Abramovitch successeur de Koloskov?

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MOSCOU, 10 février. (Par Mikhaïl Smirnov, commentateur sportif de RIA Novosti). Dans moins d'un mois le football russe, plus précisément son organe représentatif supérieur, à savoir l'Union footballistique de Russie (RFS), se dotera d'un nouveau dirigeant. Viatcheslav Koloskov, 63 ans, considéré jusque-là comme le "président perpétuel" de la RFS et ayant passé la moitié de sa vie dans les hautes sphères du sport soviéto-russe, a annoncé qu'il abandonnait ce poste. Le 2 avril prochain, réunie en conférence extraordinaire, l'Union nommera celui qui historiquement aura tous les feux de l'opinion russe braqués sur lui.

Voici quatre mois, quand le ministre russe des Sports, Viatcheslav Fétissov, avait déclaré haut et fort que Koloskov lui avait promis de rendre son tablier après la défaite humiliante - 1:7 - subie par la sélection russe face au Portugal, on s'était attendu à ce que le nom de son successeur soit annoncé peu après. Cependant, il n'y a pas eu de transmission du pouvoir en souplesse. Durant les trois mois qui ont suivi, les deux Viatcheslav se sont livrés à une "guerre de communiqués" à l'issue incertaine. Un tournant s'est néanmoins opéré au mois de janvier, quand il est devenu évident que Fétissov disposait d'"atouts" majeurs. Conscient qu'il aurait été déraisonnable de s'entêter, Koloskov a déclaré qu'il donnait sa démission.

Le vide qui s'est créé au sein du pouvoir footballistique va donc devoir être comblé. La liste des successeurs possibles de Viatcheslav Koloskov est assez longue, elle va du président de la Douma (chambre basse du parlement), Boris Gryzlov, jusqu'à l'ex-gardien de la sélection russe, Anzor Kavazachvili. Au demeurant, les prétendants réels au fauteuil présidentiel de la RFS sont l'ancien patron du Zenit Saint-Pétersbourg et de la Première ligue de football de Russie (RFPL), Vitali Moutko, actuellement membre du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement), et le gouverneur du Tchoukotka, Roman Abramovitch, propriétaire du club britannique Chelsea et dont la candidature pour le poste de président de la Ligue de football amateur (LFL) affiliée à la RFS a été avancée cette semaine.

Récemment encore favori numéro un pour la présidence de la RFS, Vitali Moutko, dont la candidature a été proposée par la Fédération de football de Saint-Pétersbourg, a déclaré que sa mission essentielle serait d'améliorer la base matérielle et technique et de promouvoir le football de masse, ce qui aura inévitablement une incidence bénéfique sur les résultats de la sélection nationale et des clubs. Il a promis de faire appel à des arbitres étrangers pour diriger les matches phares du championnat, du jamais vu en Russie. Il est remarquable que Vitali Moutko fait déjà grief à la presse de mener campagne contre lui, de l'accuser de ne rien y connaître en football et d'avoir été impliqué dans des scandales quand il était à la tête de RFPL. "Ce sont là des absurdités. Je ne crains rien", a-t-il déclaré avec une certaine assurance à l'issue de la conférence de la Fédération de football de Saint-Pétersbourg.

Pour l'instant, Roman Abramovitch reste muet sur la campagne pour la présidence de la RFS, mais il est évident qu'il a de sérieux atouts en mains. Notamment l'expérience réussie avec Chelsea. Aussi les tentatives faites par certains politiques russes pour présenter l'achat du club londonien comme un acte antipatriotique pourraient fort bien avoir un effet contraire sur les participants au vote du 2 avril. Nous fondons cette opinion, entre autres, sur les propos du président de la LFL, Vladimir Baouer, qui a proposé la candidature du propriétaire de Chelsea: Pourquoi ne pas transférer en Russie tout ce qu'Abramovitch fait de bien en Angleterre?

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