conseiller du président est convaincu qu'il ne doit pas être dépensé. Seulement si l'on commence quand même à utiliser l'argent, toute la responsabilité de son utilisation incombera au ministère des Finances. Ici se cache le problème essentiel: dans ce cas il sera impossible de distinguer les moyens versés au Fonds de stabilisation des ressources budgétaires. C'est pourquoi il sera techniquement impossible de contrôler leur circulation.
Andreï Illarionov a déclaré qu'il ignorait tout de l'origine de l'argent qui a servi à l'achat de Iouganskneftegaz. "Je n'ai vu ni les documents, ni la vente aux enchères. Aussi on ne saurait affirmer que c'est Rosneft qui a mis la main à la poche, estime le conseiller présidentiel. Au demeurant, Andreï Illarionov est persuadé que tôt ou tard il faudra restituer Iouganskneftehaz à son ancien propriétaire: "Nous sommes quand même une nation chrétienne. Je n'arrive pas à comprendre comment une société et un pays peuvent vivre en violant le commandement chrétien "Tu ne voleras point".
Andreï Illarionov a également exposé sa version sur la disparité des chiffres concernant le flux et le reflux des capitaux. Pour lui, quand le rouble chute, les banques convertissent l'argent en devises étrangères. Pendant les périodes de renforcement du rouble les investissements dans la monnaie russe sont plus avantageux et les banques convertissent immédiatement leurs capitaux en roubles. "Or, il s'agit non pas d'investissements mais de capitaux spéculatifs. C'est pourquoi je pense qu'il est absurde de considérer ces fluctuations comme un flux ou un reflux des capitaux", dit le conseiller économique du président.
Gazeta
Les militaires russes n'auront pas d'aigle bicéphale sur leur casquette
L'armée russe reviendra à l'uniforme soviétique. En 2005, il n'y aura plus d'aigles sur les casquettes des militaires russes, ainsi que de chevrons au drapeau tricolore russe et à l'inscription "Forces armées" sur les manches des tuniques. Par contre, la capote russe datant de 1802 et les bottes en cuir artificiel avec chaussettes russes ne changeront pas. Parmi les nouveautés pour les unités d'élite, il y aura des sous-vêtements et des semelles aux propriétés thermiques. L'ordre a ce sujet a été signé l'année dernière par le ministre de la Défense Serguei Ivanov, mais il était gardé secret, indique le quotidien "Gazeta".
Comme l'a expliqué le général Serguei Chliaiev, chef de la Direction centrale d'habillement du ministère de la Défense, les anciens signes distinctifs étaient nécessaires au début des années 90, pour distinguer les militaires russes de leurs collègues des ex-républiques de l'URSS. Selon le chef du service de presse du ministère de la Défense Viatcheslav Sedov, à présent, ce n'est pas nécessaire, car ces pays ont leur propre uniforme. Maintenant, le chevron de la manche gauche indiquera l'unité militaire et celui de la manche droite, l'armée et l'arme. Le nouvel uniforme a été approuvé par Oleg Kouznetsov, héraldiste principal de l'armée.
Les bottes en cuir artificiel et les chaussettes russes n'ont pas changé. Selon le général Serguei Chliaiev, dans les conditions des mauvaises routes du printemps et de l'automne, les bottes sont irremplaçables. Les contingents de paix russe et américain se trouvaient côte à côte en Bosnie.
Lorsque la boue a couvert les chemins, les Américains chaussés de leurs souliers s'y sont enlisés et avaient froid dans leurs bottes de caoutchouc. Ils ont demandé aux Russes de leur prêter leurs bottes et ont appris à porter les chaussettes russes. Dans les conditions de combat, elles sont pratiques et hygiéniques. Il est vrai, le général a omis de mentionner que les unités d'élite stationnées en Tchétchénie portent l'uniforme américain et les chaussures occidentales.
Les tissus naturels dont on fabrique l'uniforme est la fierté principale des intendants russes. Les vêtements portés par les soldats russes ont 80 % de coton et seulement 20 % de matières synthétiques, contre la proportion de 50 % à 50 % dans l'uniforme américain.
L'uniforme russe garde les traditions historiques: la couleur olive qui reste invariable depuis l'époque de Pierre le Grand, le calot des pilotes russes et les casquettes à la visière. Les épaulettes hexagonales et les aigles bicéphales sur les boutons sont aussi conformes aux traditions russes.
Vedomosti
Une première ville privée verrait le jour en Russie
La société Nafta-Moskva créée sur la base du groupe Soyouznefteexport se propose de construire une ville privée, la première en Russie, sur la chaussée Novorijskoïé, non loin de l'autoroute périphérique, informe le quotidien "Vedomosti".
Les managers de Nafta évaluent le projet à 3 milliards de dollars, en précisant que pour le moment la société finance les travaux avec ses fonds propres et mène des négociations avec des co-investisseurs éventuels.
La société veut construire en cinq ans 2,7 millions de mètres carrés d'habitat et une infrastructure globale (centres d'affaires, magasins, établissements d'enseignements et de divertissements). A titre de comparaison : en 2004, 5 millions de mètres carrés de surface habitable ont été construits à Moscou. La partie centrale de la nouvelle ville sera réservée aux quartiers d'habitation de quelques étages et la périphérie recevra des villas et des cottages. Le projet est à l'étape de concertation. Les travaux doivent commencer dans un an.
Si le projet est approuvé par le service d'expertise écologique, rien n'empêchera de le réaliser, affirment les représentants du Service fédéral de surveillance des ressources naturelles.
L'idée de Nafta a intéressé les intervenants du marché. Le projet est fort prometteur, d'après le directeur des extensions de la société "Region Development", Natalia Prokopieva. Son point de vue est partagé par le directeur du service immobilier de la société d'investissement "Veles Capital", Vladlen Volochine, qui ne trouve pas "inconcevable" le montant des investissements estimé par Nafta. "Si le projet est divisé en plusieurs tranches, comme le propose Nafta, les travaux seront parfaitement réalisables pour un pool d'investisseurs", a-t-il déclaré.
Le directeur du département de marketing et de publicité de la société "Incom-Nedvijimost", Serguéi Eliseïev, craint que la construction d'habitat de qualité au rythme d'au moins 300 000 mètres carrés par an dans un secteur puisse faire effondrer le marché. Quant à la circulation sur l'autoroute Novorijskaïa, les experts ne pensent pas qu'elle puisse être encombrée parce qu'elle est actuellement exploitée à 50% ou 60% de sa capacité. Autant dire que de ce côté, il n'y a rien à craindre.