Izvestia
Sergueï Lavrov: la Russie ne veut pas une nouvelle guerre froide
Il n'y aucun motif fatal pour la confrontation entre la Russie et l'Occident, ces motifs sont également absents dans l'espace post-soviétique. Il suffit de respecter les intérêts légitimes réciproques, mais aussi ceux des États indépendants de cette région, a estimé le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov, dans une interview au quotidien "Izvestia".
Moscou ne cherche pas à mettre les pays de la CEI devant un faux choix: soit avec l'Occident, soit avec la Russie. "Nous reconnaissons leur droit souverain de bâtir des relations avec le monde extérieur en fonction de leurs propres intérêts nationaux. Mais nous nous réservons également notre droit légitime de maintenir et de développer les contacts historiques sur le plan économique, culturel et humain", a indiqué le ministre.
L'actuelle campagne antirusse n'est pas déployée dans le contexte d'une confrontation idéologique et d'une rivalité militaro-politique, mais dans le contexte d'un partenariat dynamique, sur un large éventail de dossiers, entre la Russie, les États-Unis, l'Union européenne et l'OTAN, souligne Sergueï Lavrov. "L'important est de ne pas oublier qu'on ne saurait régler aucun problème par la confrontation", a-t-il dit.
La Russie n'a pas besoin d'une guerre froide. Elle ne ferait que compliquer le règlement des problèmes économiques et sociaux intérieurs et entraver le développement durable et l'intégration du pays dans la politique et l'économie mondiales.
Les leaders des principaux pays occidentaux considèrent la Russie comme un partenaire important dans la lutte contre le terrorisme, la non-prolifération des armes de destruction massive et le règlement des crises régionales. Pour eux, la Russie est également un partenaire économique prometteur. Le diplomate s'est dit convaincu que les responsables politiques américains et européens comprenaient bien combien il serait fou d'ouvrir un nouveau front de la confrontation dans le contexte des défis globaux grandissants.
"La logique de la coopération multilatérale est plus forte que celle de la confrontation et de l'isolement, car l'avenir lui appartient", a résumé Sergueï Lavrov.
Gazeta
Quels technologues politiques ont conduit Iouchtchenko à la victoire?
Les technologues politiques russes qui ont travaillé pendant la campagne présidentielle en Ukraine pour le compte de l'ex-premier ministre Viktor Ianoukovitch se sont heurtés à des professionnels de plus haut rang, estime le président de la fondation russe Opinion publique, Alexandre Oslon. Pour lui, ce qui s'est produit en Ukraine n'est pas le résultat d'une illumination mais une étape du développement des technologies politiques auxquelles on a recourue en Serbie et en Géorgie, écrit la "Gazeta".
Au demeurant, la participation de "professionnels de plus haut rang" à l'élection ukrainienne ne s'est confirmée qu'hier, quand la compagnie américaine de relations publiques Rock Creek Creative, qui avait déjà été impliquée dans des campagnes de soutien au gouvernement des Etats-Unis et à la CIA, a fait part de son rôle dans l'élaboration du portal Internet des partisans de Viktor Iouchtchenko.
Cette révélation confirme les soupçons des officiels russes quant à une exportation de la "révolution orange". Cependant, de l'avis des analystes, dans les événements en Ukraine les compagnies de relations publiques étrangères n'ont tenu qu'un rôle auxiliaire. Sans le mouvement populaire elles n'auraient rien pu faire, estime Andreï Riabov, expert du Centre moscovite Carnegie. Pour lui, on a assisté en Ukraine à un affrontement de technologues politiques occidentaux, ukrainiens et russes. Ces derniers, notamment le président de la Fondation pour une politique effective, Gleb Pavlovski, ont pris une part active à la campagne de Viktor Ianoukovitch soutenu ouvertement par le Kremlin.
