Mira Sorvino tourne en compagnie des acteurs russes dans un film retraçant la tragédie Leningradienne qui avait commencé au mois d'août 1941. Les acteurs occidentaux engagés dans ce film dramatique ignoraient pratiquement tout du siège avant le premier tour de manivelle. Ecoutons le producteur du projet, David Gamburg, un Américain travaillant pour la télévision russe: "En Occident beaucoup de gens ignorent que pendant les 900 jours du siège Leningrad avait perdu un million et demi d'âmes. La population de la ville avait été soumise à un véritable Holocauste".
David Verrey, qui tient le rôle d'un reporter britannique, admet qu'il ne connaissait la Seconde Guerre mondiale que dans les grandes lignes. Interviewé par la Première chaîne de la télévision russe, l'acteur a déclaré que maintenant il se représentait bien mieux ce que la victoire dans la guerre avait coûté au peuple soviétique. Pour moi il était important de voir de visu les endroits où les événements historiques s'étaient déroulés.
La neige, la vie au ralenti de la ville, les gens affamés, les morts. Pas un chien ni un chat dans les rues. Tous mangés. Des gens tirent des traîneaux. Ils ramènent de l'eau puisée dans la Néva ou emportent les corps de proches parents. Derrière les fenêtres sombres il y a aussi le calme glacial de la mort. Ici la vie tient au miracle, mais elle est infiniment difficile et éreintante. Octobre, novembre, décembre 1941. Une période de désespoir pourles Leningradiens. Aucune issue. La vie fuit la cité assiégée. Mais ceux qui vivent aident le front. Malgré les obus et les bombes, la faim et le froid.
Le film "Leningrad" est tourné à l'occasion du 60-e anniversaire de la Victoire dans la Seconde Guerre mondiale, comme remémoration de la tragédie que l'on oublie progressivement. Il sera distribué en Russie et aussi en Occident en version anglaise. La version télévision de "Leningrad" comportera huit épisodes. L'équipe de tournage a opéré en Autriche, en Grande-Bretagne et en Hongrie, maintenant elle travaille à Saint-Pétersbourg.
Le tournage est suivi par des Pétersbourgeois dont certains ont vécu le siège. Dans la mesure du possible nous suivons leurs indications, dit Alexandre Bouravski, scénariste et réalisateur du film. Avant d'entreprendre le tournage il a longtemps étudié des documents historiques et des mémoires.
Le film a pour sujet majeur l'héroïsme féminin. Lauréate d'un oscar, Mira Sorvino, campe une jeune journaliste anglaise qui, fortuitement présente à Leningrad peu avant le siège, avait été contrainte de rester dans la ville encerclée par les troupes hitlériennes. La journaliste est sauvée par une policière leningradienne de sa génération. Le film comporte une autre histoire, celle d'une femme qui dirige un théâtre jusqu'au dernier jour, permettant ainsi aux gens de ne pas perdre espoir.
Le blockbaster ne sera pas une épopée de guerre à grand spectacle. "Ce sera avant tout un film sur l'histoire des Leningradiens. Bien qu'Hitler (Gary Oldman) et Staline soient eux aussi présents dans le film", fait remarquer Alexandre Bouravski.
Toutefois, le drame aura quelque chose de spectaculaire, il poursuivra la tradition des films de guerre soviétique. Le public y verra des scènes de batailles et des effets spéciaux de "hautes technologies". C'est vrai que la neige est rare cette année à Saint-Pétersbourg. Pour faire face à cette pénurie nous avons utilisé non pas les recettes hollywoodiennes confirmées, mais tout simplement du shampoing.
"Leningrad" devrait être prêt pour le mois d'avril. Le film sera diffusé par la Première chaîne de la télévision russe.