Une société derelations publiques ne saurait organiser une révolution. L'influence exercée par les Américains sur le cours des événements en Ukraine est exagérée. Après l'élection de Boris Eltsine en 1996 en Russie on les avait aussi accusés d'être à l'origine de sa victoire, et ce alors qu'ils n'avaient presque rien fait, dit avec conviction le directeur général du Centre de technologies politiques, Igor Bounine.
Pour l'expert, ce sont quand même les technologues politiques ukrainiens qui ont été déterminants dans la victoire de Viktor Iouchtchenko. Il en veut pour preuve la présence de plusieurs d'entre eux au sein du nouveau gouvernement. Par exemple, le directeur de l'Institut de politique, Nikolaï Tomenko, est vice-premier ministre, tandis que le président du Centre d'études économiques et politiques Anatoli Gritsenko s'est vu confier le maroquin de la Défense.
Itogui (hebdomadaire)
La Russie sait refondre d'autres peuples dans son creuset national
La réduction de la population active au cours des quinze prochaines années en Russie ralentira considérablement la croissance économique du pays. La population diminue en premier lieu du fait que l'afflux de ressortissants russes d'autres pays de la CEI et des pays baltes qui viennent s'installer en Russie ne cesse de tarir, annonce l'hebdomadaire "Itogui".
D'après le directeur adjoint du Service fédéral des migrations, Iouri Demine, en 2004 son département a délivré des autorisations à plus de 100 000 étrangers dans le cadre du programme d'embauche de la main-d'uvre étrangère. Parmi les pays de la CEI, les plus importants fournisseurs de main-d'uvre sont l'Ukraine, la Moldavie et l'Arménie.
Il serait idéal s'il n'y avait que des ressortissants des peuples autochtones de Russie qui venaient chercher du travail dans notre pays, estime le fonctionnaire. D'ailleurs, la Russie est depuis toujours un pays multinational et la "société russe a toujours su refondre d'autres peuples dans son creuset national", a-t-il déclaré.
Le problème particulièrement douloureux est la migration illégale. D'après différentes estimations, il y a aujourd'hui sur le territoire de la Fédération de Russie 1,5 à 15 millions de migrants illégaux. Iouri Demine estime que son département a pour mission de créer les conditions nécessaires au passage de la majeure partie de cette population à la légalité.
Au cours des douze dernières années, plus de 8 millions de compatriotes sont revenus en Russie d'autres Etats de la CEI et des pays baltes. Pour raviver ce processus il est nécessaire de donner aux migrants les moyens légaux de se sentir confortablement en Russie. De l'avis du fonctionnaire, il est nécessaire de créer des conditions qui décideraient les migrants à aller s'installer dans les régions qui éprouvent une pénurie de main-d'uvre, par exemple en Sibérie et en Extrême-Orient.
Nezavissimaia gazeta
Menatep exige le remboursement par les autorités russes de 28 milliards de dollars
Le groupe MENATEP a l'intention de réclamer en justice 28,3 milliards de dollars à la Russie pour "expropriation des investissements". Comme l'a fait savoir MENATEP, pour l'instant, il s'agit de l'examen de cette affaire dans un tribunal concret. Mais l'actionnaire principal de YOUKOS veut mener son action jusqu'au bout, estime le quotidien "Nezavissimaia gazeta".
Les filiales de MENATEP - Hulles Entreprises Limited et Yukos Universal Limited - qui sont à l'origine de la plainte se réfèrent aux devoirs prévus par la Charte de l'énergie signée par la Russie, traité international assurant le respect du droit international en matière d'investissements dans le secteur énergétique.
La Russie qui a signé ce document ne l'a pas ratifié, c'est pourquoi le Secrétariat de la Charge ne sait pas s'il est possible d'intenter un procès au gouvernement de Fédération de Russie.
Kamil Bekiachev, de l'Académie juridique d'Etat de Moscou, a déclaré que, puisque la Russie n'a pas ratifié le traité de la Charte de l'énergie, donc, conformément au droit international, elle n'est pas concernée par les droits et les responsabilités découlant de ce traité. De plus, indique l'expert, la Charte comporte l'article 13 "Expropriation" qui admet la nationalisation et l'expropriation de la propriété de l'investisseur, si les normes et les procédures juridiques appropriées prévues par la loi ont été respectées.
Les analystes font remarquer qu'en principe la satisfaction des prétentions de MENATEP n'est pas exclue. Quoi qu'il ne soit, la Russie peut être contrainte à compenser à peu près 4 à 5 milliards de dollars.
Si MENATEP obtient une compensation partielle, une nouvelle dette publique sera à la charge du ministère des Finances. Evidemment, on puisera la somme nécessaire dans le Fonds de stabilisation. "La réputation de la Russie serait compromise, cette histoire menace d'être longue et désagréable", a résumé Mikhail Soubbotine, de l'Institut de l'économie mondiale.
Kommersant
Le fisc s'attaque à Sviazinvest
L'opérateur de télécommunications Dalsviaz, filiale du holding Sviazinvest (qui contrôle sept sociétés de télécommunications interrégionales) a annoncé officiellement avoir reçu des réclamations fiscales pour 2001 et 2002 à hauteur de 25,5 millions de dollars, informe le quotidien "Kommersant".
Selon les prévisions des analystes, en cas d'amortissement de ces dettes, Dalsviaz risque de se mettre en état d'insolvabilité.
Cela peut déclencher une nouvelle poursuite fiscale d'envergure. Les experts estiment que maintenant des sanctions peuvent être prises contre d'autres sociétés régionales incorporées dans Sviazinvest dont toutes les filiales ont le même système de comptabilité.
Le comportement de l'Etat a l'air étrange : avant la mise en vente, prévue pour l'année en cours, des actions qu'il possède dans le holding, il abaisse le coût de ses propres actifs.
On a l'impression que ces événements sontdirigés par des gens investis de pouvoirs administratifs très étendus, soulignent les experts. A supposer que ce plan ait pour but de vendre le holding à un investisseur de leur choix, tous les événements négatifs autour des filiales de Sviazinvest répondent justement à cet objectif.
Quelles sont les accusations portées contre Dalsviaz, ni le Service anti-monopole, ni la société ne le disent. Probablement, le fisc aurait mis en doute les règlements de Dalsviaz avec les opérateurs qui travaillent dans sa région.
Jamais encore des réclamations fiscales aussi importantes n'ont été faites aux sociétés de Sviazinvest. Outre la mise en état d'insolvabilité de Dalsviaz, le non-respect des engagements consécutifs aux crédits sur marchandises des fournisseurs d'équipements poserait également des problèmes sérieux. Cela risque de stopper les programmes d'investissement et de développement des réseaux de télécommunications et de mettre la société au bord de la faillite.
Izvestia
La plus grande opération IPO de l'histoire des compagnies russes a commencé
La vente de GDR (Global Depositary Receipts) des actions de la Corporation financière anonyme russe Sistema a débuté mercredi à la Bourse des valeurs de Londres, rappellent les "Izvestia".
Le propriétaire du paquet de contrôle envisage d'obtenir 1,35 milliard de dollars du placement initial. Ce chiffre est plusieurs fois supérieur à la somme maximum jamais procurée à des compagnies russes par une émission initiale d'actions. L'objectif visé par cette démarche est peut-être la concentration entre les mains du directeur du holding des moyens nécessaires pour prendre part à la privatisation de la compagnie publique russe Sviazinvest, estiment les experts.
La Russie a réussi le test de confiance des investisseurs internationaux effrayés par le changement du climat d'affaires russe. Plus de 300 managers d'Europe et des Etats-Unis ont passé des commandes d'achat d'actions de la corporation SISTEMA. Le nombre total de commandes dépassait de 2,5 fois la quantité de valeurs placées.
Selon les calculs effectués par l'agence Bloomberg, la valeur totale de la corporation SISTEMA serait approximativement de 8,2 milliards de dollars.